CHAPITRE VII
DE LA CONFESSION AURICULAIRE DONT CES INDIGÈNES FAISAIENT USAGE UNE FOIS DANS LA VIE, AU TEMPS DE LEUR INFIDÉLITÉ ‘.
Après que le pénitent avait dit ses péchés devant le satrape, celui-ci adressait la prière suivante à Tezcatlipoca : « O notre très bon Seigneur, appui et faveur de tous ! Vous venez d’entendre la confession de ce pauvre pécheur, par laquelle il a fait l’aveu, en votre pré lence, de ses pourritures et de ses mauvaises odeurs. Peut-être a-t-il caché devant vous quelques-uns de ses péchés ; en ce cas, il se serait moqué de Votre Majesté et, par cette folie et cette offense, il se serait précipité dans un gouffre et dans un ravin profonds et il se serait empêtré lui-même dans des lacs et des filets. 11 aurait ainsi mérité de devenir aveugle, perclus, pauvre et misérable, et que ses membres tombassent en pourriture. O douleur! si ce pauvre pécheur a eu l’audace de faire cetle offense à Votre Majesté, qui est le Seigneur et l’empereur de tous et s’occupe de tout le monde, il s’est pris, avili et bafoué luimême. Votre Majesté le sait bien, puisque, étant invisible et sans corps, elle voit clairement toutes choses. Ce pénitent est donc venu volontairement tomber dans le péril et le risque où il se trouve, puisqu’il est dans un lieu de très droite justice et devant un tribunal sévère; c’est comme une eau très claire avec laquelle vous lavez. Seigneur, les péchés de ceux qui se confessent avec sincérité ; aussi est-ce par sa faute qu’il est venu chercher sa perte et l’abréviation de ses jours.