ECOLE DE DAVID. — REGNAULT
sion de retrouver dans les pages qui suivent. Paillot de Montabert (1771-1849) est moins connu par ses tableaux que par son Traité de peinture et sa réhabilitation du procédé de l'encaustique. Topino-Lebrun (1769-1802), auteur de la Mort de Caïus Gracchus, prit part à la conspiration du sculpteur Ceracchi et périt avec lui sur l'échafaud. Xavier Fabre (1766-1838), l'ami des derniers jours de la princesse Albany, légua à Montpellier, sa ville natale, les belles collections qu'il avait formées en Italie. Wicar (1762- 1834), qui a peint entre autres deux intéressants tableaux sur le Concordat, fit de même pour Lille. Delécluze (1781- 1863), après avoir obtenu une grande médaille en 1808 pour son tableau la Mort d'Astyonax, se tourna vers la littérature : critique, histoire, roman. Germain Drouais (1763-1788), fils de François-Hubert, se fit un nom, étant encore élève, par son prix de Rome le Christ et la Cha~ nanéenne. Ce tableau, qui dépassait de beaucoup le niveau des concours de l'Académie, excita un véritable enthousiasme. Il n'est pas à l'cole des beaux-arts, et a mérité par exception les honneurs du Louvre. Le Marias à Minturnes, que Drouais exécuta à Rome, faisait l'admiration de Gœthe. Cochereau (1793-1817) nous a laissé un intéressant tableau représentant V Atelier de David. On voit par ce court résumé l'activité d'esprit qui régnait autour de l'auteur des Salines.
Contemporains de David. Regnault. — Regnault, qui
compte parmi ses élèves Guérin, Hersent et Robert Le fèvre. avait l'atelier le plus en vogue après David. Comme pein tre, il n'ajoutait rien aux succès que lui avaient justement valus V Éducation d'Achille (1783) et la Descente de croix (1789), mais se maintenait à son rang par des portraits et des tableaux empruntés à la mythologie ; il aimait l'allégorie. Pendant la Révolution, il avait peint /a Liberté ou la Mort. Pendant l'Empire, il avait commencé un tableau représentant la Marche triomphale de Napoléon vers le tem^
pie de V Immortalité. Survint 1814 ; l'artiste, voulant utiliser Ce qu'il avait déjà fait, changea la figure principale, et le tableau devint la France marchant vers le temple de la Paix. Lelhicre (1760-1832) se distinguait par le sentiment tragique qu'il déployait dans ses vastes compositions de la Mort de Vir<^inie et de la Mort des fils de Briitus. Carie Vernet (1758-1835) doit surtout sa réputation à son habileté dans la peinture des chevaux [Triomphe de Paul-Emile, Scènes de chasse. Bataille de Marengo) et à ses spirituels dessins sur les Incroyables, les Merveil' teiises et les divers ridicules du temps.
Le paysage. La peinture d'animaux. — En même temps, Valenciennes (1750-1819) faisait dans la peinture de paysage une réforme analogue à celle de David, mais ici bien moins heureuse. Cependant il remettait en grand honneur ce genre de peinture que le goût dominant du classique aurait j)u faire abandonner, et forma de nombreux élèves, parmi lesquels François- Victor Bertin (1775- 1842). De l'atelier de Berlin sont sortis Michallon (1796- 1822), Corot et un grand nombre des artistes qui orU renouvelé la peinture de paysage en France, dans une tout autre manière que celle de Valenciennes et de Bertin luimême. Le premier paysagiste du temps est de Marne (17A4-1829), qui n'a pas de si hautes visées, mais est digne des Flamands. Il introduit presque toujours dans ses compositions des animaux peints avec talent, et égale au moins à cet égard son contemporain J.-B. Ilitct (1745- 1811), qui est plus spécialement un animalier. De Marne n'a jamais eu cependant la notoriété à' Hubert Robert (1733-1808), qui a peint d'un pinceau si alerte et si spirituel les ruines romaines. Robert doit d'ailleurs en partie cette notoriété au nombre immense de ses œuvres, répandues dans tous les pays, à ses aventures, à l'amitié qui l'unit aux personnages les plus distingués du xviii*^ siècle, Visconti, Greuze, Vernet, Hall. M™^ Lebrun, Grétry,