‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 294 sur 424 · DECADENCE DE L'ECOLE FLAMANDE · texte numérisé non relu

DECADENCE DE L'ECOLE FLAMANDE

de Velours (1568-1625), qui a été un des premiers à faire des marines. Breughel a un pinceau d'une finesse rare. Quoiqu'il se perde trop dans le détail et ait un coloris bleuâtre conventionnel, il n'en possède pas moins un grand mérite de peintre, qui s'affirme d'ailleurs dans les sujets les plus divers, les batailles [Bataille d'Arbelles, au Louvre), les scènes mythologiques, les fleurs et les fruits. Il sait réunir ses divers talents dans des œuvres fort agréables (les Éléments, Louvre; Flora, gai. Pallavicini, Gênes; les Cinq Sens, Vénus et Cupidon dans une armeria, Madrid). Une tradition plus large et de plus d'avenir se rattache à Rubens et par lui à Paul Brill avec Wildens (1586-1653), Luc Van Uden (1595-1672), Zow/s de Vadde, et se continue par Sieberechts (1627-1703) jusqu'à Huysmans (1648-1727) et à Van Bloemen, dit XOrrizonte, mort à Rome en 1740. Pour les intérieurs de monuments. Peler Neefs (1578-vers 1656) est resté un des noms les plus célèbres.

La décadence. — Malgré les succès qu'obtiennent les tableaux de chevalet, la grande peinture, sans se maintenir au point où l'avaient placée les élèves de Rubens, est encore honorablement pratiquée dans les Flandres par Bœckhorst (1608-1668), Berthollet Flemalle (1614-1675), auteur de la coupole de l'église des Carmes, à Paris, les deux Van Ost (1610-1685 et 1617-1654), Willeborst (iQil^- 1654), et surtout Gérard de Lairesse (1640-1711), qui allait bientôt s'établir en Hollande et, en apportant à l'art hollandais déjà bien affaibli une tradition peu conforme à son génie national, contribua peut-être, par le succès qu'il y obtint, à précipiter une décadence dont on aurait tort de lui attribuer l'origine.

Mais l'école flamande touche elle-même à sa fin, participant à l'affaiblissement général du pays. Déjà la fermeture du port d'Anvers a porté à la Belgique un coup funeste. Dans la seconde partie du xvii" siècle et pendant la première partie du xyiii", elle va être le principal champ

de bataille de l'Europe, et sera ruinée aussi bien par ses amis que par ses ennemis. Son industrie a diminué avec la disparition de son commerce. L'esprit national s'affaiblit, l'art s'affaiblit avec lui*. Il devait renaître en 1830 avec l'indépendance de la Belgique. (Voy. p. 754.)

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