‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 241 sur 704 · DES AUTRES JOURS DE CE SIGNE · texte numérisé non relu

DES AUTRES JOURS DE CE SIGNE

C’est avec ce signe celochlU, sur lequel nous n’avons plus rien à dire, (|ue s’achève notre travail, en y ajoutant les journées suivantes qui lui appartiennent. Si plus lard il devait en être dit quelque chose, (|ui actuellement est omise, le lecteur iiourrait s’en faire, dès àprésent, une idée par ce qui précède. Nous nous limiterons donc à ajouter que le second jour de ce signe s’apiielle orne utl : le troisième, ei itzruintli; le quatrième, naui oçomutü; le cinquième, macmtli malinalü ; le sixième, chiquacen acall ; le septième, chicóme ocelotl; le huitième, chicuei (¡uaiüdli ; \q neuvième, chiconaui cozcaquauhlli ; le dixième, mntlaclli olün ; le onzième, mutlaclli ocetecpall; le douzième, mallaclli omnme quiuuill ; le treizième, mailurlJl omei xochill.

l'IN nu QUATRIEME LIVRE.

APPENDICE

DU OUATDIlîME LIVRE, ÉCRIT EN LANGUE ROMANE.

c'est une apologie en défense de la vérité qui s’y trouve contenue.

Puisque quelques personnes se sont trompées el persistent à rester dans l’erreur au sujet de certaines supputations dont les indigènes faisaient usage anciennement, je considère comme mon devoir de me livrer à des considérations supplémentaires, pour parler encore des trois divisions du temps qui étaient autrefois partout et sont encore aujourd’hui, en certains lieux, dans leurs habitudes. D’abord nous voyons le partage de l’année en mois, c’est-à-dire qu’ils divisaient l’année en dix-huit parties, de vingt jours chacune, qui pouvaient s’appeler mois. De sorte que leur année se composait de dix-huit mois contenant trois cent soixante jours. Les cinq jours qui restaient, pour que l’an fût complet, n’entraient point en compte. On les appelait vacants et désastreux, parce qu’ils n’étaient dédiés à aucune divinité. Cette division avait pour but de dédier chacun des mois, ou vingtaine de jours, à un dieu auquel il était fait des sacrifices et des fêtes. Il n’y avait que deux mois pendant lesquels on célébrait des fêtes en l’honneur de quatre dieux: dix jours pour chacun. Il en résultait que, les mois étant au nombre de dix-huit, les fêtes qu’on célébrait pendant leur durée arrivaient au nombre de vingt. Cette supputation lorme le calendrier, dans lequel tous les jours de l’année sont dédiés aux divinités, à l’exception des cinq vacants et désastreux. Cette division ne doit pas être confondue avec les deux autres dont nous allons parler.

HISTOIRE DES CHOSES

La seconde dont ces Indigènes faisaient usage s’appelle le compte des années, parce que cette division portait sur un certain nombre d’années, comme on va voir. Ils faisaient usage de quatre signes placés symétriquement sur un cercle. L’un de ces signes était appelé ce acall, c’està-dire un roseau. C’était, en effet, un roseau vert représenté en peinture, et il était placé à l’orient du cercle. Le second signe s’appelait ce tecpatl, ce qui veut dire une pierre taillée en forme de fer de lance. Il était teint de sang dans la moitié de son étendue, et on le plaçait au septentrion du cercle. Le troisième signe était une maison peinte, appelée ce calli. Il était placé à l’occident du cercle. Le quatrième signe était fait à l’image d’un lapin qu’on appelle ce tochtli. Il était placé au midi du cercle.

