‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 46 sur 424 · On a trouvé à Delphes une statue de cocher en bronze · texte numérisé non relu

On a trouvé à Delphes une statue de cocher en bronze

KANAKHOS. — AGELADAS. 78

Piombino. — Agéladas. — A la suite de l'impulsion donnée par Dipoinos et Scyllis, des écoles puissantes s'étaient formées dans le Péloponèse. Sparte, qui avait déjà appelé Théodore de Sa/nos, voyait s'établir chez elle (544) le Magnésien Bathycles, auteur du trône d'or et d'ivoire de l'Apollon d'Amyclée, et devait se glorifier bientôt de Gitidias, qui lut aussi poète et architecte.

C'est encore la sculpture métallique qui est la plus heureusement et la plus fréquemment pratiquée. Elle l'est surtout avec succès à Gorinthe et à Sicyone. Gorinthe, plus que toute autre ville, était par ses deux ports en relation avec les Phéniciens, et une partie de sa population était peut-être originaire de la Phénicie ^ Le coffret de Gypsélos passait encore au temps de Pausanias pour une merveille de toreutique. Sicyone rivalise de luxe avec les grandes villes de l'Orient depuis que, sous les Orthagorides (670-570), les Ioniens y ont repris leur place et contrebalancé les éléments doriens. Le sculpteur Aristoclès de Cydo/iiey'ieniy affermir, vers l'an 550, l'influence de l'an Cretois. Son fils Cleastas, ses deux petits-fils Aristoclès le Jeune et Kanakhos, attirent des élèves nombreux de toutes les parties de la Grèce. Kanakhos passe même pour le premier sculpteur de son temps. L'Apollon de bronze du Louvre, dit Apollon de Piombino, est vraisemblablement une imitation ou une copie de son Apollon Didyméen.

Malgré l'analogie de l'attitude, cette œuvre suffit à faire voir tous les progrès réalisés depuis l'Apollon de Ténéa. C'est lie l'art archaïque encore, mais les formes sont « robustes et étudiées », dit avec raison M. Collignon. La figure est bien équilibrée, le torse modelé avec justesse : la sculpture grecque est vraiment née "2. Il y a encore de la raideur et quelque dureté; le procédé peut nous paraître trop sommaire, et la

1. C'est le temps de la puissance des Bacchiades et des Cypsélides.

2. Les yeux de lApollon de Piombino étaient dargent, les lèvres sont incrustées de cuivre rouge. — La sculpture '^hryséjéphantine est déjà en ospga.

Peyre. — Hist. des B.-Arts. ^

simplification du relief poussée trop loin. Mais est-ce par impuissance ou par volonté? En regardant de près l'Apollon du Louvre, on constate que les pieds de la statue sont traités avec un souci du détail, une science des moindres muscles «t des moindres os qui ferait honneur à des écoles classées comme savantes. Il semble que l'artiste ait voulu sur ce morceau, exécuté d'une manière fort différente du reste, montrer ce qu'il avait de délicatesse et d'habileté technique, tout en laissant à l'ensemble l'aspect sobre et simple que la destination de la statue et la tradition religieuse exigeaient.

Sicyone entraîne dans son mouvement l'école argienne, dont les plus grands noms sont : Eutclidas, Chrysothé~ mis et surtout Agéladas. Agéladas dépassa Kanakhos, fit des œuvres colossales, comme le groupe de chevaux dédié à Delphes par les Tarentins, comme la statue de Gléosthènes, qu'il avait représenté avec son cocher et ses chevaux. Il ne nous reste rien de lui; mais il nous sufiBt pour sa gloire qu'il ait été le maître de Myron, de Polyclète et de Phidias.

École d'Égine : les marbres de Munich. — L'influence de l'école argivo- sicyonienne est sensible dans l'école d'Egine. Si Smilis, son fondateur, était élève des Cretois (vers 550), Callon est élève des Doriens (vers 500). Ouatas et son fils Callltélès, vers 455, portèrent plus haut encore le renom de l'école éginète, et ont j)robablement travaillé à ces frontons du temple d'Athéna à Egine qui, restaurés par Thordvaldsen, sont le trésor le plus précieux de la glyptothèque de Munich.

Cette œuvre considérable ne comprenait pas moins de 28 personnages. L'archaïsme se laisse voir encore par quelques côxés. Il se montre, avec affectation même, dans la figure de la divinité principale, de Pallas, qui est le centre du sujet : les formes en sont moins accusées, la pose est raide ; le sourire béat de la physionomie rappelle les statues beaucoup plus anciennes. Il ne faut pas s'en étonner. C'est en effet dans le»

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