‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 383 sur 424 · MOZART. BEETHOVEN · texte numérisé non relu

MOZART. BEETHOVEN

quiem^ qui fut exécuté à ses funérailles. Dans cetto vie si courte, il avait composé plus de six cent vingt-six œuvres, dont vingt-trois opéras et quarante-neuf symphonies. Dans la symphonie, Mozart n'a peut-être pas dépassé Haydn; mais il y apporte plus de largeur et plus de puissance expressive, "omme dans les Symphonies en ut majeur [Jupiter, op. 34), en mi bémol (op. 48) et en sol mineur (op. 45), la plus belle. • Quatrième époque : Beethoven. — Mozart occuperait une

place plus considérable dans la musique symphonique si Beethoven ne l'avait pas suivi de si près. Ludmg Van Beethoven (Bonn, 17 décembre 1770 — Vienne, 26 mars 1827) est non seulement le plus grand des musiciens, mais un des plus grands génies de l'humanité. « Quand on excelle dans son art, a dit La Bruyère, et qu'on lui donne toute la perfection dont on est capable, l'on en sort en quelque manière et l'on s'égale à ce qu'il y a de plus noble et de plus relevé. » Nul n'a eu à un égal degré l'émotion pénétrante et la force, la richesse et l'élévation, la puissance de l'ensemble et la perfeclion du détail. Nul n'a su donner comme lui la majesté aussi bien que la vie et la passion aux voix de l'orchestre. Qu'il s'inspire des spectacles de la nature dans sa sérénité ou ses orages ; qu'il nous fasse sentir avec des accents que nul n'a jamais atteints les douleurs de l'âme ou la gloire triomphante des héros; qu'il lui arrive parfois de sourire (scherzo de la symphonie en fa), partout oa sent une puissance qui domine tout ce qu'elle touche, partout il inspire une admiration mêlée de crainte, qui semble trop grande pour le cœur de l'homme. La Symphonie en ut majeur rappelle, en l'agrandissant, la manière d'Haydn (1800); dans la Symphonie en ré (1802), il est déjà maître de son génie ; puis il se surpasse lui-même dans la Symphonie héroïque (1804), la Symphonie en ut mineur, la plus sublime de toutes (1808), la Symphonie pastorale (1809), la Symphonie en la (1811) , sans parler des Symphonies en si bémol et en fa (1813), où il semble se reposer dans des œuvres d'un caractère plus tempéré. Il y ajoute plus tard une neuvième Symphonie avec chœur, œuvre immense, sublime, comme

1. L'année même de sa mort il avait composé, outre le Requiem, ses opéras de la Flûte enchanté* et de Titus.

la Symphonie en ut mineur, mais d'un'ensemble peut-être moins parfait. Les symphonies de Beethoven sont le dernier mol de la musique; mais son génie se montre aussi bien dans la musique religieuse (la Messe en ré, 1818-1823), dans la musique dramatique, qu'il a fort peu pratiquée (Fidelio, 1805), dans ses divers morceaux de musique de chambre, et même dans ses simples sonates. La Sonate appassionata (op. 57) est digne de la Symphonie en ut mineur. La Sonate en ré majeur (op. 28) et \ Aurore (op. 53) rappellent la Symphonie pastorale •. Beethoven eut à supporter la plus terrible épreuve qui puisse atteindre un musicien : vers 1802 il devint sourd, et composa dans cet état ses œuvres les plus belles, qu'il ne pouvait plus entendre. Après bien des luttes, il n'était plus contesté, même en dehors de l'Allemagne, et l'on commençait à le considérer comme le premier musicien de son temps, lorsque la réputation d'un jeune et brillant compositeur italien commença à franchir les Alpea.

Cinquième époque : Rossini, Weber, Schubert, Meyerbeer. — hossini avait fait représenter Tancrède en 1813, et son nom obtint bientôt une popularité avec laquelle le grand maître ne pouvait lutter. L'Italie, pendant la période précédente, avait eu, outre Piccini, Salieri et Sacchini, des musiciens comme Païsiello (1754-1816) (// Barhiere di Siviglia, Nina, la Molinara), Guglielmi (1727-1804), Cimarosa (1754- 1801), dont le Mariage secret (1792) tient sa place à côté des chefs-d'œuvre de Mozart, par la pureté de la forme et la grâce émue de l'inspiration. Mais il y avait dans Rossini (1792- 1868) une verve intarissable, un brillant, une richesse que la musique n'avait pas encore connus. Le Barbier de Séville fut son œuvre capitale dans le genre comique (7 fév. 1816). Nous voyons son talent s'élever et s'élargir successivement dans O/t'/Zo (1810), Moïse {S.2>\^), Sémirainide (1823), pour arriver en 1829 à Guillaume Tell. Guillaume Tell, parla puissance et le caract«^re de l'inspiration, semble être à l'opposé de Tancrède, qui en est cependant le point de départ. La grandeur et l'originalité des pensées, la puissance de la passion, la

1. Il a aussi sa place dans l'orientalisme musical. La Ronde des derviches, des Ruines d'Athènes, égale les plus pittoresques inspirations de F. David.

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