ÉLÈVES ET CONTEMPORAINS DE REMBRANDT
(Louvre), l'Enfant sage (Ferrière). Quant à Gérard Dov (1610-1675), l'honneur de l'atelier de Rembrandt, ses œuvres rentrent dans le système de composition méthodique, d'exécution uniformément, également soignée, qui a surtout la faveur du public : la Femme hydropique, la Jeune Cuisinière hollandaise, la Lecture de la Bible (au Louvre), la Jeune Tailleuse (la Haye), l'École du soir (Amsterdam) Influence de Rembrandt. — L'influence de Rembrandt n'en a pas moins été considérable; elle a contribué à retenir longtemps les peintres hollandais sur la pente où il& se seraient laissé trop facilement entraîner, à leur faire éviter longtemps la minutie dans la composition, la froi~ deur méticuleuse dans l'exécution, à leur faire aimer et comprendre le grand rôle de la lumière.
Contemporains de Rembrandt. Van der Helst. Franz Hais. — Cependant ce n'est pas parmi ses successeurs, mais parmi ses contemporains, qu'on trouven des peintres ayant fait quelques œuvres considérables pouvant être comparées kla Ronde de nuit : Barthélémy Van der Helst (1584-1666) et Franz Hais (1580-1666). Van der Helst est l'auteur du Banquet des gardes civiques célébrant la paix de Munster et des Juges du prix de l'arc, dont la réduction est au Louvre, œuvres d'une richesse et d'une cor rection également admirables. Hais, dans ses portraits isolés [Arquebusiers de Saint-Georges, ou réunions charitables à Harlem), montre une intensité de vie extraordinaire, et est de tous les peintres celui qui rappelle le plus Vélasquez, quoiqu'il n'y ait eu aucun rapport entre eux. Les portraitistes Verspronck^ Van Tempel, Van Ceulen, Nie. Elias Pickenoy^ Lievenz en approchent de bien près.
Les peintres de genre. Brauwer, Terburg, Metzu, G. Dov. P. de Hooghe, les Ostade. — Hais eut parmi ses élèves Adrien Bramver (1608-1640), qui montra une grande précocité. Son maître trouvait ses essais de jeune homme si remarquables, qu'il les vendait très cher à son profit, e\
accablait en é'^iange son élève de mauvais traitements. Brauwer s'échappa de l'atelier de Hais, passa une bonne partie de sa vie en Belgique, où il connut Rubens, qtii admirait son talent. Il mourut à trente-deux ans, laissant cependant un œuvre considérable. Brauwer se plaît aux scènes de bas étage, qu'il rend avec une verve et une profondeur d'observation où il dépasse Téniers. Avec Gérard Terhurg (1608-1681), avec Gabriel Metzu (1615-1658), nous entrons au contraire dans les rangs élevés de la société. L'un et l'autre ont fait des chefs-d'œuvre. Metzu se place parmi les plus excellents peintres des temps modernes, ne fût-ce que par ses tableaux du Louvre : le Militaire recevant une jeune dame et le Marché aux herbes d'AmS" terdam. Mais l'œuvre de Terburg est plus soutenue, et il n'y a rien dans Metzu qui ait l'importance et la valeur du Congrès de Westphalie, dont Terburg avait pu peindre de visu les diplomates, car il se trouvait alors à Munster. Ce tableau, qui est aujourd'hui à Londres, frappa vivement l'ambassadeur d'Espagne, qui décida le peintre à se rendre à Madrid. Là il eut un tel succès que, craignant la jalousie des peintres espagnols, il quitta bientôt la cour de Philippe IV, qui aurait voulu le retenir; il se retira à Deventer, dont il devint bourgmestre, et fit justement un tableau célèbre représentant le Magistrat, ou l'ensemble des officiers municipaux, de Deventer. Terburg est peutêtre le peintre de genre le plus parfait de la Hollande, surtout si l'on considère l'ensemble de ses œuvres, oîi l'on peut dire qu'il n'y a pas une faiblesse. Dans ses scènes familières (la Réprimande maternelle du musée de Berlin, le Portrait du peintre et la Dépêche de la Haye, le Galant militaire, la Lecture et le Concert du Louvre*), il l'emporte même sur Gérard Dov par son exécution plus franche et sa façon plus sûre de poser les personna-
1. Terburg a excellé dans l'exécution du satin blane. Il en a du resta introduit dans la plupart de ses composition».
GENRE. — Bft\UWER. DOV. METZU. TERBURG
ges; sur Pierre de Hooglie (1643-1708), quoiqu'il n'ait pas ses merveilleux effets de lumière ; sur Van der Meer de Delft (1632-1675), quoiqu'il n'ait pas ses colorations d'une dé-
Fig. 250. — Mot/.u. — L*î marché d'Amsterdam.
licatesse exquise. Il n'a guère de rivaux, outre Metzu, qui est plus inégal, (^n Adrien Van Ostade (1610-1685) ; mais pour celui-ci la comparaison est plus difTicile, car il a p«»int surtout les paysans, et tout au plus la petite bour groisie : la Famille des Ostade et le Maître d'école (Lou-
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vre), Paysans au cabaret (Munich), l'Atelier du peintre (Amsterdam). Dans une gamme plus claire il est, avec Pierre de Hooghe, celui qui, par son admirable clair-obsrur, se rapproche le plus de Rembrandt.
Peintres de la vie populaire, de la vie bourgeoise et nobiliaire, de chasses et de batailles; Wouwerman. — Après ces noms, qui sont les plus connus, que de peintres de genre il y aurait encore à citer, qui partout ailleurs seraient au premier rang! Dans les scènes populaires ou champêtres, voici Isaac van Ostade (1621-1649), frère <i'Adrien; Bega (1620-1664), Cornelis Dusart (1660-1704), Dlrck Hais (1589-1650), frère de Franz Hais; Brakenburg (1650-1702), Jean Steen (1626-1679), qui est un des plus recherchés des collectionneurs; Van der Poo/ (-|- 1690), Zorg (1621-1682). Dans les scènes de la vie des grandes familles ou de la bourgeoisie élevée et moyenne : Esaias Van de Velde, né en 1587, qui a été un initiateur et un des premiers en Hollande a représenté des incendies et de petits tableaux militaires; Anthony Palamedes (1600- 1673), Slingeland (mkO-imZ),Brekelenkam (f 1668), Eglon Van der Neer (1643-1703), Adrien Van der Venne (1589- 1662), le peintre des princes d'Orange, qui ne redoute pas l'allégorie (curieux tableau du Louvre) ; Staveren (-[- 1669), Schalken (1643-1706), qui se consacre aux effets de lumière;/. etiV. FerAo/Ze (1650-1693 et 1673-1746), les trois Netscher (1639-1684, 1661-1732 et 1670-1722), les trois Mteris (1635-1681, 1662-1747 et 1689-1763). Dans les scènes de la vie nobiliaire, principalement les chasses et les guerres, nous trouverons : Palamedes le Jeune (1607- 1638), ^sse/yn(1610-1652), Leducq (1600-1660), et surtout Wouwerman (1619-1668). Philippe Wouwerman {Choc de cavalerie^ Chasse au héron, Campement, etc.) a été l'expression la plus complète d'un genre où il n'a pas été égalé, quoique bien souvent imité, notamment par ses frères Pierre (1626-1683) et Jean (1629-1666), et par son élève