‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 269 sur 424 · PEINTURE. — J. COUSIN. — LES CLOUET · texte numérisé non relu

PEINTURE. — J. COUSIN. — LES CLOUET

Jean Cousin. — Jean Cousin, né à Soucy, près de Sens, en 1500, mourut en 1589. On lui conteste la statue de l'amiral Chabot, œuvre capitale du Louvre, et qu il es5 singulier de trouver anonyme; mais il reste le premier peintre français de son temps. On peut en juger surtout aujourd'hui par ses peintures sur verre. Ce genre de peinture produit, au moment de disparaître presque complètement, des chefs-d'œuvre. Les verrières de J. Cousin à Saint-Gervais [Martyre de saint Laurent, imité de la ii'esque de Michel-Ange), à Sens (Auguste et la Sibylle), à la chapelle de Vincennes [Jugement dernier) ; celles de Plnaigrier à Saint-Merry [Légende de Joseph]^ à Saint- Gervais de Paris, à Saint-Père de Chartres; de Jehan de Sens, le maître de J. Cousin, à la cathédrale de Sens; d'Arnauld de Moles à la cathédrale d'Auch; les verrières, anonymes en partie, de l'église de Montmorency, de la cathédrale de Moulins, des chapelles d'Ecouen et de Chantilly ; ce qui reste des grisailles sur Y Histoire de Psyché à Chantilly, provenant d'Ecouen, peuvent commencer à mériter le reproche de détourner la peinture sur verre de son caractère propre et de chercher à faire des vitraux, des tableaux transparents* ; mais, considérées en elles-mêmes, ce sont des œuvres d'une composition riche et variée qui comptent parmi les plus importantes de l'école française. Il ne reste rien des fresques que J. Cousin a faites à Chambord, et ses tableaux authentiques se font rares [Descente de croix à Mayence, Eva Prima Pandora à Sens, Jugement dernier au Louvre). Dans le Jugement dernier^ tableau de dimensions médiocres, mais composition à très nombreux personnages, dans l'Eve» figure de grandeur naturelle d'un style élégant et fier, l'imitation italienne est visible. Mais il est une exception, et en peinture c'est l'influence flamande qui domine.

1. Surtout à partir de l'application des émaux, qui permet de juxtaposer des teiutes différentes, ver» 1550.

La peinture. Les Clouet. — La peinture française occupe d'ailleurs alors une place médiocre à côté des autres arts. Le nom le plus remarquable est celui des Clouet^ originaires de Belgique. Ils ont fondé une véritable école, à laquelle appartiennent Quesnel, Foulon, Dumoutier, qui sont plutôt des dessinateurs. Le plus célèbre des Clouet, François Clouet (1500-1572), dit Jehannet^ a laissé des portraits* d'une race finesse, et ajoute à la précision des Flamands une élégance bien française [Élisabeili (VAutriche, femme de Charles IX, Louvre).

Moins que l'Italie, la Flandre et l'Allemagae, notre école produit alors des tableaux et même de grandes peintures murales. Nous avons rappelé les peintures militaires de Perréal. On sait que François Clouet avait peint pour Catherine de Médicis des sujets divers, qui, placés au Luxembourg par Marie de Médicis, ont disparu depuis [Soldats donnant un assaut^ Personnages dans une galerie, Catherine de Médicis recevant un ambassadeur, le Cardinal Charles de Lorraine couronnant Henri II). Nous avons encore le tableau énigmatique de Chantilly, qui nous est revenu de Lithuanie (le tableau du musée de Rouen), les peintures de Simon de Châlons dans la sacristie de Saint-Agricol, à Avignon, les fresques, la grande galerie du château d'Oiron [F Enéide), par Nicolas Jallier (1550). En tous cas, nous n'avons pas assez de documents pour pouvoir porter un jugement très motivé sur ce point.

Céramique. Palissy. Fabrique d'Oiron. — Est-ce à dire que nos artistes manquent du don de la composition .'' Tant s'en faut. Nous l'avons constaté dans nos verrières; nous le retrouvons dans nos arts industriels. Le xvi^ siècle est un des plus

1. Les plus importants sont en Angleterre : par exemple Catherine de Mcdicis et ses enfants, au château Howard, prés d'York. Le Louvre vient d'acquérir ua admirable portrait de grandeur naturelle par Clouet (le naturaliste Guth). Le ^^oût des portraits historique-s était répandu en France. François I" fit exécuter à grands frais pour une galerie de Chambord les portraits de tous les savants grecs qui cherchèrent un refuge en Europe, au moment de la conquête turque (J. LoisELEUR, Résidences royales de la Loire). Beauregard, près Cheverny, contient une galerie de 363 portraits historiques de Philippe VI à Louis XIII, formée au commencement du xvii* sièclo A Lyon, (lorissait le peintre Corneille.

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