‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 184 sur 704 · DE CEUX QUI ALLAIENT AU CIEL · texte numérisé non relu

DE CEUX QUI ALLAIENT AU CIEL

L’autre endroit où se rendaient les âmes des défunts, c’est le ciel où vit le soleil. Ceux qui allaient dans ce ciel-là, c’étaient ceux qui mouraient à la guerre et les captifs qui avaient péri au pouvoir de leurs ennemis, soit qu’ils fussent morts à coups d’épée, soit qu’ils eussent été brûlés vifs ou tués avec des roseaux pointus, ou morts à coups de bâtons de sapin, ou victimes en combat singulier, ou martyrisés au moyen de torches de pin attachées sur le corps et auxquelles onjnetlait le feu. Tous ces gens se tenaient, disait-on, sur une plaine, et, au lever du soleil, ils se mettaient à crier en frappant sur leurs boucliers. Celui dont la rondadle avait été percée par des flèches pou-

HISTOIRE DES CHOSES

vait regarder le soleil par les trous; tandis que celui qui n’avait pas de rondadle percée de la sorte ne pouvait aucunement regarder cet astre. On dit aussi que dans ce ciel il y a des arbres et des forêts de différente nature. Les offrandes que les vivants de ce monde adressaient aux morts arrivaient à leur destination. Ils les recevaient au ciel. Après quatre ans de ce séjour, les âmes de ces défunts étaient métamorphosées en diverses espèces d’oiseaux aux riches plumages et aux brillantes couleurs, qui s’en allaient pompant le suc des fleurs dans le ciel comme sur la terre, ainsi que le font les tzinzonme K

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