B. LEPAGE. BRETON. MILLET. LHERMITTE
Luxembourg) et René Gilbert {Portrait de femme, ibid.) seml)lenl. s'être inspirés de lui. Nélie Jacquemart (M™^ André) hiltede solidité avec les pinceaux les plus masculins : le Maréchal Canrohert, M^^^ G. Breton. Dans un style spécialement mondain Chaplin (1825-98) s'est montré supérieur à Dubufe et Winterhalter en ajoutant, à toutes les heureuses dispositions dans les ajustements d'une mondanité raffinée, la franchise des tons (spécialement pour les tons de chair) qui assure à ses <xuvres une grande durée. On le mettra sans doute sur le même rang que le peintre du xyiii^ siècle Nattier, qui, dans les dernières ventes, a obtenu un grand regain de succès. Tout récemment deux peintres déjà justement estimés, Ferrier^ l'auteur de Ganymède et de Sainte AgnèSy Morot, l'auteur de l'excellent tableau dn Bon Samaritain et que nous retrou veverous aux peintres militaires, se sont placés, comme sans effort, au premier rang grâce à des portraits qui, par la conscience dans l'étude extérieure et morale du personnage et par leur tenue générale, retiennent le regard et se fixent dans le souvenir comme des œuvres qui ont déjà subi Tépreuve du temps. Citons encore £rn. Laurent, Bordes, Baschet, Comene^ Rixens, Picard, Courtois, Mathej, Capdevielle, Aman Jean, Blanche, Etcheverry qui conserve les caractères bien vivants de &es portraits dans ses scènes mondaines, J/i^^s Caroline et Rosalie Thévenin, if^® Schneider, M"^^^ Beaury-Sorel, Guyon, Delacroix- G arnier,Bourillon-Tournay, M'Sl.Desvallières, petitiils de Legouvé, Boulet de Momel^, La Gandara, P, Chabns, Schry.'er, Granié, Renard, Avigdor, Quinsac, Woog, G. Lavergnc. Cot (1837-1883), Machard (1839-1900), Jalahert (1819-1903) se rattachent à Cabanel dans leurs portraits comme dans leurs tableaux. Jalabert se surpasse dans le portrait de la reine Amélie (Chantilly) et a un émule dans son élève Saint-Pierre. Mais, de tous les portraits parus entre 1855 et 1900, quelque brillants, quelque séduisants ou puissants qu'ils aient élé,
1. Boutet de Monve], dans sa seconde manière, s<.s.t nionlré un des plus habiles jiarnii les pciatres qui réagissent à outrance contre les empàt-.ments, couvrent une toiieavec rien au point d'en laisser partout apparaître le j;rain et n'en donnent pas moins une impression précise et complète. Houtet de Monvcl a fait aussi dos paysa- 4rcs, des tableaux de genre et est plus connu encore par ses albums enfanlins. Ern. Laurent se montre aussi délicat dans son exécutioa du meilluur imprcs&ioaeiisme que dans l'expression de .ses modèles.
aucun ne peut être mis au-dessus et (chose à noter à l'honneur du public français) aucun n'a eu plus de succès que les dernières œuvres d'Hippolyte Flandrin, œuvres plutôt sévères et d'une psychologie profonde, telles que Napoléon III et plus encore /U"^ de Mackaii, peinture consacrée dès le Salon de 1859 sous le nom de la Jeune fille à l'œillet. Ce fut comme une nouvelle auréole pour la mémoire du grand artiste que la faveur qui accueillit les portraits peints parle sculpteur Paiil Dubois {Mes fils, Salon de 1876). Le plus bel éloge qu'on crut pouvoir en faire, ce fut de les comparer à ceux de Flandrin, « modernes par le caractère, classiques par l'interprétation sobre, élevée et vivante ».
Une forme de portrait assez dédaignée naguère, le portrait de petite dimension, a repris faveur. François Flameng, connu d'autre part par ses scènes militaires et ses peintures de la Sorbonne, y concentre mieux son talent que dans ses portraits d'apparat. Weertz et Friant ont souvent abandonné pour eux les grandes toiles et sont devenus des spécialistes du genre. Hébert, dans sa vieillesse infatigable, y a mis toute la personnelle et pénétrante poésie de ses œuvres de jeunesse.
Peintres de la vie rurale et populaire. Bastien Lepage, Millet, Breton, Lhermitte, Roll, Brion, etc. — Mais ils restent encore assez loin de Bastien Lepage (1848-1884) qui, quoique arrêté par une mort prématurée, avait pu donner sa mesure dans le prince de Galles et Sarah Bernhardi, deux petits chefs-d'œuvre. B. Lepage a fait des œuvres d'un égaî talent et d'une portée plus générale dans des peintures de grandeur naturelle se rapportant à la vie rurale : les Foins (musée du Luxembourg), la Bergère Jeanne d'Arc écoutant les voix (musée de New-York), qui est une pastorale héroïque.
La sincérité et la fermeté des convictions, l'amour profond et désintéressé de la vie des champs qu'il avait menée jusqu'à l'âge de vingt ans, la grandeur simple du dessin, l'impression directe de la lumière, Tadmiration naïve, le culte, pourrait-on dire, de la nature dans ses moindres manifestations, chose rare dans nos civilisations compliquées, donnent aux tableaux de François Millet^, quelque sujet qu'il traite, une sorte de
1 >'é à Grévillc, près de Cherbourg (1814), se fixa en 1848 à Barbizon, où i) mourut eD 1875.