CHAPITRE PREMIER
DAVID ET SON TEMPS. — l'ÉCOLR DE l'eMPIRB
La réforme classique. David. Caractère de ses œuvres. Son influence. Ses élèves. — Contemporains de David. Regnault. — Le pays.nga-, la peinture d'animaux. — Prudhon. — Les successeurs de David. ',es musées. Le Salon de 1808. — Gros. Guérin. Girodet. Le» portraitistes. La miniature. Guérin. La gravure. Desnoyers. Bervic. — La sculpture. Chaudet. Curtellier. Moitte. — Gravure en médailles. Dupré. — Architecture. Percier. Fontaine. La colonne Yen» dôme*.
La réforme classique. David. Caractère de ses œuvres. Son influence. — La fin du xvni® siècle fut boulever-
1. Delécluze, David et son temps. — Les catalogues des Salons. — E. Chesneau, Ut Chefs d'école. — Marmottan, École française de peinture. — R. ^Peyre, Napoléon ett ton temps, 3« partie, chap. tu et ix. — Courajod, Alexandre Lenoir. — P. Lafoad, *'Art décoratif et le mobilier sous la République et l'Empire. — J. David, Daiid.
sée par un des plus grands changements politiques des temps modernes. Ces événements n'eurent pas tout d'abord sur l'art une influence marquée. En effet, la forme d'art qui devait caractériser celte époque était déjà constituée avant que les troubles eussent commencé. L'art existant s'harmonisa parfaitement avec la France nouvelle ; la Révolution ne l'a pas créé. C'est là un exemple remarquable d'une transformation artistique précédant la transformation morale et sociale qui s'accorde avec elle.
Le succès des Horaces en 1785 faisait de David le chef de l'école française. L'ancien style académique avait vécu. Désormais plus d'à peu près : le nu sera la principale étude du peintre. Chaque figure, consciencieusement rendue, vaudra par elle-même; le geste, l'attitude, auront leur beauté propre. Le sujet sera soigneusement composé, mais évitera le fouillis des œuvres précédentes, et les figures en général seront peu nombreuses. On pourrait même soutenir que la nouvelle école se préoccupe moins que l'ancienne école académique de l'ensemble de la composition, de la pondération et de l'heureux agencement des groupes. Avec la nature, c'est l'antique qui devra être surtout le modèle, mais l'antique tel qu'il est et non tel -qu'on l'accommodait naguère. David, en effet, raconte que dans les ateliers de son temps, lorsqu'il avîiit, aussi exactement que possible, copié un antique ^ tout n'était pas fini; il faillie torcei les muscles, relever les sourcils, pencher pdrfois la tête, donner, en un mot, « de l'expression » Désormais on devra se contenter de l'antique tout <( cru >, et ne pas le mettre « à la sauce ».
Cependant cette antiquité, et c'est là un premier point ^aible, n'est pas complètement comprise. David n'imite <j'abord que les Romains. Plus tard il songea à imiter les Grecs, comme on le voit dans les Sabines ', quoique le