‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 23 sur 704 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

IL TRAITE DU DIEU QUI S’APPELLE Quclzalcoall ET QUI EST LE DIEU DES VENTS.

Ce Quelzalcoatl \ quoique ayant été homme, passait pour être un dieu. On le croyait chargé de balayer les chemins aux dieux de la pluie, et on le pensait ainsi, parce qu’avant le déchaînement des eaux.

1. « Ennemi de part et d’autre. » C’est un des divers noms donnés à Tezcatlipoca.

2. Ou simplement Tlaloc. Tlaloc tlamacazqui servait plutôt à désigner le souverain pontife consacré au culte du dieu appelé aussi Tlaloean tecutli, c’est-à-dire seigneur du lieu de délices, où se rendaient notamment les âmes des jeunes garçons que l’on immolait. Son idole trouvée par les Chichimèques sur le mont Tlaloc, près de Tetzcuco, était peinte de bleu et de vert pour imiter l’eau. Le mot tlamacazqui, qui signifie « le donneur des choses » , est formé du verbe maca , donner.

3. « Serpent emplumé. » Ce dieu de l’air était représenté sous la forme du serpent, coati, emblème des vents, des tourbillons, recouvert de plumes, quetzalli, qui sont l’image des zéphirs ou des nuages légers. On attribue à Quetzalcoatl l’invention de l’art de fondre les métaux et de travailler les pierres précieuses, ainsi que la publication de lois extrêmement sages.

HISTOIRE DES CHOSES

on voit de grands vents et de la poussière- C’était Quetzalcoatl^ le dieu des vents, qui balayait ainsi les chemins aux dieux des eaux, pour qu’ils y vinssent pleuvoir. Les sacrifices et les fêtes, qui étaient célébrés en l’honneur de ce dieu, sont décrits au livre II. On avait l’habitude de le couvrir des ornements suivants : Une mitre sur la tête avec un panache de plumes appelées quetzalH^. Cette mitre était tachetée à la manière des peaux de tigres. Sa figure et tout son corps étaient teints de noir. II portait une chemisette en forme de surplis brodé, qui ne descendait qu’à la ceinture. Il avait des oreillons de turquoises incrustées en mosaïque. 11 portait un collier d’or d’où pendaient de magnifiques petits coquillages marins. Un plumet, en forme de flammes, lui tombait sur les épaules. Il avait, en outre, du genou jusqu’en bas, les jambes recouvertes de chaussons de peau de tigre ornés de coquillages. Ses pieds étaient chaussés de sandales teintes d’un enduit noir mêlé de marcassitc. Il portait à la main gauche une rondache avec une figure à cinq angles, qu’ils appellent le Joël du vent. Il avait à la main droite un sceptre contourné vers le haut bout, à la manière d’une crosse d’évêque recouverte de pierreries. Ce bâton était moins long qu’une crosse et la partie où on avait l’habitude de le saisir ressemblait à la garde de nos épées. C’était ce dieu qui était le grand prêtre du temple.

Page 1