‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 293 sur 424 · LE PAYSAGE. P. BRILL · texte numérisé non relu

LE PAYSAGE. P. BRILL

compris que la reproduction de la nature, réduite à elle seule et séparée de Ihomme, pouvait offrir aux efforts du peintre un but suffisant et être pour lui l'occasion d'œuvres complètes et éminentes. Le paysage existait déjà depuis longtemps comme fond des taijleaux, mais il y avait à le déo^aç^er.

Ce sont surtout les frères Mathœus et Paul Brlll (1550- 1584 et 1556-1626) auxquels on doit attribuer ce résultat considérable dans l'histoire de l'art; car les premiers ils ont exécuté en ce genre des œuvres d'une supériorité décisive, qui devait leur assurer des imitateurs. Ils firent pour le paysage ce que Rubens devait faire pour la grande peinture : ils unirent la poésie, la grandeur et la simplicité italienne telle que la leur présentaient Giorgone et Titien, avec la précision, la sincérité, l'amour naïf des petites choses des anciens Flamands. Les Brill n'occupent pas dans la postérité une place égale à leur mérite. Paul Brill surtout, qui survécut longtemps à son frère, peut être considéré comme le créateur du paysage moderne. « Ses peintures, dit avec raison M. Wauters, se distinguent par une grande variété de conception, une savante distribution de la lumière, de belles masses de feuillage. » On y trouve une poésie noble et même un sentiment de mélancolie rare à cette époque, surtout chez un Flamand. On peut en juger au Louvre, où il est fort bien représenté ; on en juge mieux à Rome, où les deux frères passèrent la plusgrande partie de leur vie, jouissant de la faveur du pape. On y admire surtout le Martyre de saint Clément, fresque longue de vingt mètres, dans la salle neuve du Vatican. Dans la génération qui suit, le plus remarquable despaysagistes flamands est Breughel ou plutôt Brueghel^, dit

1. Breughel de Velours était fils de Breughet le Drôle, et frère de Breughel d'Enfer (1564-1638), qui 6e plaisait à représenter des scènes diaboliques ou des incendies. La descendance du vieux Breugbel ne comprend pas moins de vingt-cinq noms de peintres, comme l'établit le tableau généalogique d» M. Wauters. — Pour la scuiplure, voy. p. 499.

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