G PILON
(? 1535-1590?) qui a un talent plus varié et peut-être plu: ferme.
La statue de bronze de René de Bira^ue marbre de sa femme Valentine Balhiani comptent parmi les sculptures les plus expressives de notre école. La femme du puissant ministre est représentée dans la force de l'âge, à demi couchée, dans une attitude pleine de distinction, et couverte des vêtements riches et compliqués du temps. L'artiste a placé au-dessous un bas-rclie' représentant la même personne décharnée, ruinée par la vieillesse et la mort, dans un linceul qui la couvre à peine. Il n'a reculé derant aucun détail, même les plus cruels, poui accentuer le contraste , mais cette figure, quoique immobilisée et malgré ses yeux éteints, a un c;:ractère <le noblesse supérieur à celui de la brillante dame de cour.
C'est là comme un résumé d'une oraison funèbre de Bossuet. C'est la transformation, par un art supérieur, du sentiment exprimé si souvent au moyen âge dans les dan- n" ses macabres. Cependant l'oeuvre (^
la plus connue de G. Pilon est le i"ig.238.-G.Pî:un. — Les Trol^ groupe désigné sous le nom des >rucos.
Trois Grâces. L'urne quelles soutiennent était destinée à contenir le cœur de Catherine de Médicis.
Il travc^illa sur les plans de Ph. Dclorme au tombeazt de François F^, dont la plus grande part, es bas-i-eliels inférieurs et les statues, revient à Pierre Bontcmps. Les
bas-reliefs, représentant les grandes victoires du règne, Marignan, Gërisoles, comptent parmi les chefs-d'œuvre de l'art moderne. Jac. Chanterel, Amb. Perret, Ponce Jacquiau, G. Pilon firent le reste. G. Pilon exécuta avec Ponce Jacquiau^ Fréniyn Roussel et Laurent Re^nauldiny le tombeau de Henri II, dont P. Lescot fut l'architecte.
Les écoles provinciales. — Les écoles provinciales rivalisent avec les sculpteurs qui travaillent à Paris. A Rouen nous trouvons les bas-reliefs de l'hôtel de Bourg-Théroulde, représentant Y Entrevue du Camp du drap d'or; puis dans la cathédrale le tombeau de Louis de Brézé, auquel a travaillé peut-être J. Goujon, et le tombeau des deux cardinaux d'Amboise, œuvre de Roland Leroux aidé de Desaulbaux, Therouyn et André le Flament. A l'école de Normandie on peut rattacher la célèbre série de groupes connue sous le nom de Saints de Solesmes, qui embrasse toute la période de la Renaissance, h' Ensevelissement du Christ est daté de 1496, et la Chapelle de la Vierge de 1553. Cette chapelle contient environ quatre-vingts statues ou bustes. On y admire surtout les grands ensembles : ï Évanouissement, l'Ensevelissement, l'Assomption. La tête de la morte, dans V Ensevelissement, est un morceau admirable. D'après le livre du R. Dom. de la Tremblaye sur Solesmes, ces sculptures seraient l'œuvre de Jean Desmarais et de Jean Giffart, l'architecture étant de Jean de l'Espine. En Languedoc domine le nom de Bachelier {portail de la Dalbade) ; dans le Limousin on cite surtout le jubé de la cathédrale de Limoges, et le tombeau de Jean de Langeac, œuvre de Jacques dAngoulême, qui jouit à Florence d'une grande réputation. En Lorraine, Léger Richier [Sl-Wihïel 1500 — Genève 1567), est un réaliste émouvant [Mise au tombeau et Crucifiement à St-Mihiel, Tombeau de Philippa de Gueldre à Nancy). En Picardie, Jean Trupin achève les stalles d'Amiens (1522). Dans l'Ile-de-France, Philippe Pot sculpte la porte méridionale de Beauvais, où sont représentées, entre autres, les sibylles; François Marchand continue la clôture du chœur de Chartres. Mais le nom le plus remarquable de cette région est Jean Cousin.