L'AQUARELLE
fons, enjoignant aux purs paysagistes les peintres de la vie rurale, d'abord les chefs de l'école préraphaélite : Linnel, Hunt^ Tennant et Millais ^ ; puis Hook, Brett, Leader^ Edwards, Vicat-Cole, Morgan^ Prinsep, Ansdell, Parsons, Murray^ H. W. Davis^ enfin Moore, un des premiers peintres de marine du siècle. L'aquarelle prend une importance telle, qu'elle lutte avec la peinture à l'huile dès la fin duxviii« s. : Sandhy (1725-1809), Hearne {il^k- 1817), Dayes (f 1804), Gertin, Cox, Hills et s\xv\0Vi\.Fieldirig (1787-1855) comptent avec raison parmi les premiers paysagistes de l'Angleterre. Fielding obtint à Paris en 1824 une médaille d'or malgré le peu de faveur qu'avaient alors les genres secondaires. Il rappelle Turner, qui fut aussi un merveilleux aquarelliste. Les Anglais les premiers ont fait de véritables tableaux à l'aquarelle. Tandis que W.-H. Hunt reproduit les scènes de la vie anglaise; Lewis avec un grand éclat la vie de l'Espagne et de l'Orient; Cattermolle, dans une facture plus libre, se rapprochant de l'aquarelle française, représente les scènes du moyen âge et du xvi* s. Après ces maîtres viennent Tayler, Nash, Ha^lie, Wells, Barret^ Prout, Aumônier^ East, Keene, etc., sans parler d'un bon nombre des peintres déjà nommés qui ont cultivé l'aquarelle aussi bien que la peiAture à l'huile.
Italie. Canova. Dupré. — Tandis que l'Angleterre se faisait ainsi, quoique la dernière venue, une si belle place dans les arts, la peinture italienne au commencement du
1. Les botanistes ont pu classer scientifiquement les plantes de leurs paysage» ant est grande leur exactitude, suivant le pays et la saison. — Un côté intéressant Je l'art anglais, c'est le rôle que jouent les critiques ^Rossetti, Rsskin) et les ;. glands seigneurs tels que lord Bcaumont, lui-même peintre distingué. Ce soai «ussi les aventures des artistes eux-mêmes. La mort mystérieuse de Turner, le suicide de Havdon, passionnèrent à bon droit la curiosité publique. Mais on rencontrerait difficilement une existence plus extraordinaire que celle de cet ami de Lawrence, de ce Thomas Waine^right, peintre et collectionneur remarquable, critique autorisé, qui fut un des « lions » delà jociété anglaise de son temps et qui, « menant de front avec ses occupations artistiques et mondaines la pratique pour .ainsi dire constante de l'assassinat n, fut le dilettante du crime. (Wysewa, Lawrence, Gaz. des B.-A., 1892). Le roman de Bulwer, Lucietia ou k Fils de la nuit. «emble inspiré des aventures de ^Vaine■w•^ight.
siècle existait à peine, malgré Appiani (1754-1818), qui a peint les Victoires de Napoléon au palais royal de Milan, malgré Camuccini (1773-1844), auteur de la Mort de César ^ malgré Benvenuti (1769-1849), quoique ce dernier se montre un fort brillant décorateur [coupole de la chapelle des Médicis à S. Lorenzo, salon d'Hercule à Pitti). Mais l'Italie pouvait se vanter de posséder le plus célèbre sculpteur de l'Europe, Canova, auquel la sculpture allemande renaissante dut beaucoup, et qui eut aussi quelque influence sur la sculpture française. Canova (1757-1822) manque de force, mais il a le sentiment sérieux de l'art; il est noble, correct, souvent ému. Il donne au marbre une grâce et une souplesse rares {C Amour et Psyché, la Madeleine, Hercule lançant Lycas à la mer^ Terpsichore, tombeaux de Clément Xf II et d'Alfieri). Ses disciples immédiats, BartoUni (1776-1850, Vlnaonsolable, Campo-Santo de Pise ; Charité, Pitti), Tenerani (1800-1869, Psyché), prouvent qu'on aurait tort de le rendre directement responsable de la mollesse affadie et des puérilités d'exécution qui ont réduit depuis tant de sculpteurs italiens au simple rôle de virtuoses et d'exécuteurs de tours de force. Depuis Ganova, en somme, la sculpture italienne a toujours conservé un rang honorable avec Cacciatore et Albertoni (sculptures à Hautecombe), Fabris [tombeau de Canova à S. Zanipolo, Venise), Fraccaroli [Achille), Fedi [Enlèvement de Polyxène, Florence), surtout Dupré. Dupré a alfirmé son talent dans des œuvres de caractères fort divers, mais toujours d'une véritable élévation : \a. Science au Campo-Santo de. Pise; la Pieta, exposée à Paris en 1867; le monument de Cavour, à Turin. Dupré nous conduit jusque dans la seconde partie du xix® s. Là, les talents remarquables deviennent beaucoup plus nombreux, malgré la persistance et parfois l'exagération des défauts que nous signalions plus haut. Ces défauts ont contribué à donner à la sculpture italienne, à la suite de
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nos expositions universelles, une popularité de mauvaisaloi, qui a provoqué d'autre part des jugements trop sévères. Car, au milieu de ces erreurs trop générales, il y a bon nombre de véritables sculpteurs en Italie.