LES PEINTRES DE L'ITALIE. L. ROBERT
également élèves de Lyon, et dans Gronland. Jacobber (1786- 1863), qu'on opposa à Saint-Jean, est plus lourd et d'un coloria moins juste.
La peinture de marine cite Gudin (1802-80), bien inégal, bien mauvais parfois, mais qui a fait sentir par son pinceau la lourdeur, la force d'impulsion et la profondeur des grandes vagues du large comme on ne l'avait pas fait avant lui, Eugène Isabey (1803-86), fils du miniaturiste, qui y introduit sa touche vive, spirituelle et exacte, ainsi que la verve de ses brillante» scènes historiques, de ses tableaux rustiques et de ses aquarelles, Mozin, Lepoittevin (1806-70; le Vengeur), Tanneur, Morel-Fatio, Henri Place, Durand-Brager, Aiguier.
Les peintres de l'Italie. Léopold Robert. — Un groupe d'artistes passionnés pour l'Italie alla y chercher autre chose que son passé, et nous représenta l'Italie elle-même^ avec sa population de paysans et de pêcheurs. Léopold Robert consacra tout son talent à ces sujets [la Fête de^ la madone de VArc, les Pêcheurs de l'Adriatique). Schnetz (1786-1880) leur dut ses meilleurs succès [Vlnondation, le Vœu à la madone). Hébert (1817) y a ajouté une poésie mélancolique et un style très élevé {la Malaria, les Filles d'Ahito). Dans son tableau intitulé le Repos ^ Henri Lehmann (1814-82), l'auteur des Océanides, l'auteur des peintures de la salle du trône au Luxembourg (deux grands sujets synoptiques sur l'histoire de France) et de la salle des fêtes à l'ancien hôtel de ville, se montre leur émulée
Portraitistes. — Lehmann, ainsi o^ Aniaury-Duval, a. fait de beaux portraits dans un sentiment analogue à celui de Flandrin (Monseigneur Darboy, M"^® Arsène Houssaye). Bonnegrace (1812-82), Champmartin ont moins de style et plus de fermeté. Pérignon (1806-82), Claude- Marie Dubufe (1789-1864) et son fils Edouard D. (1819-83),
1. Né à la Chaux-de-Fonds en 1794, L. Robert se suicida à Venise en 1835 (voir le salon de 1836 par Al. de Musset). Léopold Robert avait eu des prédéceseeurs comme Pli. VU-u^-els (16G9-IT3T). On peut joindre à son groupe Elzidor l\'ai^€or. et Bodiiiier, ani a laissé une bonne iJartie de ses oeuvres au musée d'Angers»
Winterhalter (1806-73) jouissent de la vogue mondaine et peignent les femmes à la mode. Ils sont aujourd'hui trop dédaignés*.
Gustave Ricard (1823-73), un peu oublié aussi, voit au contraire sa réputation renaître et c'est justice. Car il joint à une interprétation sérieuse et élégante du modèle un coloris qui dénote l'étude de Titien et de Rembrandt. Le public l'estimerait davantage s'il connaissait le plafond qu'il a peint chez le duc de Chartres.
Pastellistes et miniaturistes. — Le pastel, poétique et sentimental avec Vidal^ mondain avec Gratia et Broc/iard, d'une couleur brillante avec Tourneux ^ est plus sobre et plus ferme avec Galbrun. Le peintre verrier Maréchal (1800-70), comme l'avait déjà fait Callet, exécute par ce procédé de grands tableaux [Galilée). La miniature, qui n'est encore que médiocrement menacée par la photographie naissante, compte des artistes remarquables lels que Duchesne (1770-1856; portraits de la famille royale d'Orléans), Maxime David (1798-1870; portraits d'Abd-el- Kader), Rochard (1788-1872), .¥«"« de Mirbel (1796-1849), Ai"« Juliette de Bourges, M^^"" Mutel^ M™® Monvoisin (née Domenica Festa), J.-B. liesse (1781-1849), de Pommayrac (1810-80), Passot, Meuret et surtout iV/""« Herbelin (1820- 1904).
