‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 248 sur 704 · PROLOGUE DE L’AUTEUR · texte numérisé non relu

PROLOGUE DE L’AUTEUR

Ce fut l’ambition de savoir davantage qui mérita à nos premiers parents d’être privés de la science qu’ils possédaient déjà et de tomber dans la nuit obscure de l’ignorance où ils nous ont laissés. Comme nous n’avons point encore perdu cette maudite aspiration, nousne cessons de nous obstiner, par n’importe quelles voies permises ou défendues, aussi bien à la recherche des choses naturelles que des surnaturelles; mais, quoique pour connaître celles-ci nous ayons des chemins très nombreux et pleins de certitude, nous ne voulons point nous en contenter, mais nous prétendons arriver à savoir, par des voies défendues, les choses mêmes que notre Seigneur Dieu ne veut pas que nous sachions, telles que les événements futurs et les mystères, soit au moyen du démon, soit par le beuglement des animaux, le chant des oiseaux ou l’apparition de certains reptiles. C’est un mal qui a envahi toute la race humaine, et, comme ces indigènes en font partie, ils ont reçu en partage une forte dose de cette infirmité. Frappés de cette plaie, lorsqu’ils voudront maintenant y appliquer le remède, c’est pour donner au médecin de leur âme la facilité de les comprendre, qu’on inscrit dans le présent livre un grand nom-

HISTOIRE DES CHOSES

bre de présages auxquels ces indigènes avaient foi et il y est dit, en finissant, de quels fantômes ils étaient poursuivis pendant la nuit.

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