LES DIGNITAIRES ET LES MARCHANDS
ET DE CE qu’on FAIT MAINTENANT DES AUTRES JOURS DE CE SIGNE.
Les Mexicains invitent aujourd’hui à leurs baptêmes de la même manière qu’ils le faisaient autrefois. Il y a à remarquer, cependant, que les seigneurs, les dignitaires, les marchands et les gens riches des temps passés, chacun à sa façon, invitaient un grand nombre de jiersonnes et faisaient étalage d’un nombreux personnel d’ofliciers de bouche et de domestiques, pour qu’ils servissent les invités, en faisant honneur à chacun selon son rang, distribuant des fleurs et des mets, aussi bien que des mantas et des ceintures. A cet effet, ils faisaient provision d’une grande quantité de comestibles, de mantas, de cein- Uires, de fleurs et de roseaux à fumer, afin que tous les invités eussent abondamment de toutes choses et qu’il ne résultât ni déboire ni honte pour l’auteur du banquet, mais bien de l’honneur et de la gloriole, à l’occasion du bon ordre et de l’abondance de toutes choses. Les invités, ((ui savaient ces préparatifs, comptaient bien que rien ne manquerait au festin, et ils désiraient qu’il en fût ainsi, afin que celui qui les invitait ne reçût aucun affront et que personne n’eût de motif pour se plaindre, ni de lui, ni du banquet. Le jour du festin étant venu, tous les serviteurs et officiers de bouche se mettaient en mouvement avec le plus grand zèle, pour préparer toutes choses, répandre des fleurs dans les cours et les chemins après les avoir bien balayés et aplanis, de même que l’entrée de la maison où le banquet devait se faire, Les uns apportaient de l’eau, les autres balayaient, ceux-ci arrosaient, ceux-là sablaient le sol; d’autres encore suspendaient des souchets à l’endroit où Ton devait faire Vareylo; quelques-uns s’occupaient à plumer les poules, à tuer des petits chiens et à les flamber. Il y en avait qui rôtissaient la volaille ; d’autres encore chargeaient les roseaux de parfums. Les femmes, jeunes et vieilles, s’occupaient à faire différentes
sortes de tamales, soit avec des haricots, soit avec de la viande; d’autres lavaient le maïs bouilli, tandis que quelques-uns en retiraient le hile qui lui donne de l’àpreté, afin que le goût du pain fût plus délicat. Quelques-unes d’entre elles puisaient de l’eau, quelques antres broyaient le cacao ou le moulaient; celles-ci y mêlaient du maïs bouilli, celles-là, enfin, préparaient des sauces. Au point du jour on plaçait partout des nattes et des sièges, ainsi qu’une sorte de foin dont on repliait les bouts entrelacés, de manière à lui donner comme l’aspect d’une étoffe faite avec de l’herbe fine.
Tous ces préparatifs se faisaient dans l’ordre demandé par les circonstances, sans que le maître de la maison y mît la main. Cela regardait les serviteurs et les officiers de bouche, c’est-à-dire ceux-là mêmes qui étaient chargés de distribuer les roseaux à fumer, les fleurs et les plats du banquet, de môme que ceux qui préparaient la boisson de cacao, la faisaient écumer et la présentaient à ceux qui la devaient consommer. Il y avait aussi des gens désignés pour le service personnel de certains invités, ainsi que cela se pratique chez les dignitaires, les marchands et les gens riches. Quant aux personnes de basse naissance et peu fortunées, elles faisaient leurs banquets comme peuvent les faire les gens pauvres et peu cultivés, attendu qu’ils possèdent peu et ne savent guère. Là, on donne des fleurs de peu de valeur et des roseaux à fumer qui ont déjà servi.
Les autres journées de ce signe possèdent la fortune indiquée par leurs numéros. La seconde journée s’appelle orne cozcaquauhtli ; la troisième, ei ollin; la quatrième, naui tecpactl; la cinquième,m«cmVb' qaiauitl; la sixième, cliiquacen xochitl ; la septième, chicóme cipaclli ; la huitième, chicuei ecall; la neuvième, chiconaui calli ; la dixième, matlaclli cuetzpallin; la onzième, mallactli oce coati; la douzième, mollaclli oinome miquizlli ; la treizième, matlactli omei maçall.