CHAPITRE XX.XIII
DU SIGNE DIX-NEUVIÈME QUI S’APPELLE CC quauhtU ET DE SA FORTUNE ADVERSE.
Le dix-neuvième signe s’appelle ce quauhtli. On disait qu’il était malheureux et que les déesses Ciuateteo descendaient ce jour-là sur la terre. Toutes ne venaient pas, mais seulement les plus jeunes, qui étaient, du reste, les plus redoutables, parce que c’étaient elles qui faisaient le plus de mal aux enfants, sur lesquels elles se jetaient en leur faisant des grimaces. C’est pour cette raison qu’on ornait avec des souchets et des fleurs les oratoires de ces déesses. Ceux qui avaient fait le. vœu de les honorer couvraient leurs images avec des papiers. On offrait ce jour-là des papiers tachetés d’ulli, et d’autres personnes qui ne contribuaient pas à orner ces images faisaient offrande de comestibles, de boissons et de copal blanc en petits morceaux. Les ministres de ces oratoires prenaient les mets pour eux. Quand ils les avaient consommés, chacun buvait en secret son pulque dans sa demeure. On en donnait aussi aux vieillards et on avait l'habitude de se rendre visite les uns aux autres.
On disait que ceux qui naissaient dans ce signe, s’ils étaient hommes, seraient vaillants, audacieux, téméraires, éhontés, présomptueux, orgueilleux et grands diseurs de paroles hautaines et médisantes. Ils se tiendraient pour courtois et diserts et ils seraient vantards, amis de
1. Quecannel est mis pour quencannel, c'est-à-dire (jmnnel avec can intercalé.
2. De tetzolzona, frapper, donner des coups de pierre [tetl).
la llatterie et, en somme, ils finiraient leur vie sur un champ de bataille. Si c’était une femme qui naissait dans ce signe, elle serait médisante et mal embouchée. Elle aurait pour passe-temps de médire et de faire rougir les gens de honte; elle aurait l’audace de se lancer sur les autres femmes en leur griffant la figure, de contrefaire tout le monde et de déchirer les péplums de ses compagnes.