‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 246 sur 704 · Action d’enivrer {tlauana) les enfants (pilli · texte numérisé non relu

Action d’enivrer {tlauana) les enfants (pilli

diée au dieu dont la fête se célébrait le premier jour du mois suivant. Les cinq jours qui dépassent les trois cent soixante de l’année étaient dits vacants et malheureux, ainsi que cela a déjà été rapporté en d’autres passages de ce livre, et on n’en faisait aucun cas pour n’importe quelle fin. Mais ils gardaient un compte exact de tous les jours de l’année, de tous les mois et de toutes les quintaines qui étaient au nombre de quatre par mois.

Ces indigènes avaient encore une autre division qui n’avait rien de commun avec l’année, les mois et les quintaines qu’on pourrait appeler improprement semaines. Elle était constituée par vingt signes, ainsi qu’on peut le voir dans la table qui se trouve au revers de ce feuillet. A chacun de ces signes étaient assignés treize jours, et ils avaient tous la même durée, de sorte que leur révolution complète formait deux cent soixante jours, c’est-à-dire cent cinq de moins qu’une année. Cette manière de compter avait pour but de deviner les événements de la vie de ceux qui naissaient. C’est une matière équivoque, car le calcul est mensonger, n’ayant rien à voir avec l’astrologie naturelle, puisque celle-ci se fonde sur les signes et planètes du ciel, ainsi que sur leur aspect particulier et leur cours. Mais l’art divinatoire prend pour point de départ des signes et des nombres qui ne se fondent en rien de naturel et qui reposent seulement sur des artifices inventés par le démon lui-même. Il n’est pas possible qu’un homme ait la pensée d’un art pareil qui ne prend pour base ni aucune révélation écrite, ni aucune raison naturelle. On dirait une affaire de sorcellerie, plutôt qu’une chose quelconque ingénieuse ou raisonnable. Quoi qu’il en soit, cet art divinatoire, qu’on nommerait plus justement tromperie diabolique, était grandement estimé. Ceux qui y étaient versés et en faisaient usage étaient fort prisés et honorés, parce qu’ils prédisaient l’avenir et qu’ils passaient pour sincères aux'yeuxdu vulgaire, quoique en réalité, ils ne parlassent juste que par hasard et en se trompant eux-mêmes. Cet art ne compte ni par années, ni par mois, ni par semaines, ni par lustres, ni par olympiades, comme quelques-uns l’ont rêvé et l’ont dit en l’affirmant faussement.

Voyant que la table qui précède sur l’art divinatoire est difficile à comprendre et calculer, j’ai ajouté celle qui suit, parce qu’elle est plus claire et se prête mieux à compter à la manière des Mexicains. Mais qu’on n’aille pas croire que c’est là un calendrier, attendu, comme cela a été déjà dit, qu’il ne s’agit que d’art divinatoire. Le véritable calendrier des indigènes est celui qui a été placé au commencement du second livre, lequel est très clair et très facile à comprendre, au moyen des lettres de l’alphabet qui y figurent. D’un côté se voient les mois mexicains, de vingt en vingt jours, et d’autre part, s’inscrivent les

nôtres qui sont de trente jours, à un jour près. Les choses étant ainsi, il est toujours très facile desavoir à quel mois et à quel jour de notre calendrier tombaient leurs düTérentes fêles. Quant à l’autre table relative aux années, elle est placée au septième livre de cette histoire ; c’est là qu’on la pourra voir, s’il plaît à Notre Seigneur que ce livre soit publié *.

1. Toutes ces tables, à l’exception de celle qui a été inscrite au commencement du second livre, ont été perdues. Les deux éditions de Bustamante et de Kingsboroug n’en inscrivent aucune ; mais il ne serait pas difficile de les établir. Voici comment nous formatons le tableau relatif aux vingt signes de l’astrologie judiciaire :

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