‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 310 sur 424 · MEDAILLES : G. DUPRÉ. — PEINTURE : YOUET · texte numérisé non relu

MEDAILLES : G. DUPRÉ. — PEINTURE : YOUET

presque toutes perdues, ornent de sculptures ces édifices nouveaux*. Sans égaler les sculpteurs de l'époque précédente, ils se soutiennent à côté d'eux.

Gravure en médailles. Dupré. — Dans la gravure en médailles, Guillaume Dupré (1576-1639) dépasse tous lesmédailleurs français qui l'ont précédé en France. Il égale pour l'accent de la vie, en y joignant une technique pluscomplète, Pisanello lui-même [Henri IV et Marie de Medicis, Sully, Louis XIII).

Peinture. Vouet. — Mais la peinture reste encore dansun état d'infériorité marquée, malgré Z)MmoMs?/er et ses disciples qui se recommandent par leurs remarquables portraits au crayon (Louvre et Chantilly), malgré les Duboisqui, avec Dnbreuil et Bunel, couvrent de vastes décorations, dont les sujets sont empruntés à la mythologie ou au roman, la galerie d'Apollon au Louvre, ou les galeries de Fontainebleau^. Fréminet [ihÇ)l -iÇ)!^] même, malgré la puissance remarquable que témoignent ses peintures de la chapelle de Fontainebleau, ne peut faire présager l'avenement prochain du peintre du Ravissement de saint Paul ou des Bergers d'Arcadie. La France croit enfin avoir trouvé le grand peintre qu'elle attendait dans Simon Vouet (1590-1649). Vouet était déjà célèbre dans toute l'Italie et, s'étantfixé à Rome, avait été élu à trente-quatre ans prince de l'Académie romaine de Saint-Luc, lorsque Louis XIII le rappela (1627). Il eut une grande vogue comme professeur aussi bien que comme peintre, compta Louis XIIî parmi ses élèves^, et l'on comprend que son sentiment

1. Les châteaux de Vizille (1610-23) et de Beaumesnil (1633-40) construits tous deux rapidement, l'un imposant et militaire, l'autre élégant et pur, sont des type». de choix du style Louis XIlI.

2. Ambroise DuJoiB arait peint, pour la chambre de Marie de Médicis à Fontainebleau, quinze tableaux sur l'Histoire de Thèag'ene et de CharicUe. Un d'entreeux est aujourd'hui au Louvre.

3. En dépit d'un préjugé fort répandu, Louis XIII était un esprit distingué On connaît deux portraits aux crayons de couleur sortis de sa main : l'uu è Chantilly, l'autre, représentant le peintre lorrain Deruet, au musée de Nancy. Il

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décoratif, où il s'inspire de Paul Véronèse [Présentation au Temple, Figures allégoriques, au Louvre), sa couleur agréable, sa prodigieuse facilité, aient pu faire illusion.

Nicolas Poussin. Ses débuts. Séjour à Rome. — Mais pendant ce temps arrivait lentement à une gloire plus durable un jeune peintre français, Poussin, établi également à Rome. L'année même où Vouet était appelé à Paris, Poussin terminait sa Mort de Germanicus.

Il était né aux Andelys en 1594, d'une famille qui avait occupé un certain rang, mais avait été ruinée par les guerres de religion. Ce n'est qu'à force d'instances qu'il obtint de ses parents la permission de se livrer à son goût pour les arts. Dès qu'il commença à connaître son métier, qu'il avait appris aux Andelys même, sous la direction de Quentin Varin, il n'eut qu'un but, aller à Rome. C'était là le rêve de tous les artistes; l'on vit l'un d'eux, et non des moindres, François Perrier (1590-1650), trop pauvre pour faire le voyage à ses frais, accepter avec empressement la mission de guider un aveugle qui allait à Rome, afin de pouvoir pénétrer dans la Ville éternelle. L'Italie était alors le seul pays où l'artiste pût librement étudier les œuvres d'art exposées aux regards du public. De nombreuses peintures et sculptures avaient été réunies par nos rois, mais elles restaient enfermées dans les palais et les châteaux. Poussin tenta vainement à deux reprises de réaliser le projet qui lui tenait tant au cœur. Deux fois la misère et la maladie le ramenèrent ; une troisième tentative réussit en 1624, grâce à l'appui du poète Marini, qui lavait connu et apprécié en France. Mais il perd presque aussitôt son protecteur (1625)

Ce n'était pas tout d'être à Rome et de s'y remplir l'àme et les yeux de ses souvenirs, de ses ruines et de ses chefs-d'œuvre : il fallait vivre. Malheureusement sa manière n'était pas conforme au genre qui plaisait au public romain, et d'autre part elle n'en était pas assez différente pour piquer sa curiosité, «omme le faisaient les Hollandais et les Flamands. Il a

avait étudié la musique avec Guèdron, et composé des œuvres musicalcB dont quelques' unes nous sont parvenues.

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