M. - ORIGINES DE L'ART GREC
Art primitif. — Les Pélasges. — Art mycéno-crétois.
— Les Pélasges qui occupèrent primitivement la Grèce et l'Italie y ont laissé des monuments ^ qui témoignent encore de leur puissance. Quoique les palais mycéniens
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OU égéens aient été bâtis en terre ou en bois, plusieurs constructions contemporaines sont exclusivement en pierre. Les plus anciennes sont formées d'énormes blocs irréguliers, à peu près bruts, assemblés sans ciment; les trous sont bouchés tant bien que mal par des
1. Eq Grèce on les appelle aussi monuments cyclopéens, du nom de« Ugcndaires Cyclopes, auxquels ont les attribuait.
pierres plus petites. C'est ce que l'on voit dans les ruines de Tyrinthe^ avec ses murailles de quinze mètres de largeur et ses galeries disposées dans l'épaisseur des murs. Une construction plus soignée, des blocs aussi grands, mais de forme polygonale, bien ajustés et taillés de manière a présenter une surface unie, marquent la date plus récente des murs de Mycènes et Orchomène.
Plus tard encore apparaissent des constructions en pierres à peu près rectangulaires, mais non de hauteur égale. Puis on vit des assises régulières de pierres bien taillées sur leurs faces horizontales et de même hauteur, mais les joints dans le sens de la hauteur ne sont ni verticaux ni même parallèles entre eux. Ce dernier progrès ne sera généralisé que par l'art hellénique.
Les plus célèbres monuments pélasgiques sont les deux trésors de Mycènes, constructions composées d'assises de maçonnerie circulaires de plus en plus étroites, superposées horizontalement de manière à former une espèce de voûte, et la porte des Lions, ainsi appelée des deux lions sculptés qui la décorent et dont les têtes, aujourd'hui disparues, étaient probablement de bronze. Il fallait les illusions du patriotisme pour comparer, comme Pausanias, ces essais d'une architecture primitive aux monuments égyptiens. Petit-Radel a légué, en 1836, à la Bibl. Mazarine une collection de modèles représentant les ruines des principaux monuments pélasgiques de la Grèce et de l'Italie. Les fouilles ont mis au jour aussi un grand nombre d'objets divers, poteries, armes, sarcophages, outils, appartenant à la civilisation pélasgique. Les plus anciens ont été découverts dans les îles de Santorin et de Therasia; ils y avaient été ensevelis par une éruption volcanique, par une de ces belles catastrophes chères aux archéologues, qui, en détruisant et recouvrant brusquement, à une date fixe, une ville, immobilisent toute une civilisation. L'événement eut lieu vers 2000 av. J.-C, certainement avant le xvi^ s., époque à laquelle les Phéniciens vinrent s'établir dans cette région. Il y a un air de parenté entre les objets trouvés