‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 265 sur 424 · PREMIÈRE PÉRIODE. — G. DAMBOISE. — GAILLON · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PÉRIODE. — G. DAMBOISE. — GAILLON

sur la masse rouge de la construction de briques; le jubé et la clôture du chœur, avec ses dentelles et ses ciselures de pierres, est d'une richesse et d'une élégance inouïes. L'école française domine dans l'ornementation, et l'influence flamande dans les personnages. Ces travaux ont été faits de 1473 à 1502 pourTévêque Louis I" d'Amboise. Les peintures de sa voûte et de ses chapelles sont banales et ne doivent pas être examinées en détail, mais ont un remarquable effet d'ensemble; elles sont l'œuvre d'une colonie de peintres décorateurs italiens appelés par Louis II d'Amboise, neveu et successeur de Louis P*" (1502- 1513), Les d'Amboise se placent au premier rang parmi les protecteurs des beaux-arts. Le plus illustre, le cardinal de Rouen, est le vrai Mécène du temps et le véritable initiateur de la Renaissance en France. Par les travaux faits sous ses auspices en Normandie, nous voyonscependant qu'il ne méprisait ])as le style français. Le château d'Amboise, auquel il fit travailler dans le même temps, marque le passage du manoir féodal à l'habitation seigneuriale. Ses tours massives lui conservent un air de forteresse, mais se mêlent à des constructions plus élégantes. Lorsqu'il se fit construire, à Gaillon, une demeure nouvelle, les grosses tours disparurent. Ga///on est l'œuvre, non d'artistes italiens, mais d'architectes tous français. [Guill. Senault, Pierre Fain, Pierre de Lorme^ Colin Biarty Pierre Valence). Il n'en reste que des fragments. Mais CJiaumont-sur-Loire et MeiUant font encore honneur à la famille d'Amboise.

Deuxième période. Style François I". — Chambord. Chenonceaux. — Bientôt dans les diverses parties de la. France s'élèvent des habitations de plaisance, transformation d'édifices anciens ou constructions complètement nouvelles. Les murs y sont percés de larges fenêtres ; partout s'introduisent l'air et la lumière ; Ion y dispose des pavillons, des jardins, des parterres, des fontaines.

« De tous côlés, dit M. Bayet, se développe une ornementation riche, capricieuse, où se confondent les détails, gothiques, antiques, italiens. La demeure n'en reste pas moins bien française, mais ouverte cependant à toutes les curiosités et à toutes les influences qui agissent alors sur notre société. » Dans cette architecture nouvelle nos architectes occupent le premier rang. Ils égalent les Italiens par l'ensemble de leurs qualités, et l'emportent même par la force et la souplesse de l'imagination, par l'ingéniosité du plan, surtout par la logique et l'appropriation de l'édifice à sa destination. Lorsque les principes de la Renaissance eurent complètement dominé, Philibert Dclorme, qui avait étudié avec passion les monuments antiques et modernes de l'Italie, disait encore qu'« il vaudrait mieux ne savoir faire ornements ni enrichissements de muraille, €t bien entendre ce qu'il faut pour la santé et la conservation des personnes et des biens ». Chamhord, commencé €n 1523, est le type accompli du style François I".

Aux extrémités de son rectangle de 156 mètres sur 107, il -conserve encore de larges tours rondes terminées par des toits coniques arrondis. Il était environné autrefois de fossés. On les a maladroitement comblés ; ce qui, en diminuant d'autant la hauteur des murs, donne peut-être à Tensemble un certain aspect de lourdeur qui n'est pas imputable au projet primitif. Lorsque, au bout d'une longue allée coupée à travers -un parc immense, Chambord, ce Versailles du xvi» siècle, apparaît avec ses pavillons, ses terrasses, ses galeries, ses cheminées, ses toits de plomb, ses balcons, ses tourelles, ses flèches, ses clochetons, il produit un effet vraiment merveilleux. Un ambassadeur vénitien affirmait n'avoir jamais rien vu de supérieur à ce bel édifice, qui semblait réaliser à ses yeux les descriptions que font les poètes des palais enchantés de Morgane ou d'Alcine. Charles-Quint y rencontrait « comme un résumé de ce que peut enfanter l'industrie humaine ». On -admire surtout à l'intérieur l'escalier en spirale, à doubles rampes superposées, surmonté de la lanterne si justement ce-

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