SCULPTURE. — LE BEHNIN. - PEINTURE
plus grand sculpteur italien du xvii*' siècle. La recherche outrée de l'effet, le mauvais goût dont il a donné plus d'une preuve, ne doivent pas empêcher de reconnaître en lui une facilité d'imagination et de main prodigieuse, qui donne à certaines de ses œuvres une souplesse de vie et d'expression qui a été rarement dépassée [le Ravissement de S^^ Thérèse^ à S. -M. délia Vittoria). Il est rare cependant qu'on sente en lui une conviction profonde. Il a surtout réussi dans la mythologie, V Enlèvement de Proserpine (villa Ludovisi), Apollon et Daphné (villa Borghèse) sont supérieurs aux tombeaux d'Urbain VIII et d' Alexandre VII à Saint-Pierre. Il a eu beaucoup d'imitateurs, entre autres VAlgarde (1598-1654), auteur du bas-relief de Saint Léon arrêtant Attila, à Saint-Pierre. Mais la meilleure des sculptures italiennes du temps, parce qu'elle est la plus simple et la plus touchante, est la Sainte Cécile de Stefano Maderno (1578-1636). Les sculpteurs français ou flamands occupent une grande place en Italie au xvii* s. : Pierre Franqueville, Legros, Puget, Théodon, Duquesnoy, sont aussi connus à Rome ou à Gênes que dans leur patrie.
La peinture. — Caractère général. — La peinture fut alors supérieure à la sculpture, et cependant même la peinture de ce temps a été l'objet de jugements fort sévères. Sans doute, sans parler de la sublimité du génie, qui est toujours une exception et qui ne s'est pas rencontrée alors, on ne retrouve pas là l'enthousiasme de la Renaissance du XV® siècle. C'est un art savant plutôt qu'inspiré. Mais ni la science ni la méthode ne faisaient défaut aux contemporains de Vinci, ni l'inspiration ne manque à ceux des Carraches. Il n'est pas douteux d'ailleurs que leurs œuvres témoignent à tous les points de vue d'un progrès considérable sur celles qui les ont immédiatement précédées, et elles ont eu en somme une action salutaire sur les artistes qui ont suivi. Nous ne devons pas oublier surtout, nous, Français, que cet enseignement a contribué
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en partie à former le Poussin, qui l'emporte sur eux, mais leur doit beaucoup. Stendahl, un raffiné pourtant, a dit : « Les Garraches s'éloignèrent de l'affectation à la mode et parurent froids. » Si l'on voulait résumer le caractère de la nouvelle école, on dirait que c'est un art académique, mais dans le meilleur sens du mot.
La seconde école bolonaise. — Lés Garraches. — L'art académique. — C'est Bologne qui devait être le centre de ce grand mouvement. Bologne était depuis longtemps une ville riche et savante, où les lettres, le droit, les sciences mathématiques et naturelles, étaient également en faveur. Un fait qui montre combien la culture intellectuelle y était répandue, c'est le nombre de femmes bolonaises qui obtinrent par leur talent une réputation méritée. Il suffît de rappeler les sculptures de Properzia dei Rossi, les peintures de Lavinia Fontana et à Elisabeth Sirani.
Depuis le Francia, l'école bolonaise n'avait occupé en Italie qu'une place secondaire, quoique honorable, avec Nicolo delV Abate (1512-1571), Primatice, dont on a parlé à propos ('e la Renaissance française, avec Prosper Fontana (1512-1592) et sa fille Lavinia (1552-1614), que nous venons de citer*. Mais à la fin du xvi" siècle l'école bolonaise allait se mettre au premier rang et résumer aussi bien tout l'art italien, grâce à Louis Carrache (1555-1619). La vie de Louis Carrache (Lodovico Carracci] est d un grand exemple et montre ce que peut, même en art, une volonté opiniâtre s'appuyant d'une conviction énergique et élevée.
Rebuté par Fontana, puis par le Tintoret, qui trouvaient qu'il manquait de facilité et n'avait aucune des qualités d'improvisation auxquelles alors on réduisait presque tout le talent, il se mit à étudier les œuvres des grands maîtres qui n'exis-
1. Saint François de Paule bénissant un enfant (Bologne), Jésus et la Sa» maritaine (Naples) Elle fut surtout célèbre comme portraitiste.