‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 195 sur 704 · CEUX QUI NAISSAIENT SOUS CE SIGNE ÉTAIENT GÉNÉRALEMENT ESCLAVES · texte numérisé non relu

CEUX QUI NAISSAIENT SOUS CE SIGNE ÉTAIENT GÉNÉRALEMENT ESCLAVES

Le second signe qui s’ajipelait ce oceloll, c’est-à-dire un tigre, régnait treize jours et passait pour un signe de mauvaise fortune pendant toute sa durée. Le premier jour appartenait au nom d’ocelotl lui-même; le second, à quauhtli qui veut dire aigle ; le troisième, à cozcaquauhtli qui désigne un autre grand oiseau de ce nom; le quatrième, à oUin qui veut dire mouvement; le cinquième, à tecpatl qui veut dire pierre d’obsidienne; le sixième, kquiauitl qui veut dire pluie ; le septième, kxochUl qui veut dire fleur ; le huitième, à cipactli qui veut dire espadon; le neuvième, à ecatl qui veut dire vent; le dixième, à calli qui veut dire maison; le onzième, à cuetzpallin qui veut dire lézard ; le douzième, à coati qui veut dire serpent ; le treizième, à miquiztli qui veut dire la mort.

Quiconque naissait dans n’importe lequel de ces jours, fùt-il noble ou plébéien, devait, disait-on, être captif en temps degueiTe; du reste, malheureux dans toutes ses affaires, vicieux et fort adonné aux femmes. Fùt-il très brave, il devait finir par se vendre lui-même comme esclave, par le seul fait d’être né sous ce signe. Néanmoins, on prétendait que, malgré cette circonstance malheureuse, il pouvait réussir à y porter remède par son habileté, par son obstination à dormir modérément, par son zèle à faire pénitence en jeûnant, en se piquant te corps jusqu’au sang, en balayant la maison où il était élevé et en entretenant ses feux. Il pouvait vaincre le mauvais sort encore si, aussitôt éveillé, il se mettait en mouvement pour gagner sa vie sans oublier te surplus qu’il serait obligé de dépenser s’il tombait malade, pas plus que ce qu’il faudrait pour nourrir ses enfants; si d’ailleurs il était prudent dans l’achat de ses marchandises, et si, d’autre part, il était adroit, obéissant, ou s’il souffrait les châtiments et les injures sans en tirer vengeance.

On disait également que la femme qui naissait sous ce signe serait infortunée. Si elle était fille de dignitaire, elle serait adultère et mourrait la tète aplatie entre des pierres. Pendant sa vie, elle serait besoigneuse, entourée de difficultés, extrêmement pauvre et mal mariée,

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par le seul fait, disait-on, d’être née sous le signe adverse à'ocelotl. Le quatrième jour de ce signe s’appelait ollin. On disait que c’était le signe du soleil ; il était en grande estime entre les nobles qui le tenaient pour leur signe. Ils lui sacrifiaient des cailles et ils entretenaient des feux et de l’encens devant la statue du soleil. Ils la couvraient d’un ornement en plumes appelé cueçaltonameyoll ‘ et à midi on sacrifiait des captifs en sa présence. Le sort de celui qui naissait sous ce signe était indifiéremment bon ou mauvais. S’il était garçon, il serait brave et il prendrait des captifs ou mourrait lui-même dans la guerre, par le fait d’être né sous ce signe. Tous faisaient pénitence, les enfants, les hommes et les femmes; ils s’incisaient les oreilles et se retiraient du sang en l’honneur du soleil, en disant que cela servait à la récréation de cet astre.

Le septième jour de ce signe s’appelait xochitl. On le disait indifféremment bon ou mauvais. Les peintres surtout l’honoraient. Ils lui érigeaient une statue et lui dédiaient des offrandes. Les femmes ouvrières le vénéraient aussi. Tous avaient l’habitude de jeûner quatrevingts, quarante ou vingt jours avant la fête de ce signe xoc/«i/, parce qu’ils lui demandaient les honneurs et la chance de réussir dans leurs peintures; et les femmes, la faveur de bien broder et tisser. Ils allumaient des feux, brûlaient de l’encens et sacrifiaient des cailles devant la statue. Quand le jeûne était fini, ils se baignaient pour se préparer à célébrer la fête de Chicóme xochitl. On prétendait que ce signe était infortuné, et que, du reste, si quelque femme rompait le jeûne fait à son propos, elle méritait de devenir et devenait en effet mauvaise femme et fille de joie. On disait aussi que les ouvrières avaient presque toutes le corps infecté, par le seul fait que l’origine de leurs occupations remontait à la déesse A"oc/m/weisa//i, qui se jouait d’elles et leur donnait gale, mal vénérien et autres maladies contagieuses. Mais on croyait cependant que celle qui accomplissait bien ses pénitences obtenait d’être honnête et bien famée, et avait la chance de se bien marier. On disait encore que quiconque naissait sous ce signe xochitl deviendrait habile dans les arts mécaniques, s’il était travailleur et bien élevé. Mais s'il était privé de ces qualités, il serait indigne de bonne chance et il n’aurait en partage que le déshonneur et l’infortune.

Le neuvième jour de ce signe, ecatl, est malheureux, car quiconque y naissait était infortuné et sa vie semblable au vent qui emporte tout ce qu’il peut. Il aspire à être quelque chose et il reste toujours audessous; il veut progresser et il s’amoindrit; il cherche une position et il n’obtient rien. Fût-il vaillant homme de guerre, on ne pense

1. De cueçallotl, flamme, el tonameyoll, rayon du soleil. Voy. la note 3 de la page 27.

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jamais à lui, car tout le inonde le méprise. Aucune de ses lenlalives ne donne de résultat et rien de ce qu’il entreprend ne lui réussit.

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