CHAPITRE IV l'école hollandaise
Les Pays-Bas au commencement du XVII' siècle. Instruction généralement répandue ; richesse et simplicité. Goût général pour les arts. L'art protestant. La peinture de chevalet. La spécialité. — Principaux centres artistiques : Harlem, Leyde. — Rembrandt ; son génie ; son influence; ses trois manières; le clair-obscur. -- Élèves et contemporains de Rembrandt. Histoire et portrait. Hais et Van der Helst. — Le genre. Brauwer. Terburg. Metzu. G. Dov, le« Ostade et leurs contemporains. — Les peintres de chasses et de batailles. Ph. Wouwermann. — Le paysage. Jean Van Goyen et ses contemporains. Les italianistes. Jacob Ruysdaël, Hobbema et Dekker. — Les animaliers. A. Guyp. P. Potter. Adrien Van de Velde.
— La marine. Backhuysen. Guillaume. Van de Velde. — Les architecturistes. Van der Heyden. — Nature morte. David de Heem. — Les fleurs. Van Huysum. — La décadence. Gérard de Lairesse. Van der Werf. — Le xix» siècle. — L'architecture. Jean Kampen.
— La gravure. Vischer, Rembrandt.
Les Pays-Bas au commencement du dix-septième siècle. Instruction répandue dans toutes les classes ; richesse et simplicité. Goût général pour les arts. L'art
1 . Un fait fera sentir d'une manière frappante ce que son activité artis> tique était devenue. A la fin du siècle il n'y avait plus un seul atelier de tapis- «erie dans la Flandre! Le dernier qui subsistât fut fermé à Bruxelles en 1794.
a. W. Burger (Thoré), Musées de Hollande. — Havard, École hollandaise. — Taine, Philosophie de l'art dans Us Pays-Bas. — Em. Michel, Rembrandt.
Peyre. — Hist. des B.-Arts. 33
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protestant. La peinture de chevalet. La spécialité. — U y a peu de spectaeles aussi beaux dans l'histoire que celui de la Hollande luttant plus de quatre-vingts ans contre toutes les forces de la maison d'Autriche, et sortant de cette lutte, une des plus disproportionnées qui furent jamais, glorieuse, forte, libre, éclairée, considérée, malgré son petit territoire, comme un des éléments principaux de la politique européenne, se mettant en même temps à la tête du mouvement intellectuel, et prenant surtout par les arts le premier rang. Le souci des choses de l'esprit, chez ce peuple peu affiné dapparence, un peu lourd, essentiellement pratique, qui semble surtout passionné pour l'argent, n'avait jamais été abandonné, même dans la période la plus terrible de la lutte, et il se manifestait parfois d'une façon héroïque. Les états généraux, voulant témoigner solennellement à la ville de Leyde leur satisfaction de ce qu'elle avait fait pour la patrie par sa mémorable défense contre les Espagnols en 1574, jugèrent que le plus noble moyen de la récompenser était de l'autoriser à fonder une Université, qui devint en peu de temps une des plus célèbres de l'Europe.
Dès 1609 on trouvait difficilement en Hollande une femme ou un enfant qui ne sût pas lire. Partout l'activité règne dans la nation et assure à tous l'aisance, sinon la richesse. « Ils sont si ennemis du mauvais gouvernement et de l'oisiveté, dit le Français Parival, qui visite le pays en 1660, qu'il y a des endroits où les magistrats font enfermer les oisifs et les vagabonds et ceux qui ne gouvernent pas bien leurs affaires, étant suffisant que leurs femmes ou d'autres de leurs parents se plaignent aux magistrats ; et dans ces endroits ils sont forcés de travailler et de gagner leur vie encore qu'ils ne le veuillent pas*. » La richesse répandue partout n'empêche pas une graade simplicité dans la vie de chaque jour, et c'est encore aajourd'hui un des traits les plus estimables de la société