PALESTRINA. — LE XVII» SIÈCLE. — L'OPÉRA
sique : re n'est pas ung œuvre d'archaïsme, c'est le contraire. La fin du xvi^ et le commencement du xvii« siècle sont une période de formation. C'est alors qu'on ajoute à l'harmonie consonaute les dissonances , qui prennent enfin place dans un accord permanent : l'accord de septième dominante. La musique était dès lors distincte du plain-chant. Elle avait trouvé l'art des transitions. On a fait à ce sujet une ingénieuse comparaison : qu'on suppose une langue parlée ou écrite pendant de longs siècles sans conjonctions; quelle transformation ce sera pour elle lorsque cet élément indispensable au développement de la phrase et du style sera introduite dans le discours! Alors se constituent des genres nouveaux, les pastorales et les ballets mêlés de chant, qui aboutissent à l'opéra ; le 6 octobre 1600, au milieu des fêtes données au palais Pitti pour célébrer le mariage de Henri IV et de Marie de Médicis, on représentait Y Orfeo et Euridice du poète Rinuccini et des musiciens Péri et Caccini^. En 1607, VOrféo de Monteverde montrait les progrès accomplis et les ressources croissantes de l'harmonie. Vers le même temps, saint Philippe de Neri. fondateur des Oratoriens, introduisait dans les cérémonies religieuses des cantates accompagnées de décors et même de danses. Ces cantates rappelaient les mystères du moyen âge, qui persistaient encore d'ailleurs dans plusieurs pays. On leur donna le nom d'oratorios, parce que les premières furent exécutées à l'Oratoire de Rome. La fabrication des instruments se perfectionne avec Testori et les Amati. Crémone est déjà célèbre pour ses violons^.
Pendant tout le xvii» siècle, l'Italie domine avec Carissiini (? 1582-1672?), qui introduisit l'accompagnement instrumental dans la musique d'église; François Provenzale (1610-1680?) « d'un génie moins pur, moins parfait, mais plus profond et plus
1. Un premier essai avait eu lieu en France. En 1581, à l'occasion du mariage du duc de Joyeuse avec M"» de Vaudemont, le violoniste piémontais Balthazarini, secondé de deux musiciens français, Beaulieu et Salomon composa une pi«'ce à machines intitulée le Ballet comique de la reine, qui fut jouée, avec un luxe inouï, par des gentilshommes et des dames de la cour.
2. Les Amati, qui maintinrent leur réputation pendant tout le xvn» siècle eurent bientôt des rivaux dans les Guarnieri (xvii» et xviii» siècles). Ils furent dépassés par .Ç^ratiiVar/a^, le seul luthier dont le nom soit populaire (1664-1746). Les lutliiers de Crémone travaillaient pour des virtuoses dignes d'eux: Tartini (1692-1778), Veracini (mort en 1750).
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varié));J/.5/rafieZZa(1645-1681)plu8 connu encore par ses tragiques aventures que par ses compositions. Z/wZ/t (1632-1687), qui fonda en France l'Académie royale de musique. Lulli est, à vrai dire, plutôt Français qu'Italien, car il vint en France dès l'âge de quinze ans. Mais ill'emporta sur les musiciens français d'origine jusqu'à Rameau, malgré les succès qu'obtinrent au théâtre Cambert, Charpentier (1634-1702), Mouret (1682-1739), Des- <0ttcAe5 (1672-1 749), Campra (1660-1744), et dansla musique religieuse Campra encore, Lalande, les Coiiperin, H. Dumont (1620-1684), qui,danssa3/e55erojrt/e, rapj)rocbale plain-chant de la musique moderne. Pendant ce temps, l'Italie ne cesse de faire des progrès pour l'harmonie,l'orchestration, l'expression et laforme musicale, aussi bien dans la musique religieuse que dans la musique théâtrale et la musique purement instrumentale, avec Traetta (\121- 1779), Alexandre Scarlatti (1650-1725), Uo (1694-1756), Durante (1693-1745), Porpora (1687-1767), Marcello (1686-1739), qui occupa des magistratures importantes à Venise, sa Pig.ass. — Ran>'«a. patrie. Sauf Marcello, tous les autres musiciens que nous venons de ciier sont originaires de l'Italie méridionale. Le royaume de Naples, qui, dans la peinture, n'a que médiocrement contribué à la gloire artistique de l'Italie, prend au contraire la première place pour la musique.
Prépondérance de l'Allemagne. La musique moderne. Première époque : les fondateurs : J.-S. Bach, Haendel, Rameau. — Mais l'Italie est bientôt atteinte et dépassée par un pays qui jusque-là n'avait occupé dans la musique européenne qu'un rang secondaire, par l'Allemagne, où la musique était devenue de plus en plus populaire avec la Réforme et les chorals de Luther. Hsendel ei Jean-Sébastien Bach, nés tous deux la même année (1685) en pays saxon, le premier à Halle, le second à Eisenach, sont, avec le Français Rameau^ né à Dijon en 1689, les fondateurs de l'art moderne.
Rameau, mort en 1764, réussit surtout dans l'opéra (Ilippolyte et Aricie, Dardaîius, Castor et Pollux), et peut être considéré comme l'inventeur des lois de l'harmonie par sa théorie de la basse fondamentale et des harmoniques, qui a bien pu