‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 74 sur 424 · LYSIPPE ET SES CONTEMPORAINS · texte numérisé non relu

LYSIPPE ET SES CONTEMPORAINS

prendre qu'il ait pu exécuter le nombre, qui n'en est pas moins prodigieux, de 1500 statues dont plusieurs colossales, telles que le Jupiter et l'Hercule faits pour Tarente. Cette statue d'Hercule, transportée à Gonstantinople, y fut fondue par les croisés en 1204. Lysippe s'était plus d'une fois occupé d'Hercule : il fit sesDouze Travaux pour Alysia en Acarnanie. Reconnu pour le premier sculpteur de son temps, sculpteur attitré d'Alexandre, seul il eut le droit de reproduire officiellement ses traits *. Lysippe était aussi célèbre comme sculpteur d'animaux, chiens, chevaux, lions. On lui a attribué les chevauxde Saint-Marc (Venise). On a découvert à Delphes (1897jles fragments de 7 statues de l'ex-voto qu'il fit en 330 pour les Thessaliens.

Son frère Lysistrate imagina les moulages d'après le modèle vivant. 11 coulait dans ces moules de la cire qu'il retouchait ensuite. Ce fait indique la tendance réaliste plus précise qui s'affirme alors. Parmi les sculpteurs contemporains, citons le fils de Lysippe, Euthycratès ; Boethos, originaire de Chalcédoine, auteur de V Enfant à l'oie, duquel on peut rapprocher le Tireur d'épine de Florence, et la Joueuse d'osselets de Berlin; Eutychidès^ auteur de la statue d'Antioche au Vatican, et surtout C/iarès, qui fit le Colosse de Rhodes et conçut le projet de tailler le mont Athos tout entier pour en faire une statue d'Alexandre. L'œuvre et les conceptions de Charès marquent bien ce goût de l'extraordinaire vers lequel Lysippe avait contribué à pousser les sculpteurs grecs. Mais n'oublions pas que la Vénus de Milo et la Victoire de Samothrace appartiennent à cette époque.

Gravure en pierres fines. — Pyrgotèle. — La gravure en pierres fines, qu'il s'agisse d'intailles ou de camées, arrive alors à son apogée avec Pyrgotèle. Elle

1. Il n'était pas inlerdit pour cela aux autres artistes de représenter le héros. Léocharès fit pour Delphes, sa statue chryséléphaniine. On voit des bustes ou statues d'Alexandre au Louvre et à Psaples, etc. Alexandre fit placer à Dium lea •tatues, par Lysippe des vingt-cinq premiers cavaliers macédoniens tués au Graniqu*.

reproduit souvent les œuvres des sculptures célèbres. Sur Tintaille d'Aspasios (i" siècle, Vienne) on voit sans doute la tête de la Pallas du Parthénon. En revanche, bien des sculpteurs ou des peintres modernes ont trouvé dans ces petites figurines des inspirations et même des modèles pour des œuvres ^ considérables; c'est a

une intaille grecque qu'Ingres a pris la première idée de sa figure de Vlliade pour VApO' t/iéose cTiHomère *-

ht. — GRAVURE EN MÉDAILLES'- CÉRAMIQUE

De l'utilité de l'art dans la fabrication des monnaies. Pourquoi elles sont souvent archaïques. Supériorité des monnaies grecques. — Les monnaies montrent, mieux encore que les intailles ou les camées, combien les Grecs savaient faire des œuvres d'art complètes, d'une véritable grandeur d'accent, dans de petites dimensions.

Flg. 66. — Tcio de l'Hermès de Praxitèle trouvé à Olympie. (Musée d'Olympie).

Plusieurs questions intéressantes se rattachent à l'histoire de la gravure en médaille. Nous remarquerons d'abord que les anciens Grecs n'ont pas connu les médailles proprement dites, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas frappé des disques métalliques dans l'intention de faire une œuvre d'art, mais seulement

1. Voir Bib. Nat., trois camées d'Alexandre de l'Ecole de Pyrgotèle. On a œuvres signées de Dexamenos, Olympios, Phrygillos, Pergamos, Athénion, etc.

2. Eckhel, Doctrina nummorum veterum. — Fr. Lenormant, la Monnaie dans i: tiquité.

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