Ces signes leur servaient à compter cinquante-deux ans, chacun d’eux renfermant treize années. Ils les exprimaient ainsi : ce acatl, orne tecpatl, ei calli, naiii tochtli. Faisant le cercle complet en passant par ces signes et comptant treize années sur chacun, ils formaient quatre fois treize, c’est-à-dire cinquante-deux ans. Leur intention, en agissant ainsi, était de renouveler tous les cinquante-deux ans le pacte, l’accord ou le serment de servir les idoles. A la fin des cinquantedeux ans, en effet, ils célébraient une fête solennelle, dans laquelle ils faisaient du feu nouveau après avoir éteint l’ancien de toute part. Toutes les provinces de cette Nouvelle-Espagne avaient recours au nouveau feu. En cette occasion, on renouvelait toutes les statues des idoles et toutes leurs parures, en faisant le vœu de leur rendre hommage pendant les cinquante-deux années suivantes. Par respect pour une prophétie ou un oracle du démon, ils vivaient dans la croyance que le monde liniraitavec une de ces périodes d’années.

La troisième supputation dont ces indigènes faisaient usage avait pour hase l’art de deviner le sort des hommes et des femmes qui venaient de naître. Ils y procédaient comme il suit. Ils avaient vingt signes, dont le premier s’appelait cipaclli, le second ecatl, le troisième calli, le quatrième cuetzpallin, etc., jusqu’à vingt, ainsi que celase trouve dépeint dans la figure qui est à la fin de cet appendice. On disait que chacun de ces caractères régnait treize jours, lesquels réunis ensemble en forment deux cent soixante. Quelques personnes ont prétendu que ces treize jours sont les semaines du mois; mais cela n’est point ainsi; ce n’est que le nombre de journées appartenant à un signe. Les semaines des vrais mois sont de cinq jours, ce qui fait quatre semaines pour chaque mois. Les marchés se tenaient en rapport avec cette manière de compter, c’est-à-dire de cinq en cinq jours. Ce n’était donc pas une semaine que les Mexicains avaient, mais nue ijuintaine. Cette ancienne habitude fait, du reste, (pa’actuellement

en pkisieurs emlroils, les Mexicains Ucnnenl leurs foires on niarchcs d’après notre semaine de sept jours.

üans cette suppulalion divinatoire et illicite, on interposait les signes relatifs aux années, c’est-à-dire maison, fer de lance, roseau et lapin, au moyen desquels les Mexicains formaient leur semaine, ou hebdomade, de cinquante-deux ans. Cette manière de compter est préjudicielle, superstitieuse et pleine d’idolàlrie, ainsi qu’on a pu le voir dans ce quatrième livre. Cependant, certaines personnes l’ont beaucoup louée, en disant que c’était fort ingénieux et non entaché d’erreur. Elles n’ont pu s’exprimer ainsique parce qu’elles en ont ignoré le but, lc(iuel est manifestement mauvais et idolâtre. Un pareil jugement fait croire qu’on n’a pas compris le grand nombre de superstitions, les fêtes et les sacrifices idolâtres contenus dans cette division du temps, qu’on a voulu appeler calendrier des Indiens, sans remarquer qu’elle ne renferme pas l’année entière, attendu qu’elle n’a qu’une révolution de deux cent soixante jours après lesquels elle recommence. Cela ne peut donc pas être un calendrier et cela ne le fut en réalité jamais. Le vrai calendrier, tel qu’il a été énoncé et peint au commencement du second livre, contient tous les jours de l’année avec leurs fêtes. C’est cela qu’ignorent sans doute ceux qui prétendent que l’art divinatoire est un calendrier ; et, certainement, ce fut une grande distraction et une ignorance coupable de louer, en paroles et par écrit, une chose aussi mauvaise et entachée à ce point d’idolâtrie. L’amour de la vérité et de la foi catholique me pousse à reproduire ici les paroles mêmes d’un traité qu’un moine a écrit à la louange de cet art divinatoire et dans lequel il prétend que c’est un calendrier, afin que, partout où il en sera pris connaissance, on sache bien que c’est une chose préjudiciable à notre sainte foi catholique et qu’on doit détruire et brûler. Voici l’introduction de ce traité :

INTROimcTION ET DÉCLARATION NOUVELLEMENT FAITE AU SUJET DE SAVOIR CE qu’est le CALENDRIER

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