‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 301 sur 424 · LES VAN OSTADE. — WOUWERMAN. — PAYSAGE · texte numérisé non relu

LES VAN OSTADE. — WOUWERMAN. — PAYSAGE

Barendgal. Plusieurs des peintres que nous venons de nommer, tels quisaac Van Ostade, Asselyn, Wouwerman, plaçant leurs personnages en plein air, ont eu l'occasion de peindre des paysages et l'ont fait avec une grande supériorité. D'autre part , et se ployant au goût du temps, qui persiste même en Hollande et qui dédaigne la nature inbabilée, la plupart des paysagistes peignent ou font peindre par leurs amis des figures souvent nombreuses dans leurs tableaux. Il est difficile, en de telles conditions, de classer tel ou tel peintre parmi les paysagistes ou parmi les peintres de genre. Mais, peintres de genre ou paysagistes, les artistes hollandais participaient aux sentiments du reste de la nation, aimaient d'autant plus le sol natal qu'il avait coûté plus cher, qu'on avait dû le conquérir, non seulement sur les hommes, mais sur les éléments, et qu'il fallait encore, après la victoire définitive, le défendre constamment contre la mer qui menaçait de le reprendre.

Les paysagistes : J. Van Goyen, Wynantz, Van der Neer. Caractère du paysage hollandais. — Le premier des peintres dans l'œuvre duquel apparaît véritablement le paysage hollandais est Jean Van Goyen (1596-1656), qui comprit le premier et rendit avec un sentiment remarquable le caractère d'un pays plat et monotone en apparence, mais où la terre, l'eau, les nuages qui semblent se mêler, offrent ces harmonies simples et cependant changeantes , ces lignes larges que préféreront le plus souvent après lui les paysagistes. Si les accidents de terrain viennent rompre ces calmes horizons, ils ne seront pas disproportionnés et rentreront facilement dans l'ensemble. L'arbre, qui doit être une des principales individualités du paysage, y prendra naturellement la place qui lui est due; aussi a-t-on remarqué qu'en général ce ne sont pas les pays dits pittoresques, ceux où abondent ks points de vue cités par les guides, ce ne sont pas

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les régions montagneuses et tourmentées qiui ont vu naître les grandes écoles de paysage. Quoi qu'il en soit, à côté de Jean Goyen on peut citer, parmi les fondateurs du paysage dans les Pays-Bas, — avec Pierre Molyn le Vieux [imO-iQbk), —Wynantz (1600-ap. 1679) et Arthur Van der iVeer (1603-1677). Alors que Van Goyen se plaît, comme le remarque M. Havard, « dans un demi-jour brumeux et incertain », Wynantz baigne les sites qu'il représente dans la pleine lumière , tandis que Van der Neer met sous nos yeux « des rivières et des canaux ombragés degrands arbres, bordés de chaumières et de villages dormant à la douce et pâle clarté de la lune )>.

Everdingen. Les italianisants. Pierre de Laar, Berghem, etc. — Cependant la représentation de la nature^ surtout en Hollande, offrait bien moins de variété que les spectacles de la vie de ses habitants, et l'on comprend que les paysagistes, ne fût-ce que pour séduire davantage leur public, qui s'attachait surtout aux peinlre& de genre, aient été chercher ailleurs des inspirations nouvelles. Ils allèrent bien loin vers le nord et vers le sud^ en Norvège et en Italie. D'autres, dans un genre intermédiaire, s'emparent du Rhin allemand et de la Moselle^ tels que Jean Van der Meer (1628-1692) et Safticven (1609-1685). Mais les Pays-Bas, la Norvège et l'Italie seront les trois modèles, bien différents, qui dans l'école hollandaise formeront trois classes de paysages distincts. Albert Van Everdingen (1621-1675), dont l'exécution a un caractère décoratif rare dans son pays, représenta pour la première fois avec un pinceau hollandais les grandes chutes d'eau, les sapins agités par l'orage, les chalets suspendus aux flancs des monts neigeux; mais bien restreint est le nombre des artistes qui refirent son voyage dans la presqu'île Scandinave. L'Italie au contraire, malgré le contraste des écoles, ne cessa d'attirer les peintres hollandais. C'était le moment où les Français Claude et

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