Horace Vernet et la peinture militaire. Raffet, Charlet. Le musée de Versailles. — En dehors des luîtes
de doctrines, Horace Vernet et Paul Delaroche durent à il'ensenible de leurs qualités et à leur conformité de goût avec la moyenne du public une réputation qui se maintint longtemps sans orage, mais qu'ils devaient payer plus tard par un dédain peu justifié. Horace Vernet (1789-1863), fils de Carie Vernet et petit-lils de Joseph Vernet, n'a pas dans
1. Nous croyons cependant que Winlerhalter revient en faveur auprèi dei • rtistes. Il ne faut pas oublier qu'Edouard Dubufe a fait aussi des œuvres consi' dérables (le Contres de Paris, 1856. et le grand triptyque de l'Enfant prodigue).
PEINTURE MILITAIRE. HORACE VERNET 757 ses batailles le sentiment éj)ique de Gros, que l'on retrouve dans le dessinateur Raffet (1804-1860), dont de simples lithographies, le Dernier carré, la Rei-ue. nocturne, sont
vraiment de grandes œuvres; il n'a pas la pénétration psychologique de C/jar/e? (1792-1845) pour rendre la physionomie du troupier. Mais combien pourrait-on nommer de
1. Gravure extraite de Napoléon et son temps, par R. Peyra (DiJot, édil.).
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peintres militaires qui lui soient supérieurs? Où trourei une exécution plus spirituelle et, dans ses meilleure» œuvres, une composition plus habile et plus claire? N'oublions pas que, lors de l'exposition universelle de 1855, les artistes étrangers les plus éminenls admirèrent surtout en lui la qualité qu'on lui a souvent le plus obstinément refusée, l'originalité ^ Le musée de Versailles, consacré par Louis-Philippe, en 1837, à toutes les gloires de la. France, ouvrait une vaste carrière à la peinture de bataille. Après H. Vernet les peintres qui se distinguèrent le plusà Versailles furent Bouchot (1800-42), auteur de la Bataille de Zurich, du 18 Brumaire qui a été transporté au Louvre, des Funérailles de Marceau, au musée de Chartres, et de Bonaparte franchissant le col de Cadibona; Schnetz [Bat. d'Ascalon et de Rocroy); Léon Cogniet [Valmy); Philippoteaux [Rivoli)\ L. Couder qui n'a pas à se plaindre d'aborder après les sujets antiques des sujets modernes (Za«'feld,, le Serment du jeu de paume), Charles Larivière (1798-1876; le Siège de Rhodes]; Steuben (1788-56; Ivry);. Alaux (1786-1864; Denain); H. Lecomte, Gosse, Franque,. V. Adam (1801-66), Penguilly {Combat des Trente). Hipp. Bellangé (1800-66), auteur de la Bataille de Wagram (Versailles) et de la Charge de Kellermann à Marengo (musée de Rouen), s'est surtout distingué comme peintre d'anecdotes militaires [les Deux Amis, le Salut d"* adieu).
Paul Delaroche. Meissonier. Peinture de genre. — Paul Delaroche (1797-1856) s'est aussi essayé dans la peinture militaire [Prise du Trocadéro^ Charlemagne franchissant les Alpes). Mais on retiendra surtout son nom à. cause de V Hémicycle de V École des beaux-arts, où il a réuni dans une Assemblée idéale les artistes célèbres de tous les
1. OEuvres caractéristiques d'H. Vernet : Moncey a la barrière de Clichy, Assaui de Constaniine, IVai^ram, la Smalah, Bouvines ; Fontenoy, son chef-d'œuvre ; le Chien du régiment, le Cheval du trompette, Raphaël et Michel-Ange, scènes de brigands romains, portrait du frire Philippe. Il a un des premiers traité les scènes bibliquesen manicre d'orientales (Juc/à/i, Eliezer et Eebecca).