‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 346 sur 424 · CARACTERE DE L'ECOLE ALLEMANDE TL · texte numérisé non relu

CARACTERE DE L'ECOLE ALLEMANDE TL

Fig. 268. — Guillaume de Kaulbach. — La tradition (escalier du musée de Berlin)-

s'occupe davantage de la partie technique, de la couleur et du pittoresque. Les principales écoles qui se constituent d'abord en Allemagne, sont celles de Munich et de Dusseldorf, auxquelles on peut ajouter Dresde et Berlin; Munich surtout, que Louis I" de Bavière remplit de monuments de toute espèce.

L'art religieux. Overbeck. — Mais Rome réunit d'abord la plupart des peintres qui vont faire la réputation des écoles allemandes. Overbeck (1789-1869) inaugure la seconde phase dont nous venons de parler. Il forma, dans le couvent de Saint-Isidore, une école romantique où se groupèrent maints artistes qui devaient cependant conserver leur originalité et la dévolopper en sens divers, Cornélius, Veit, Schadow, Vogel, Schnorr. Overbeck, étudiant avant tout l'expression du sentiment religieux, se passionne d'abord exclusivement pour les artistes antérieurs à Léonard et à Raphaël. Il risque ainsi, malgré sa sincérité, de jeter l'art dans une convention aussi dangereuse que celle qu'il combat, et de le faire tomber dans l'aflectation de la simplicité et de l'archaïsme. Gœthe s'alarme avec raison. Ce sacrifice volontaire de la beauté des formes, pour un but soi-disant moral, ne pouvait convenir à l'homme qui disait : « Qu'on mette devant mes yeux le Jupiter Olympien, et j'en deviendrai meilleur. » Heureusement (\\\! Overbeck lui-même, par le développement naturel de son talent, devait se rapprocher de plus en plu& de Raphaël, comme le montre, par exemple, sa Mise au tombeau.

Cornélius. — Overbeck n'avait pas quitté Rome depuis 1810. Il n'en fut pas de même de Cornélius (1787-1867). Né à Dusseldorf en 1787, il avait déjà peint, à dix-neuf ans, la Coupole de Neuss et illustré Faust avant de se rendre en Italie, où il travailla entre autres aux fresques de la villa Massimi sur la Jérusalem délivrée, et peignit Y Histoire de Joseph dans le palais de l'ambassadeur de Prusse, tout e»

OVERBEGK. — CORNELIUS — KAULBACH 7lS

illustrant les Niehelungen. Il revint dès 1819 à Munich et fut en même temps directeur de l'Académie de Dusseldorf, puis de celle de Berlin. Il donna les dessins d'un grand nombre de compositions qu'il n'exécuta pas luimême, et l'ensemble de ses œuvres est un des exemples le& plus remarquables de la variété des sujets qu'aborde alorsr la grande peinture allemande. A Munich il décore la salle des Dieux et la salle de Troie, àe la Glyptothèque; à la Pinacothèque, il résume dans les vingt-cinq « nouvelles loges », V Histoire de la peinture jusqu'à Rembrandt et Poussin ; à l'église Saint-Louis, il peint le Jugement der^ nier et le Crucifiement. A Berlin, il exécute ses célèbres fresque du Gampo-Santo [Les Cavaliers de C Apocalypse).

Contemporains et successeurs de Cornélius. Portrait. Genre. Paysage. Guillaume de Kaulbach. — A côté de Cornélius, l'Allemagne présente un grand nombre de talents distingués . F. G. Schadow (1789-1862) i, qui le remplace à Dusseldorf en 1826, pendant que Schnorr de Karolsfeld [119^-1812) prend le premier rang à Munich (salles des Niehelungen au Pal. Royal); puis Ph. Veit (1793-1878), H. M. von Hess (1798-1863), Rethel (1816- 59), Mintrop (1814-1870), Ittenbach, Fuhrich (1800-61), Begas (1794-1854), Bendemann , Lessing (1808-80), Schraudolf, Steinle^ Preller, Riedel, Hermann. Dans le' paysage, Schirmer (1807-61), Hotmann, Koch,Zimmermanny Fries, s'inspirent de Poussin et de la nature italienne.

Cependant, une école plus pittoresque s'était formée avec les peintres de genre : Knauss, Meyerheim, Hascnclever (1818-53), M. Scluvind (1804-71), Feuerbach (1829- 80), les portraitistes Ric/iter, Magnus, Winterhalter qui travaille surtout en France; les paysagistes André et Oswald Achenbach^ Leu, Biermann,\e Norvégien Gude, Ed. Hildebrandt (1818-68), qui visita toutes les parties du

1. F. G. Schadow, second fils du sculpteur, a laissé des Mémoires en allemand et UQ écrit en français sur Y Influence du christianisme dans la peinture.

monde et en a rapporté des tableaux ; l'animalier Kruger, Un nom domine tous les autres : celui de G. de Kaulbach (1805-74). Kaulbach égale la puissance de composition de Cornélius dans ses belles synthèses historiques et ses allégories de l'escalier du musée de Berlin [Bataille des Huns, Dispersion des peuples, l'Age de la réforniationy VHistoire, la Tradition), et il l'emporte par l'exécution. Il montre un rare talent d'observation dans ses œuvres telles que sa Maison de fous, est naïf, poétique ou touchant dans ses scènes familières, dans ses sujets empruntés à Faust et à Hermann et Dorothée. Avec lui citons Piloiy, And. MuUer^ Folz, Adam, Fréd. de Kaulbacli, Adam, Eug, Hess, qui travaillent pour le Maximilianeum de Munich; Genelli Bohn, StefJ'eck, Horschelt, Schrader, Th. Hildebrandt (f 1874, Enfants d' Edouard), F. Dietz, surtout Menzel, et dans les pays autrichiens, Blaas, Wursinger, Friedlander , Engerth, Sigismond C Allemand, Madaraz.

Architecture. Schinckel. L. de Klenze. — Schincket (1781-1841), qui s'occupa aussi de peinture monumentale, est surtout célèbre comme architecte. Passionné pour l'art antique, il cherche à s'inspirer des Grecs sans les copier [théâtre et musée de Berlin). A Munich domine Léon de Klenze, élève de Percier et chef de l'école éclectique (1784-1864). La Ghjptothèque est classique grecque; lo Palais du Roi, florentin du xv® siècle ; V église de Tous-les- Saints, byzantine; X Entrepôt, vénitien. D'autres constructions sont gothiques. Le T1^a//ia//a (panthéon germanique), près Piatisbonne, présente un temple du temps de Périclès sur substructions cyclopéennes. La faveur qui revient au gothique fait décider l'achèvement de la cathédrale de Cologne sous la direction de Zivirner. Parmi les architectes plus modernes nous citerons Zanth, Ferstel, Schmidt. Hasenauer, Hansen, Hlavka, Cremer, Strack, Schmitz

Sculpture. Thorwaldsen. Rauch. RietscheL — Les diverses constructions ainsi que les diverses statues qu'on

KLENZE. — THORDWALDSEN. — RAUGH 717

élève aux hcxos de la guerre de l'indépendance donnent à l'activité des sculpteurs allemands un champ qu'ils sont capables de remplir. La sculpture allemande prend alors la première place aprp« la France, avec les contempora'ns

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