De xochül, fleur, et tonal, été, chaleur
2. Navajas est un mot espagnol qui veut dire rasoirs ou couteaux.
3. De itzUi, obsidienne, et ehecatl, vent, avec yan, suffixe de noms de lieu.
4. « Sur les neuf eaux » ; de chiconaui, neuf, et apan, sur l’eau.
HISTOIRE DES CHOSES
au nom des défunts arrivaient à l’esprit Mictlantecutli. An bout de quatre années, le mort sortait de ce premier séjour pour se rendre aux neuf enfers, pour lesquels il y avait à traverser un fleuve très large. Sur ses bords vivaient et vaguaient des chiens dans des endroits où les défunts devaient faire la traversée en s’appuyant sur ces petites bêtes. On prétend que lorsque le mort se présentait au bord du fleuve, son chien le regardait et, s’il reconnaissait son maître, il se lançait à l’eau et nageait pour se rendre à son côté et le transporter sur son dos à l’autre rive. C’est là la raison qui faisait que les indigènes de ce pays avaient l’habitude d’avoir et d’élever des petits chiens. On prétendait aussi que les chiens à poil blanc ou noir ne pouvaient ni nager ni traverser ta rivière, attendu que le blanc disait : « Moi, je me suis lavé; « tandis que le chien noir disait de son côté : a Je me suis taché de noir et c’est pour cela que je ne puis vous passer. » 11 en résultait que seuls les chiens de couleur vermeille étaient aptes à se charger du soin de faire passer le fleuve aux morts. C’était à ce point de l’enfer, appelé Chiconamictlan* que c’en était fait à jamais des défunts.
On rapporte aussi qu’après avoir enveloppé le défunt avec ses ornements de papier et autres objets, on tuait son chien, et les deux ensemble étaient apportés en un lieu où le maître et le chien devaient ôire brûlés. Deux des vieillards étaient spécialement chargés de s’occuper de ce soin, tandis que d’autres anciens chantaient. Pendant que le mort brûlait, les vieillards l’attisaient avec des bâtons et, après l’avoir réduit en cendres, prenant ses restes, ils y répandaient tfe l’eau en disant : « Que le défunt soit lavé. » On creusait ensuile une fosse et on l’enterrait. Voici ce qu’on faisait, au surplus, à propos de l’enterrement, aussi bien des nobles que des gens du peuple. Les os mis dans une urne, avec une pierre verte de clialchiuitl, étaient enterrés dans une chambre de la maison et chaque jour on plaçait des olfrandes au-dessus de la sépulture. On raconte encore que lorsque mouraient les seigneurs et les nobles, on leur mettait dans la bouche une pierre de chalchiuitl; tandis que pour les pauvres gens on y plaçait une pierre de peu de valeur, appelée 16X0X00111"^, ou simplement de l’obsidienne, en prétendant que cela tenait lieu du cœur du défunt. A l’occasion de la mort des grands seigneurs, on fabriquait en papier un grand drapeau de quatre brasses de longueur, orné de diflérents plumages. On tuait aussi vingt esclaves, dans la pensée qu’ayant servi leur maître dans ce monde, ils devaient continuer leur
], « Neuvième [chiconaui) enfer {inicüan). » 2. De tell, pierre, et xoæouia, paraître vert.
service en enfer. Le jour qu’on brûlait le seigneur on donnait la mort aux esclaves, hommes et femmes, à coups de flèches dans la gorge. On ne les brûlait pas avec le maître, mais on les enterrait en un autre endroit.