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LES FONDATEURS : BACH, H^NDEL, RAMEAU

être attaquée sur quelques points, mais n'en est pas moiat

une grande découverte.

Hxndel s'établit en Angleteire en 1712 et y mourut en 1759 Malgré le succès de son opéra de Rinaldo, il déploie surtout son génie dans l'oratorio ou la cantate. La Fête d'Alexandre, Judas Macchabée , le Messie, Jephté, qu'il écrivit (1751) étant aveugle, donnèrent à la musique une ampleur de style, une puissance dramatique qu'elle n'avait pas connues et qui atteignent parfois le sublime, comme dans V Alléluia du Messie. Bach (m. en 1750) l'emporte cependant sur lui. On ne saurait trouver un génie qui ait plus mérité d'être appelé créateur. Nul n'a jeté dans le monde un plus grand nombre d'idées et ne les a mises en œuvre avec une science plus sûre, plus profonde, et d'autant plus admirable qu'il créait le plus souvent cette science qu'il appliquait. Ses messes, ses cantates, ses pièces pour c'nant, pour orchestre, pour orgue, pour clavecin et pour instruments divers, sont une mine inépuisable Fier 28^ — Havdu °" sont rassemblées, du moins en germe, presque toutes les formes musicales que l'avenir n'aura qu'à développer. Il fut plus admiré quétudié do ses successeurs immédiats; mais c'est à lui que Mozart se rattache, et il domine encore la musique moderne. J.-S. Bach a été le membre le plus illustre d'une race de musiciens qui a tenu pendant plus de deux cents ans sa place dans l'histoire musicale de l'Allemagne. Tous les ans iU se réunissuieut à jour fixe, et l'on pouvait compter parfois autour de la table de famille plus de cent musiciens du nom de Bach.

Deuxième époque : Haydn et Gluck. — L'impulsion est telle que quelques années suffisent pour amener des progrès nouveaux dignes de marquer une époque de plus dans l'histoire de la musique. Lorsque Bach mourut, Haydn avait dixhuit ans; Gluck en avait trente-six.

Joseph Haydn (1732-1809); auteur d'oratorios célèbres [la Création^, 1799, et les Saisons), a surtout pour titre d'avoir

1. Oa jouait pour la première fois à l'opéra d« Paris la Création d'Hayda,

constitué définitivement la grande symphonie d'orchestre. On ne cessera d'admirer en lui, pour emprunter les expressions de M. Lavoix, « la grâce et la naïveté de la mélodie, une science profonde du développement, qui reste toujours d'une clarté lumineuse, et cette sérénité exempte de froideur » qui est la marque particulière de ce génie aimable et fécond entre tous*.

Au moment où Haydn constituait la symphonie, Christophe Gluck (1714-1787) achevait de constituer le drame lyrique.

La musique théâtrale avait eu pour patrie d'origine l'Italie; c'est là qu'elle avait reçu d'abord ses développements, ses perfectionnements, qui s'étaient répandus ensuite dans le reste de l'Europe. A l'osera serm était venu s'ajouter V opéra huffa, qui, en 1730, produit un chef-d'œuvre avec la Ser\a padrona de Pergolèse, mort six ans après, à l'âge de vingt-six ans. Mais à cette date l'opéra séria était devenu en* Italie un simple prétexte à faire valoir la virtuosité des chanteurs. Une grâce facile, de la tendresse plutôt que de la passion, c'est tout ce qu'on lui demandait, et l'on faisait souvent p. jq-

eervir les mêmes airs à des situations et à des personnages différents. C'était plutôt mauvais goût du public que défaut d'inspiration chez les musiciens. On sait en etfet ce que Pergolèse a mis d'émotion profonde daas son Stabat et dans certaines de ses mélodies, telles que Tre Giorni. On trouve beaucoup d'élévation daus plusieurs œuvres de musique religieuse de ce temps, et Joïnelli (1714-1774) a su en mettre même dans ses opéras.

Mais, d'une manière générale, l'opéra n'était plus qu'un art

lorsque éclata la machine infernale, lo 3 nivôse an IX (24 décembre 1800). La représentation sur un théâtre brillant d'une œuvre aussi sévéri!, et cela si peu de temps après sa représtMitalion en Allemagne, montre combien, quoi qu'où en ait dit, le goût musical était déjà formé en France.

1. On compte de lui plus de huit cents compositions de tout genre (dont ^^ngl et un opéras). Il a eu des précurseurs dans la symphonie, entre autres Wranitsky, qui est beaucoup trop oublié et dont quelques œuvres ne sont pas indigues de la Chasse, de la Symphonie militaire ou de la Symphonie de U. reine.

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