ARCHITECTURE. — VIGNOLE. — PALLADIO
romains, qu'ils le soient de naissance ou par adoption, le palais de chancellerie de Bramante, qui est peut-être l'édifice (surtout par sa cour intérieure) le plus remarquable de toute cette période ; le palais Massimi, de Bal^ thazar Peruzzi ; la villa Madama, de Jules Romain, le palais Farnese, à' Antonio de San- Gallo le Jeune (1482- 1546), et cette délicieuse petite villa Pia, élevée au milieu des jardins du Vatican par Pierre Ligorio (mort en 1583), qui fut aussi peintre et antiquaire.
A Venise, où rarchitecture, tout en étant devenue classique, reste cependantpluspittoresque, Guill. Bergamasco élève la façade de la cour du palais Ducal [ib20) ; le sculpteur Jacopo Tatti, dit Sansovino, élève la Bibliothèque de Saint-Marc (1536), le palais Corner et l'édifice plus simple de la Zecca (hôtel des Monnaies). A Vérone domine le nom de San-Micheli (1484-1554). Ses contemporains ont <lit de lui qu'il était « bon dans l'architecture religieuse, excellent dans la civile, incomparable dans la militaire », et ils en donnent pour preuve l'église Notre-Dame di Campagna, le palais Bevilacqua, les portes Nuova, Stuppa et San-Zenone. Gènes se couvre de palais, parmi lesquels al faut placer au premier rang le palais Sauli , chefd œuvre de Galeas Alessi de Pérouse (1500-1572).
Période de Vignole et de Palladio. — Des symptômes de décadence se font sentir dès 1550 par une application devenue trop machinale des formules antiques et un caractère croissant de lourdeur et de banalité. C'est au commencement de cette période que se placent cependant deux architectes que leurs écrits et leurs constructions ont rendus également célèbres : Vignole (Jacopo Barozzio da Vignola) et Andréa Palladio.
Vignole (1507-1573), qui a mérité par son traité des cinq ordres d'être appelé le Vitruve moderne, élève le beau château de Caprarola, près de Viterbe, et Véglise du Gesu à Rome, dont la façade, imitée d'Alberti, est restée
malheureusement le type adopté pour la plupart des églises qui ont suivi.
Palladio (1518-1580), auteur d'un traité d'architecture, est bien plus original, parce qu'il se pénètre plus de l'esprit de l'antiquité et se dégage davantage de son imitation routinière. Il règne à Vicence, sa patrie, comme San- Micheli à Vérone. Ses chefs-d'œuvre, comparables en somme aux œuvres les plus achevées de l'époque précédente, sont les constructions ajoutées par lui à la basilique de Vicence, et Vé^\\?,e Saint-Georges Majeur à Venise. Il a mis en vogue l'emploi discutable de ce qu'on pourrait appeler l'ordre colossal, c'est-à-dire de ces larges et hautes colonnes plus ou moins complètement engagées, qui, portées souvent, il est vrai, sur un haut soubassement, s'élèvent du sol jusqu'à la corniche du toit. Son contemporain Vasari (1512-1574), un des élèves favoris de Michel-Ange, construisit à Florence \t palais des Offices. Mais il est plus connu pour ses peintures (coupole de Sainte-Marie des Pleurs , Y Annonciation du Louvre), et surtout par ses biographies des peintres italiens.
L'art italien vers 1560. — Il est un des artistes les plus remarquables de la période de décadence du milieu du XVI* siècle, période oîi le talent ne manque pas, mais où la facilité tend à remplacer Tinspiration. Taddeo Zucchero (1529-1506), auteur des fresques du château de Ca~prarola, et son frère Federico (1542-1000), qui acheva la coupole de Sainte-Marie des Fleurs, sont un exemple de ces talents de fond médiocre dont l'habileté put faire illusion à leurs contemporains. Il y a plus d'inspiration dans Fr. Salviati (1510-1563), dans Pellegrino Tihaldi, de Bologne (1527-1592), architecte et peintre, qui a fait le plafond de la bibliothèque de l'Escurial, où il représente les lettres, les sciences, les arts, par des allégories autour desquelles il groupe les hommes qui s'y sont le plus distingués. Il faut réserver une place à part pour Angiolo