CHAPITRE XXXV
UC LA FKTL ET DES SACRIFICES QUI SE FAISAIEXT AUX CALENDES DU SEIZIÈME MOIS APPELÉ fltcmnztli.
On appelait le seizième mois atemoztli, c’est-à-dire descente de l’eau, et on l’appelait ainsi, parce que c’est alors que commencent d’ordinaire les éclats de tonnerre et les premières pluies au haut des montagnes. Les gens du peuple disaient: «Voilà que viennent déjà les dieux Tlaloqne. » A cette époque les satrapes de ces divinités se livraient à de grandes dévotions et à des pénitences, pour demander l’eau à leurs dieux, dans l’attente des pluies. Aussitôt qu’on commençait à entendre le tonnerre et à voir les premiers signes de la pluie, ils s’empressaient de prendre leurs encensoirs, qui étaient des sortes de grandes cuillers trouées pleines de braise. Le manche long, léger, gros et creux contenait des grelots dans son intérieur et se terminait à son bout par une tète de serpent. Ils jetaient de l’encens, appelé yiauhtli, sur les braises et commençaient aussitôt à faire du bruit avec les grelots qui étaient dans le manche, en lui imprimant un mouvement de va-et-vient. C’est ainsi qu’ils encensaient toutes les statues des temples et des tlaxüacalUK C’est par ces cérémonies qu’ils demandaient et attendaient la pluie. Le reste des habitants, dans l’attente des eaux, faisait le vœu de fabriquer les statues des montagnes. Cintj jours avant d’arriver à cette fête, ils achetaient du papier, de du nequen et des couteaux et ils s’apprêtaient dévotement par des jeûnes et des pénitences à faire les images des montagnes et à les parer de papier.
Pendant ces journées, quoiqu’ils se baignassent, ils ne se lavaient point la tête et ne toléraient point que l’eau dépassât le cou. Les hommes s’abstenaient de femmes, et les femmes ne s’approchaient point de l’homme. La nuit qui précédait la fête A’ atemoztli, qui se célébrait le vingtième jour du mois, se passait tout entière à couper de différentes manières des morceaux de papier qu’on tachetait A’ulli et qui prenaient alors le nom de teteuitl. On les collait, de bas en haut, à de longues perches comme on ferait pour des drapeaux et on lilanlait dans les cours des maisons ces perches qui y restaient tout le jour de la fête. Ceux qui faisaient le vont de fabriquer ces images