EVERDINGEN. — LES [TALI ANIS AN TS
Pou5«in étaient à Rome, et il serait intéressant de suivre chez plusieurs artistes Tinfluence indéniable de nos deux illustres compatriotes. Les peintres hollandais obtenaient des succès au delà des Alpes, et lorsqu'ils revenaient dans leur pays avec une réputation officielle, ils étaient entourés d'une sorte de ]irestige qui leur donnait souvent le pas sur les artistes i)lus modestes qui n'avaient pas quitté le sol natal.
C'est ce qu'on voit notamment pour Pierre Van Laar (1582-1642), connu sous le nom de Bamboche (BambGCcio), que lui avaient donné les Italiens au milieu desquels il était resté seize ans. Les scènes populaires traitées avec une grande liberté d'^ixécution, placées dans un paysage savamment ordonné qui rappelle la manière de ses amis Poussin et Claude Lorrain, eurent sur les bords du Rhin non moins de vogue que sur les bords du Tibre. Wouworman ne fut apprécié de ses compatriotes que lorsqu'il eut traité avec une supériorité évidente un sujet que Pierre de Laar venait lui-même d'exécuter, mais qu'il ne voulait vendre qu'à un prix très élevé. A côté de Pierre de Laar on placerait Karel du Jardin (1622-1678), Asschjn (1610-1652), puis, parmi les peintres plus spécialement paysagistes, Jean-Baptiste T^eg/^^■x (1621-1660), les frères Jean et André Both, morts tous deux en 1650, W. Heush (1638-1712), Py/zacAer (1622-1673), qui exécuta dans plusieurs maisons hollandaises de grandes peintures décoratives aujourd'hui détruites. H. Sivanewelt, dit Jlcrmann d'Italie (1600-1655), Lingelbach (1623-1674), Berglicm (1620-1683), le plus remarquable peut-être, Peter Molyn le Jeune, dit Tempesta (1637-1709), qui eut de terribles aventures. Il est de mode aujourd'hui de déprécier ces italianisants; il y a cependant peu de peintres aussi aimables. Leur couleur est claire, d'une harmonie tempérée. Bêtes et gens sont reproduits avec une verve et ijn esprit qui suffiraient à justifier la fortune de ces ta-
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bleaux. La nature italienne y est rendue avec une familiarité charmante, qui n'exclut ni la poésie ni le style, et ils gardent leur valeur même à côté des pages grandioses iu Poussin et de Claude. D'ailleurs, le vrai paysage classique eut des représentants en Hollande, tels que Bartholomeus Breemberg (1599-1659) et Poelenhourg (1586- 1667), qui y place des scènes mythologiques dans le goût de L'Albane. Le succès des italianistes était si grand que des peintres qui n'avaient jamais quitté la Hollande s'effoiçaient de peindre des sites italiens, par exemple Frédéric Moucheron (1633-1686).
Jacob Ruysdaël. — Lorsque le goût du public était tout entier tourné de ce côté, parut Buysdael, et c'est ce qui explique comment ce grand génie a été incompris de ses contemporains. On ne connaît presque rien de sa vie que sa misère et son bon cœur. Né à Harlem vers 1630, il avait d'abord étudié la médecine, puis s'adonna à la peinture, où son oncle Salomon (1600 P-1670) s'était fait une certaine réputation. Il vint assez jeune s'établir à Amsterdam, où les peintres de paysage surtout étaient moins nombreux que dans sa ville natale ; il ne put y trouver le succès auprès du public. Mais, quelque pauvre qu'il fût, il ne cessa jamais de servir une pension à son père. Il se consolait par la contemplation de la nature, qui, elle^ ne l'avait jamais déçu; par une activité incessante, que l'indiliérence ne décourageait pas (on compte plus de quatre cents tableaux de sa main), enfin par l'estime de ses confrères. Lorsqu'il devint vieux avant l'âge, ils se cotisèrent pour lui assurer un asile convenable dans l'hospice de Harlem, où il mourut en mars 1682. Ruysdaël a reproduit des sites montagneux, des cascades bondissantes rendues avec un cachet de vérité qui permet difficilement d'admettre qu'il ne les ait exécutées que d'imagination. Il paraît à peu près certain qu'à l'exemple de son ami Everdingen, il a visité la Norvège, sinon U