‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 270 sur 424 · ARTS INDUSTRIELS. — PALISSY. — L. LIMOUSIN · texte numérisé non relu

ARTS INDUSTRIELS. — PALISSY. — L. LIMOUSIN

beau temps de la céramique et de l'émaillerie française, pour la forme comme pour l'ornementation. Le nom de Bernard Palissy (1510-1589) est resté populaire. C'était um esprit supérieur, qui mérite plus d'estime pour ses idées scientifiquesque pour ses rustiques figulines, quelque brillantes que soient leurs couleurs, quelque ingénieuse et naïve que soit leur composition. Ses faïences, en effet, n'ont pas e^ grande action sur notre industrie, l'auteur tenant avec grand soin ses procédés secrets. La fabrique de Saint-Porchaire, dont les œuvres si rares, anciennement appelées faïences Henri II, puis d'Oiron, ont exercé longtemps la sagacité des antiquaires, ne dura guère qu'une quarantaine d'années ; elle est la plus originale des fabriques françaises, avec celle qui fut fondée par Hélène Gouffier, née de Hangest, dans son château d'Oiron, près de Thouars. Hélène Gouffieren dirigea elle-même les travaux jusqu'à sa mort, en 1537. Rouen se ressent d'abord de l'influence italienne; mais elle ne devait pas tarder à égaler, sinon à surpasser les Italiens, et à servir de modèle à son tour. Son potier le plus remarquable est alors Michel Ahaquesne, qui fit le parement en carreaux de faïence du château d'Écouen (1542),. aujourd. en partie à Chantilly {Mutius Scsevola, Curtius). Citons aussi les céramiques architecturales du Pré d'Auge, avec ses pignons étages, dont plusieurs sont conservés au château de Ferrières. A la fin de ce siècle et au commencement du siècle suivant appartienaent le carrelage de la galerie des portraits au château de Beauregard, œuvre unique, représentant une armée du temps en ordre de bataille.

Les émailleurs de Limoges. Léonard Limousin, etc. —

Nos faïenciers, malgré leur mérite, doivent céder le pas à nos émailleurs. Limoges fut alors le principal centre de l'émaillerie en Europe. Les émaux peints sont substitués généralement aux cloisonnés. Léonard Limousin (? 1505-1580), malgré la spécialité à laquelle il se restreint, est un des grands artistes de la Renaissance ; il représente sur ses plaques, coupes, vases, coffrets, etc., les sujets les plus divers (portraits, scènes mythologiques, religieuses, historiques), avec une aisance qui se joue des difficultés techniques, et un style qui donne aux moindres de ses sujets une valeur indépendante de ces difficultés. Il a des émules et des rivaux dans Jean Limousin,

dans les Pénicaud, dans Pierre Remond, Pierre et Jean Cour^ teyss, Jean et Susanne Court. Martin Didier.

Orfèvrerie. — Ébénisterie. — Nos orfèvres méritent au moins la même admiration. Il ne reste à peu près rien de Robert Bourgonnière, Jacques Even, Jean Delvaux; nous connaissons mieux Briot, Wœiriot, Etienne Delaune, Delahaye, dont nos collections contiennent des œuvres plus simples et plus élégantes dans leurs formes que celles du moyen âge, mais aussi d'une grande richesse. Le casque et le bouclier de Charles IX avec leur revêtement d'or émaillé, l'armure dite de Henri II, sont des pièces merveilleuses. Les mêmes qualités supérieures se montrent dans les œuvres d'ébénisterie, que l'on peut classer en diverses écoles -. Normandie, Bretagne, Bourgogne, Lyon, Auvergne, Toulouse, l'Ile-de-France. Des architectes comme Bullant et Ducerceau donnent des modèles aux ébénistes. D'ailleurs les costumes eux-mêmes, lorsqu'ils ne tombent pas dans l'exagération, s'harmonisent heureusement avec tout ce qui les entoure, et nous savons que, là aussi, des peintres de grande situation, comme Jean Perréal et Bourdichon, étaient parfois chargés de donner des patrons d'habits et de broderies.

Angleterre. Style Tudor. Style Elisabeth. — L'Angleterre, qui dans l'ordre politique devait se distinguer du reste de l'Europe, et qui devait rompre si complètement avec la tradition catholique, conserva cependant plus longtemps que les autres pays l'ancienne architecture. Au style Tudor^ succède le style dit Elisabeth, qui n'est encore qu'un gothique mitigé, quoique le principal architecte du temps, John Shute, et «es élèves Thorpe et Smithson, qui avaient étudié en Italie, y introduisent quelques éléments classiques [collège de Chapter- House à Londres, château de Kirhy).

Espagne et Portugal. Style plateresque et manoelin. Séville, Belem. — Style classique. Berruguete. — En Espagne, où le gothique mêlé d'éléments moresques persiste jusque dans la seconde moitié du xvi« siècle (style Mudejar, v. p. 259), apparaît dès le second quart de ce siècle un style architectural

1, Il brille dans la chapelle Henri VII (à Westminster), dont le plafond, avec «es pendentifs à jour, a été appelé le ciel des sculpteurs.

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