POTIER. — GUYP. — LES VAN DE VELDE
Hondekœter. — Le succès va plutôt à ceux qui dans lours paysages placent des animaux. Dans ce genre, la supériorité des peintres des Pays-Bas est restée indiscutable, ne fût-ce que parce que la plupart d'entre eux ont été en même temps de grands paysagistes. Paul Potter (1625- 1654), mort à 29 ans, a laissé plus de 103 tableaux et se place peut-être au premier rang [le Taureau^ la Vaclie qui se mire y à la Haye; la Prairie, au Louvre et à la Haye). Adrien Van de Velde, mort aussi fort jeune (1639-1672), en approche de bien près.
Albert Cuyp (1620-1691), sans dédaigner les troupeaux, préfère représenter les chevaux, et se place parmi les premiers paysagistes du monde par son admirable sentiment de la lumière (Départ pour la promenade, Louvre; Pêche au saumon, la Haye) '. Il faudrait citer à côté d'eux la plupart des italianisants, ainsi que les peintres de chasse et de guerre, ayant à leur tète Wouiverman. Jean Veenix (1644-1719) qui a fait aussi des paysages, excelle dans la représentationdesanimauxraorts(surtoutleslièvres). Enfin on ne peut oublier « le Raphaël de la basse-cour », GuiU. Hondekœter [iQZQ-iQ9h), qui avait, dit-on, dressé un coq à lui servir de modèle. \\ a au Louvre des Coqs et Poules attaqués par des aigles. Son chef-d'œuvre est la Plume flottante (Amsterdam). \\ y montre ce talent — fort répandu d'ailleurs chez les peintres hollandais — de savoir supérieurement représenter les masses d'eau.
La marine. G. Van de Velde. Backhuysen. — La plupart des paysagistes hollandais ont été à l'occasion des peintres de marine. La peinture de marine devait naturellement fleurir en Hollande, et c'est là qu'elle se constitua -^ dès la fin du xvi* siècle (voir p. 498). Simon de Vlieger (1601-1660) lui donna le premier une grande importance. Il a peint la mer calme [Marine du Louvre, les Régates
1. Il s'est aussi distinjtu'j dans lu genre (le Mangeur de moules, Rotterdam) «l- Il ludriae {l'Orage du Louvre).
500 LE XVIIe SIECLE EN HOLLANDE
d'Amsterdam), agitée par les vents [la Tempête, à Munich), ou animée par les luttes des hommes [Combat naval sur le Slaak, à Amsterdam). Il eut pour rival Willem Van de Velde le Vieux (1610-1693), et fut surpassé par ceux qui le suivirent. Guillaume Van de Velde le Jeune aime surtout la mer tranquille, tandis que Backhuysen (1631- 1708) préfère la mer orageuse. Van de Velde le Jeune (1633-1707), fils de Willem le Vieux et frère d'Adrien, a rendu les ciels et les eaux aux diverses heures du jour avec une vérité et une poésie admirables; il l'emporte pe'fljt-être sur tous les autres peintres qui ont cultivé le même genre. Les marins admirent de plus chez lui une connaissance parfaite des éléments si compliqués des navires et de toutes les manœuvres (à Amsterdam, le Port d'Amsterdam^ tableau de plus de trois mètres; le Combat de quatre jours, la Capture amenée au port). Il passa la fin de sa vie en Angleterre, dans la faveur des souverains qui s'y succédèrent, et représenta alors les hauts faits des marins d'outre-Manche, devenus depuis 1677 les alliés de son pays . Dans un rang secondaire viendraient Renier Nooms (1623-1668), surnommé Zeemann ouïe Marin, Jean Van Capelle, Jean Parcellis et son fils Jules, etc. Les peintres d'architecture. Van der Heyden. — Un genre bien opposé, où doit dominer la précision des lignes, la peinture architecturale, avait pris également naissance en Hollande dès le siècle précédent (V. p. 498). Emmanuel de Witte né vers 1620, et d'autres imitateurs de Peter Neefs peignent des intérieurs d'église; Van Vliet (1612-1675) et Nickelle, des intérieurs de palais avec les reflets divers de leurs marbres. Mais il ne valent pas les peintres de vues de villes, tels que Beerstraten (1622- 1666), Job et Gérard Berckheyden (1628-1698 et 1638- ,1693), Fa« ^er Z7/A (1627-1688), Van der Heyden (iOt'il' 1712), qui savent accorder la précision du dessin d'architecte avec un sentiment pittoresque des plus heureux.
BAGKHUYSEN. — V. DER HEYDEN. — D. DE HEEM 601
Les œuvres de Van der Heyden surtout sont non seulement des documents d'architecture, mais des documents humains, comme on dit aujourd'hui. On comprend, en voyant ces villes si propres, si bien tenues, baignées dans une lumière grise égale, avec leurs hôtels de ville et leurs temples particulièrement soignés, ce qu'était la vie à la fois tranquille et active qu'on y menait (Hôtel de ville d'Amsterdam, au Louvre ; Vue d'une ville, musée de la Haye). Van der Heyden est resté le maître du genre*. Nature morte : fleurs. D. de Heem. A. Mignon. Van Huysum. — C'est là une expression que l'on trouve souvent à employer dans une revue de l'école hollandaise, et nous pouvons l'appliquer à ceux de ses peintres qui se sont le plus distingués dans les diverses sortes de peintures réunies, à tort ou à raison, sous le nom de nature morte- La nature morte, qui prit sans doute son origine dans la peinture d'enseignes, s'éleva à la hauteur d'un véritable art avec la famille des de Heem. David de Heem le Jeune, le plus célèbre d'entre eux (1600-1674), peignit avec une égale supériorité les fruits, les fleurs, les étoffes, les verreries, les vaisselles, les orfèvreries; il y montra une harmonie et un talent de composition qui donnent à ses tableaux une véritable valeur de style. Ses élèves ou successeurs se partagèrent son domaine. Les tableaux de salle à manger, l'éclat des cristaux, se mêlant aux reflets de l'argent au milieu de la desserte d'un festin, furent k spécialité de Heda (1594-ap. 1618) et de ^a//'(1621-1693)- Les fleurs sont adoptées par Abraham Mignon (1640-1679). Ce peintre, d'origine allemande, né à Francfort, ne reçut les conseils de D. de Heem que lorsqu'il avait vingt ans. Il place en général ses fleurs en plein air; il y mêle des oiseaux, des nids, des insectes, des reptiles, des poissons, de petits quadrupèdes tels que des écureuils, qu'il rend
1. n fut aussi mécanicien habile et perfectionna les pompes à inceadic; Peyre. — Hist. des B.-Art». 34