‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 344 sur 424 · ÉCOLE ALLEMANDE · texte numérisé non relu

ÉCOLE ALLEMANDE

L'art en Allemagne depuis Holheiii. — Réveil littéraire, national et artistique de l'Allemagne. Kant. Le mouvement de 1813. — La nouvelle école allemande. Son caractère, Carstens. — Le^ phases de l'école allemande. Ses centres principaux. — L'arl religieux. Overbeck. — Cornélius. — Contemporains et successeurs de Cornélius. Paysage. Portrait. Genre. Guillaume Kaulbach. — Architecture. Sohinckel. Léon de Klenze. — Sculpture. Thorwaldsen. Rauch. Rietschei».

L'art en Allemagne depuis Holbein. — La formation de la seconde école allemande est, avec la réforme de David, le plus grand fait de l'histoire de l'art à la fin du XVIII® siècle. Depuis le milieu du xvi^ siècle il n'y avait ])lus, à vrai dire, d'école allemande. Il n'y avait eu que des artistes allemands, dont quelques-uns seulement étaient arrivés à une véritable célébrité. Au xvii® siècle, nous trouvons Donner, auteur de la foiUalne du Marché-Neuf, à Vienne; Schliiter (1062-1714), architecte du Château royal de Berlin, et sculpteur de la belle statue équestre du grand électeur Frcdéric-Guillaunie ; les portraitistes Lely (1G18- 1G80), et A-zze/Zer (1648-1723); Goltzius (1558-1617), célèbre surtout comme graveur; Rottenhanimer (1564-1623); 5'a/^(^/rar/ (1606-1688), qui a écrit en latin la vie des peintres depuis « le Lydien Gygès » jusqu'à Murillo; le peintre de chasse Ridinger; Elzhe'uner (1578- 1G20), qui, par sa recherche des effets lumineux, contribua peut-être à former le talent de Rembi-andt^. Au xviii® siècle appartiennent

1. Raczynski, t Art en Allemagne. De la Mazelière, La Peinture allemande au A7A'« s. Forster, Gesrhirhte der deutschen Kunst; Leipzig, 1851-1864. Lubke, Ilisinire de l'art en Allemagne. Les monographies de Knaclifuss. W. von SeiJlitz, Histoire des artistes allemands de Carstens à Menzel (Munich, 1893).

2. Elzlieimer, continuateur de P. Brill, eut, môme en dehors de l'Italie où il s'était fixé, une grande influence. Pierre Lastman, le maître de Rembrandt, fut •on élève.

Peyre. — Uist. des B.-Arts. 40

Denner (1685-1749), Diétrich (1712-1774), Roos (1655-1705) et Raphaël Mengs (1728-1779), le premier artiste allemand qui, dej)uis Holbein (après deux siècles), obtienne une renommée européenne. Angélica Kauffmann (1741- 1807), musicienne et peintre, a, dans ses portraits surtout, un sentiment et une grâce qui la rapprochent de M™^ Lebrun [Mort de Vinci, St Louis à Goire, Portrait de l'artiste à Florence). Sa beauté et ses malheurs l'ont également recommandée auprès de la postérité.

Réveil littéraire, national et artistique de l'Allemagne. Kant. Le mouvement de 1813. — Cependant un grand mouvement intellectuel agite déjà l'Allemagne. Le génie national sent sa force et regrette le joug que lui impose l'imitation servile de l'étranger. Plusieurs des grands esprits qui font alors de sa littérature la première de l'Europe tournent leurs réflexions et leurs travaux du côté des choses de l'art. La critique précède les œuvres d'art et les appelle. L'appel ne pouvait manquer d'être entendu. La philosophie de Kant élève les âmes. L'unité de la langue, manifestée avec éclat par des œuvres éminentes, donne le Gentiment de l'unité nationale, dans une gloire commune à tous les pays allemands : l'unité intellectuelle prépare l'unité politique. D'autre part, bientôt après, les idées de la Révolution française qui se répandent au delà du Rhin et que l'Allemagne tournera bientôt contre nous, plus encore la grande lutte de 1813 contribuent à exalter et à fortifier les esprits. Vers 1820, l'école allemande, reconstituée, occupe une place considérable dans l'art européen. Mais elle a gardé toujours quelque chose de son origine littéraire et philosophique, de ce qu'elle a eu de réfléchi plutôt que de spontané, d'intellectuel plutôt que de jUastique. Le signal de cette rénovation devait partir des pays Scandinaves.

La nouvelle école allemande. Son caractère. Carstens. Le romantisme. — Le peintre Carstens et le sculp-

Page 1