‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 40 sur 424 · III. — LA SCULPTURE GRECQUE; SON CARACTÈRE GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

III. — LA SCULPTURE GRECQUE; SON CARACTÈRE GÉNÉRAL

Pourquoi la sculpture est l'art grec par excellence et pourquoi les Grecs l'ont porté à la perfection. — Le sentiment du beau et le réalisme grec. — La cité. — La religion. — Les jeux gymniques et l'anatomie vivante. — Le costume. — Enseignement artistique. — Les familles d'artistes. — D'ailleurs, quel que soit le point de départ, c'est le but atteint qui importe surtout. Or les Grecs amenèrent la sculpture à sa perfection. Tout d'ailleurs devait contribuer, sans parler du génie naturel de leurs artistes, à donner à cet art en Grèce la place la plus haute . La sculpture aime la perfection limitée, l'expression dans le geste, plus que dans la physionomie, la vérité dans l'attitude, mais en tenant compte toujours de la clarté et de l'harmonie de la ligne générale. Plus que tottt autre art, elle doit songer à la beauté plastique. Or nul peuple n'y fut plus sensible que les Grecs. Nul n'eut un sentiment plus vif et plu?

désintéressé de la beauté aimée et admirée pour ellemême, et l'on peut dire qu'ils y attachaient une sorte de respect rL;ligieux.

« Hélas ! disent les vieillards troyens en voyant passer Hélène près des portes de Scées, hélas! ce n'est poiut sans raison que des peuples rivaux pour une femme si belle endurent avec constance des maux affreux ! Ses traits, sa démarche, rappellent les déesses immortelles. » Ainsi ils ne songent même pas à maudire celle qui a été pour eux la cause de tant de peines. Hs se bornent à souhaiter c qu'elle parte sur les vaisseaux des Grecs et qu'elle n'amène pas leur perte et celle de leurs enfants » . Lorsque Polyxène est frappée d'un coup mortel sur le sépulcre d'Achille, elle songe, en cet instant suprême, à rectifier les plis de sa robe, pour qu'ils ne présentent rien de disgracieux au moment où elle tomberai Philippe deCrolone, raconte Hérodote, tut vénéré comme un demi-dieu dans un temple qu'on lui éleva à Egeste, parce qu'il avait été le plus beau de ses contemporains.

La religion tout entière servait à entretenir ce sentiment. Les divinités se personnifiaient dans un idéal suprême, mais un idéal humain bien défini dans se? formes.

La mythologie des Grecs leur permettait plus facilement qu'à d'autres de donner une figure individuelle aux idées. Mais ce n'était pas là une assimilation artificielle, métaphorique, péniblement et subtilement cherchée. Sans doute la mythologie n'était pas le fétichisme; cependant elle n'était pas non plus dans l'esprit des Grecs un pur symbole. Il y avait même pour les plus sceptiques un fond de tradition religieuse et nationale qui faisait naître chez tux, en présence d'Apollon et de Minerve, une émotion réelle. La patrie et la religion étaient intimement unies.

Le Dieu était le protecteur de la cité, et les héros auxquels

i. Le poète le compare, non pas à une statue ordinaire, nuip à une statue religieuse (aYa).[X.a). Rapprocher des vers d'Euripide le récit de la mort d'Oly"»piae dans Justin (XIV, 6) et Plutarque Agis et Cleom'ene (in (ine.)

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