‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 335 sur 424 · REYNOLDS. — GAINSBOROUGH · texte numérisé non relu

REYNOLDS. — GAINSBOROUGH

son compatriote Copley (1737-1815), né à Boston, représentent en Angleterre ce mouvement de rénovation classique que nous avons constaté en Allemagne comme en France, et que nous retrouvons en Italie à la fin du siècle ^ Italie. Tiepolo.Canaletto. Bat toni. — Auxvm^s., Venise, qui, seule des grandes cités italiennes, conservait, malgré son abaissement, une certaine puissance et un gouvernement national, eut deux artistes éminents, Tiepolo et Canaletto. Tiepolo (1696-1770) semble faire renaître les beaux jours de P. Véronèse aux palais Labia et Rezzonico comme au Palais de Madrid. Il n'y avait pas dans toute l'Europe un artiste capable d'exécuter des peintures monumentales d'une pareille puissance et d'un pareil éclat. On peut s'en faire une idée en France par les peintures du grand escalier à Feri'ières et de l'hôtel Ed. André. Antonio Canale, dît il Canaletto (1697-1768), est célèbre par ses vues de Venise, qu'il rend avec la précision de l'architecte et une science de la perspective qui rappelle le décorateur de théâtre. II eut des disciples excellents dans ^e//o/o (1724-80) et Guardi (1714-93). A Venise encore se distinguent la pastelliste Rosalba Carrlera (1671-1757), les décorateurs Ant. Pellegrini (1675-1741), Franc. Trevisani (1660-1734) et son frère Agnolo, Séh. Ricci (1660-1734), J.-B. Cignaroli^ auteur de .d^Movt de Rachel[^\ns,èe de Venise), P/e/ro Zo/î^/// (1702-85) plus intéressant dans ses scènes de la vie vénitienne.

La peinture de monuments et de fêtes brille également à Rome avec Panm/ (1695-1768) el Servandoni (iQ^-iim). Servandoni, que nous avons déjà signalé comme architecte, fut un décorateur de théâtre tel qu'on n'en avait jamais vu et qui n'a guère été dépassé, à ce qu'il semble. Le président de Brosses constate combien, au milieu du

1. West a surtout traité des sujets religieux ou aatiques, mais sa meilleure oeuvre, la Mort du général lVolf\ est un sujet contemporain. De môme pour Copley ^a Mort de Châtain et la Mort du major Pierson),

siècle, les décorations théâtrales de l'Italie l'eraportcriX même sur les décorations de noire Opéra. Mais Servandoni devait être attaché bientôt à l'Opéra de Paris, pour lequel Boucher lui-même travailla.

Dans la seconde moitié du siècle, Pompeo Hattoni (1708- 1786), qu'on n'apprécie pas à sa valeur, et qui, s'il manque de force, a de la grâce, de la couleur et une véritable conscience [Adoration des bergers, au palais Gorsiiiij-, s'efforce de ramener les artistes à l'étude et à l'amour Je l'antiquité et des grandes écoles. En mourant, il lègue yA palette et ses pinceaux au Français David (1748-1825), comme au seul capable d'accoiuplir l'œuvre qu'il avaii tentée*.

1. En 1789 la France exportait annuellement pour deux millions de franc» de tableaux et deux millions de francs d'estampes. Notons aussi sans pouvoir y insister l'influence persistante de Watteau sur l'Ecole anglaise et spécialement sur les fon>ls de paysage de Gainsborough.

Fig -264. — Plat décoré de poissons et de reptiles, par Bernard Palissy

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