‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 325 sur 424 · LE JARDIN ANGLAIS. — KENT. — SCULPTURE · texte numérisé non relu

LE JARDIN ANGLAIS. — KENT. — SCULPTURE

voit, la puérilité; on risque de ne donner que la parodie de la nature en croyant en reproduire l'image. Napoléon disait : « Ces petits lacs, la plupart du temps sans eau, ces petits rochers en miniature, ces rivières immobiles, toutes ces niaiseries, sont des caprices de banquier. Mon jardin anglais, à moi, c'est la forêt de Fontainebleau, et je n'en veux point d'autres. » On ne saurait trop approuver cependant le souci qu'ont alors les architectes jardiniers de ménager les beaux points de vue, et, par conséquent, d'engager les architectes proprement dits à mieux choisir l'emplacement de leurs constructions. L'art du jardinier en Europe s'inspira aussi des jardins chinois, dont l'Anglais Chamhers, qui revenait d'Orient, signala le premier les heuieuses dispositions, au moment où les Chinois imilaient justement les jardins de Versailles (1757) ^.

Sculpture. — Les statues trouvaient d'ailleurs leur place dans les jardins, comme dans l'ornement des édifices. La sculpture du xviii® siècle donne plus d'une fois dans la manière, mais l'alTéterie et la mollesse y sont rai-es. Elle est soutenue par la science, dont les sculpteurs du temps abusent même, ils évitent cet excès dans leurs œuvres monumentales. Mais leurs morceaux de réception académique sont en général très tourmentés et font

1. La merveille des jardins chinois était le parc du Palais d'été, ensemble extraordinaire « de palais, de pavillons, de kiosques, de pièces d'eau, de rochers, de collines et de vallées factices ». Il fut exécuté au milieu du siocle, sous le rogne de Khien-loung (1735-1796). Le R. P. Attiret fut un des peintres officiels de cet empereur (1702-1768). Habitué à la manière large et facile des décorateurs français du temps, il eut grand'peine à se plier au goût de la cour de Pékin. Les Chinois, en effet, n'aimaient pas la peinture à l'huile, à cause des reflets du vernis. Ils ne comprenaient pas les ombres, qu'ils prenaient pour des taches; ils exigeaient la reproduction minutieuse et numériquement exacte des moindres détails, tels que les feuilles des arbres. Atliret fut un des jésuites chargés de composer une suite de dessins sur los grands faits du règne de Khien-loung, collection que l'empereur envoya graver en Europe et qui est connue sous le nom de Batailles de la Chine. Un .tutre jésuite, Michel Benoît (171.'>-17T4), fit connaître aux Chinois les jeux d'eau. Un officier suédois, nommé Loreatz Lange, fait prisonnier à Pultava et resté au service de Pierre le Grand, fut envoyé en Chine par le czar, non seulement pour y nouer des relations diplomatiques, mais pour y étudier l'ornementation chinoise et y trouver des indications pouvant servir au château de Péterhof.

étalage des connaissances anatomiques. Celte sculpture, -. qui manquera parfois d'élévation et de haut style, a bien, comme le disait Louis XIV de Nicolas Coustou, « le goût français ». Elle est pleine d'esprit et de vie , et les talents abondent. Elle sait être tour à lour gracieuse, dramatique et monumentale. La sculpture de genre prend une plus grande place et rappelle, avec plus d'importance, et dans un style différent, les statuettes de Tanagra (marbres, bronzes, terres cuites de Clodion, etc.). Sans négliger l'étude du nu et des nobles draperies, les sculpteurs se plaisent à rendre l'aspect des diverses étoffes et à chiffonner leurs plis. Ils ne reculent même pas devant la difficulté de rendre en marbre tous les détails de la mode du temps : rubans, crevés, dentelles (statue du duc de Richelieu, au Louvre).

Les Coustou. — Nous rencontrons tout d'abord les statuà.res déjà célèbres sous Louis XIV, Coysevox, Slodtz, Nicolas Coustou. Le frère de Nicolas Coustou, Guillaume Coustou (1677-1746), reprenant l'exemple de Coysevox, qui avait représenté la duchesse de Bourgogne sous la figure de Diane, sculpte une Marie Leczinsha en Junon. Il est surtout célèbre par les Chevaux de Marbj, aujourd'hui à l'entrée des Champs-Elysées, le bas-relief de la porte des Invalides, et par une statue de Vénus faite pour Frédéric II. Guillaume Coustou II (1716-1777), son fils, est l'auteur du tombeau du Dauphin (cathédrale de Sens). Bouchardon. — Bouchardon sait être souverainement gracieux, sans mollesse, dans \ Amour taillant son arc et les bas-reliefs de la fontaine de la rue Grenelle; mais il réussissait également dans les œuvres sérieuses, telles que Saint Charles Borromée , le Christ appuyé sur la croix , et le monument aujourd'hui détruit de la place Louis XV. C'était un esprit élevé. Un jour, l'amateur Caylus, qui était son ami, le rencontra fort agité, se promenant avec une espèce de fureur, un vieux livre à Ja

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