‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 125 sur 704 · C'pst-à-diro faulioui'ji'.s. quartiors · texte numérisé non relu

C'pst-à-diro faulioui'ji'.s. quartiors

invitaient les ministres des idoles à venir chez eux préparer les papiers dont on devait les parer. On fabriquait d’ailleurs ces statuettes dans te caltnecac et, quand elles étaient prêtes, on les portait aux maisons de ceux qui en avaient fait le vœu. Ils se munissaient pour cela de leurs teponaztli et de leurs grelots et ils n’oubliaient pas la carapace de la tortue pour en accompagner leur musique. Aussitôt qu’ils étaient arrivés, ils s’occupaient ii parer ces images faites de pâte. Certaines personnes en avaient cinq, d’autres dix, et quelques autres jusqu’à quinze. Elles étaient la représentation des montagnes au haut desquelles se forment les nuages: comme sont le volcan, la sierra Nevada, la sierra de Tlaxcala et autres semblables. On plaçait ces statues en rang dans l’oratoire de la maison; on faisait à chacune l’olfrande de comestibles et l’on s’asseyait devant elles. Les tamales (ju’on leur offrait étaient très-petits, en rapport du reste avec les images qui étaient elles-mêmes d’une taille exiguë. Ils étaient servis dans des assiettes minuscules et dans de petites écuelles, avec un peu de mazamorra-, on servait aussi de petits pots [lecomatl) de forme très-réduite qui contenaient une minime quantité de boisson de cacao. Cette offrande de comestibles était faite quatre fois dans la nuit. On leur présentait aussi deux tecomatl de courges vertes qui s’appellent tzilacayotli, pleins de pulque. On chantait toute la nuit devant ces images et l’on jouait de la llùte ; mais cet instrument n’était pas tenu par ceux qui en faisaient métier: c’étaient de jeunes adolescents qui jouaient à leur place et on leur donnait à manger.

Au point du. jour les ministres des idoles demandaient aux maîtres de la maison l’instrument dont on se sert pour tisser, (jui s’appelle Izolzopaztli, et ils l’enfonçaient dans les poitrines des images des montagnes comme pour leur donner la mort. Après leur avoir tranché la tête, ils leur arrachaient le cœur qui était donné aux maîtres de la maison dans une écuelle verte. Quand on avait tué toutes ces images de la manière qu’on vient de voir, on leur enlevait les papiers dont elles étaient parées et qu’on brûlait dans la cour même de la maison avec tous les comestibles. Quant aux nattes de souchets verts mises à leur service, ainsi que les écuelles et tous les ustensiles qui avaient servi à leur offrir des mets et de la boisson, on les portait aux oratoires appelés ayauhcalco, qui s’élèvent au bord de l’eau. Quand cela était fini, les invités se réunissaient pour manger et boire en l’honneur des statues mortes qui s’appelaient lepeme^. On offrait des mets à chacun d’eux séparément et on leur présentait ensuite du pulque à boire. Les femmes qui étaient admises à ce banquet apportaient du maïs égréné

I. l’inricl de lejtetl, montagne. Les deu.\ éditions portent tepiame.

HISTOIRE DES CHOSES

OU en épis aux armoires de la maison. Aucune d’elles n’y arrivait les mains vides et quelques-unes avaient jusqu’à quinze ou vingt épis. Après être entrées, elles restaient à part. Chacune d’elles était servie séparément et on lui donnait du pulque à boire. Cette boisson était contenue dans de grands vases noirs enterre cuite (canjilones) oii on la puisait avec des tasses de couleur noirâtre. Quand le banquet était tini, on prenait les papiers appelés teleuitl placés sur les perches qui étaient enfoncées dans la cour et on les portait en certains lieux de la lagune signalés par des poteaux plantés au fond, ou bien sur les hauteurs des montagnes.

Telle est la fin du récit de cette fête.

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