RUYSDAEL. — HOBBEMA
608 LE XVIIe SIÈCLE EN H0LLAK1>E
Suisse et l'Allemagne. Mais ses œuvres les plus nombreuses et les plus émues sont celles qu'il a consacrées à son pays : le Cimetière d'Amsterdam, les Vues de Harlem, la Plage de Scheveningen. Nul n'a dégagé comme lui la poésie des éléments simples de la nature. On oublie le talent et la science d'un pinceau passant a avec une flexibilité étonnante », comme l'a dit M. Havard, de l'exécution la plus fine, la plus délicate, la plus lisse, à la facture la plus libre, la plus large qu'on puisse employer; on oublie l'artiste pour ne voir que l'homme. Il a fait entrer dans ses paysages toute la tristesse de son âme ; et certains de ses tableaux, par une harmonie des choses plus facile à constater qu'à comprendre, font naître une impression analogue à celle de la Sixtine. La Forêt, le Buisson de Rujsdaël (Louvre), sont bien une forêt, un buisson que l'artiste a vus et étudiés avec grand soin; mais c'est aussi «la Forêt, le Buisson ».
Hobbema et Dekker. — Après lui le plus grand paysagiste de la Hollande fut Hobbema (1638-1709). Il a moins d'élévation que Ruysdaël; mais il prête un charme intime, une sorte de sérénité joyeuse à ses villages de la Drenthe ou de la Gueldre apparaissant en franche lumière au milieu des arbres et des prairies, à ses moulins dont les larges roues semblent faire entendre leur bruit rythmé. Il étudie chaque arbre, chaque plante même, avec la délicatesse d'un botaniste. Ce soin, qui n'a rien d'ailleurs d'exagéré, aurait dû plaire à ses compatriotes; cependant méconnu comme son ami Ruysdaël, quoique moins misérable, il fut inscrit sur les registres mortuaires dans la « classe des pauvres ». Quant à Z>e/c/ier(Yl678), malgré le succès qu'ont aujourd'hui ses chaumières se mirant dans les ruisseaux aux eaux lentes, il fut méconnu et malheureux. Ainsi les peintres qui ont le mieux aimé, le mieux [rendu la Hollande, ont été dédaignés en Hollande même.
Les animaliers : P. Potier, A. Cuyp, A. Van de Velde,