LOUIS XIV ET LEBRUN
Le siècle de Louis XIV. Louis XIV et Lebrun. — Nicolas Fouquet. Le chùteau de Vaux. — Versailles: le château; la décoration; le parc. Lebrun. Jules Hardouin-Mansard. Lenôtre. Le jardin classique. — Le Louvre. La colonnade. Le Bernin en France. Les frères Perrault. — Autres monuments. Les Invalides. — Mig-nard. La coupole du Val-de-Grâce. — Le portrait. Largilière. Rigaud. Petitot. — Jouvenet. San terre et leurs contemporains. — Peintres de batailles, de chasses, de fleurs. Van der Meulen. Desportes. Monnoyer. — La peinture à la fin du règne de Louis XIV. Les déclamateurs et les peintres de fêtes galantes. Les Coypel et Watteau. — Sculpture. P. Puget. Girardon. Coysevox. Nicolas Coustou. — Autres sculpteurs. — Gravure en médailles, Warin.
t. Pour la sculpture et la gravure voy. chap. suivant.
2. Ch. Perrault, le Siècle de Louis le Grand, les Hommes illustres. — Comi-ie» ées bltimeoU du roi (1C64-1715). ~ Voy. p. 605.
SIÈCLE DE LOUIS XIV. — LEBRUxN 631
— Gravure. L'eau-forte : Gallot, Claude Lorrain. — Les graveurs Poussin, Pesne. — Les portraits originaux de Nanteuil. — Les graveurs Lebrun, Edelinek, Audran. — Les graveurs Rigaud, Drevet. — La tapisserie. Les Gobelins. Beauvais. Lebrun. — Arts industriels. Lebrun. Les Lepautre. Orfèvrerie. Ballin. Les Germain. Le meuble. André Boule. La faïence. Rouen. — Règne du goût français en Europe.
Le siècle de Louis XIV. Lebrun. — • Les grands peintres français que nous avons cités jusqu'ici ont eu une influence souvent considérable, mais ils n'ont pas exercé sur l'art une autorité incontestée. Il n'en est plus ainsi avec Lebrun, qui exerce sur les arts de son temps une royauté qui participe de l'absolutisme de Louis XIV. Les noms de Louis XIV et de Lebrun ne doivent pas être séparés dans l'histoire. Comme on l'ajustement remarqué, il y avait entre l'artiste et le monarque une sorte d'harmonie préétablie. Le roi et son premier peintre vont instituer piirtout une discipline qui risquera de faire des artistes des espèces de fonctionnaires. Lorsque Louvoie succéda à Colbert dans la surintendance des beaux-arts, dit M. Rambaud, il traita les jeunes peintres de l'Académie comme les cadets de ses régiments. L'art comme les lettres vont être surtout occupés à louer et à honorer le roi. Mais diverses causes diminueront les dangers de cette sorte de mainmise sur les arts. Cet enthousiasme qui semble de commande trouve alors un écho dans les cœurs. D'ailleiirs Louis XIV paye magnifiquement aux arts la gloire qu'ils lui donnent, non seulement par des pensions, mais encore par la considération qu'il marque à ceux qui s'y distinguent, comme le montrent ses relations avec Lebrun, Lenôtre, Mansard, qu'il anoblit. Les filles des artistes en faveur, comme celles des ministres, entrent dans la noblesse : la fille de Mignard devient marquise de Feuquières. De plus, la France possède de grands artistes, qui sauront, par leur supériorité même, défendre leur indépendance. Enfin la direction que Lebrun a irapri-
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mée aux arts de son temps est loin de mériter les critiques passionnées dont elle a été accablée. Comme Louis XIV lui-même, Lebrun, comblé de louanges de son vivant, a été l'objet d'une réaction des plus injustes, qui s'est attaquée à l'homme aussi bien qu'à l'artiste. C'était un artiste du plus haut mérite, le premier de l'Europe en son tsmps, pour les grandes peintures monumentales. D'autre part, il reste peu de chose, après le livre de M. Jouin, des accusations de jalousie haineuse contre tous ses rivaux et d'étroitesse d'esprit, qu'on a si souvent portées contre lui. Cependant, quoique volontairement acceptée, en général, son autorité a contribué à rendre trop uniformes ^1 les pompeuses merveilles » du règne de Louis le Grand. Lebrun allait donc se consacrer tout entier au service de Louis XIV et de son ministre Colbert , qui, non moins passionné que son maître pour toutes les gloires de la France, semble même avoir eu un goût plus sûr dans l'art, tandis que le roi jugeait mieux des œuvres littéraires.
Le château de Vaux. Nicolas Fouquet et Lebrun. — Le-
tvrun (1619-1690) avait accompagné Poussin en Italie, lorsque le grand artiste y retournait. Il en était revenu au bout de quatre ans, ayant déjà de la réputation, et il avait pris une part prépondérante, on l'a vu, à la formation de l'Académie de peinture (1648). Il fît l'apprentissage du grand rôle qui lui était réservé pendant qu'il était au service de Nicolas Fouquet. Fouquet, quoique simple particulier, protégeait les let- "lires et les arts avec une magnificence que les rois eux-mêmes a'avaient pas montrée jusque-là*. Le château de Vaux, avec ses jardins et ses jeux d'eaux, les premiers que l'on ait vus en France, servit de modèle à Versailles, et la fabrique de lapisserie que le surintendant fit établir à Maincy fut l'origine des Gobelins. Lebrun fut, à partir de 1657, l'ordonnateur de tous ces travaux ; et comme peintre, c'est à Vaux qu'il a laissé
1. Sur le rôle de Fouquet dans les arts, nous renverrons à un article du Correspondant du 23 décembre 1892 : les Galeries célèbres et les grandes colhictions privées. III, Vaux-le''Vicomte, qui résume les travaux antérieurs.