‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 162 sur 704 · RÉCIT QUI REND COMPTE DES FEMMES QUI SERVAIENT DANS LE TEMPLE · texte numérisé non relu

RÉCIT QUI REND COMPTE DES FEMMES QUI SERVAIENT DANS LE TEMPLE

11 y avait aussi dans les temples des filles qui y étaient élevées dès leur bas âge. La cause en était que leurs mères, par dévotion, les vouaient au service du temple, dès les premiers moments de leur vie. Quand elles avaient vingt ou quarante jours, les mères les présentaient à celui qui devait' en être] chargé, espèce de curé qu’on appelait lequaciiilUK Elles apportaient en même temps des balais, un encensoir en terre et de fencens appelé copalli blanc. Elles présentaient le tout au lequacuilU. Après cela, le ministre recommandait avec instance à la mère de bien élever sa fille et d’aller tous les vingt jours au calpulco ou paroisse de son quartier, pour y faire cette même offrande de balais, de copal et de bois à brider pour les foyers du temple. Lorsque la fille arrivait à l’âge de raison et qu’elle était informée du vœu de sa mère, elle se rendait elle-même au temple où se trouvaient ses

1. statue, idole ou guide spirituel, de quaill, tete, et cui, prendre.

futures compagnes, apportant en offrande un encensoir en terre et du copal. A partir de ce moment, jusqu’à ce qu’elle fût en âge de se marier, elle demeurait dans le temple sous la direction des matrones chargées du soin d’élever les jeunes filles. Lorsqu’arrivée à l’âge convenable elle était demandée en mariage par quelqu’un, l’accord étant déjà fait entre les parents et les principaux personnages du quartier pour que l’union eût lieu, on apprêtait l’oiTrande qui devait être faite, consistant en cailles, encens, fleurs, roseaux à fumer et un encensoir en terre ; on préparait également un banquet. On allait ensuite prendre la jeune fille; on la conduisait devant les satrapes et, après avoir étendu sur le sol une étoffe blanche de coton, on y étalait toute l’offrande qu’on avait apportée, en même temps qu’une manta appelée tlacnquachlli^ sur laquelle étaient dessinées, dans le tissu même, plusieurs têtes humaines. Après l’échange habituel de propos de part et d’autre, les parents de la jeune fille la menaient chez eux.

1 . De tlacatl, personne, et quachtli, grande mante en coton.

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