‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 32 sur 704 · Plante de la famille des Hydrocharidées, nénuphar · texte numérisé non relu

Plante de la famille des Hydrocharidées, nénuphar

2. Cette dénomination est sans doute une altération de iztatl, sel, uni au mot ciuall, femme. Les environs de Mexico offraient alors plus qu’aujourd’hui des ressources pour la production du sel. Voyez les notes à la fin du volume.

3. De ilaçoUi, ordures, vilenie, et leoll, dieu. On la désignait aussi par le nom plus significatif de Tiaçolleociuall, déesse des impuretés.

4. « Qui a ou prend quatre faces » ; de ixtli, visage, cui, prendre, et na, apocope de naui, quatre. Le pluriel Ixcuiname, désignait les quatre sœurs de cette déesse ; Tiacapan, l’aînée; Teicu, la cadette ; Tlaco, celle du milieu, et Xocoyotzin, îorme révérentielle de Xocoyoll, la dernière. Quelques auteurs admettant une autre orthographe, /tzcMinan, ont prêté à ce mot la signification de mère cynique {ilzcuinlU et nanlli). Mais comment une telle interprétation aurait-elle échappé à l’esprit sagace de Sahagun, en supposant même, ce qui n’est point probable, que les vieillards, dont il a reproduit les révélations, eussent voulu sur ce point lui cacher la vérité? Nous croyons que la version est, sinon mauvaise, du moins fort incertaine ; il n’y a donc pas lieu de la préférer à celle que donne Sahagun.

de Tiacapan; la seconde s’appelait Teicu; la troisième était nommée Tlaco; la quatrième, qui était la plus jeune, s’appelait Xocoyotzin. Ces quatre sœurs passaient pour être les déesses des passions charnelles. Elles portaient, en effet, des noms qui comprennent tous les âges féminins aptes au plaisir de la chair.

Le troisième nom de cette divinité est Tlaelquani ce qui signifie : mangeuse de saletés. Cela veut dire que les hommes et les femmes enclins à ces habitudes confessaient leurs péchés à ces déesses, quelque sales et hideux qu’ils fussent, et en obtenaient le pardon. On disait aussi que cette déesse, ou ces déesses avaient le pouvoir de réveiller la luxure et de donner des inspirations charnelles, dans le but de favoriser de sales amours. On prétendait qu’après les fautes commises, ces déesses avaient le pouvoir d’en accorder le pardon et de les effacer chez les coupables qui venaient les confesser â leurs prêtres. Ceux-ci étaient en même temps les devins aux mains desquels se trouvaient les livres divinatoires où se lisait le sort des nouveau-nés. On y voyait aussi les sorcelleries, les augures et les traditions anciennes qui étaient arrivées jusqu’à eux de génération en génération.

Dès lors qu’un pénitent avait pris la résolution de se confesser, il allait à la recherche de quelqu’un des ministres dont j’ai parlé et qu’on avait l’habitude de choisir pour cet office. Il lui disait : « Seigneur, je voudrais m’approcher de Dieu tout puissant, protecteur de tous, qui s’appelle Yoalli ehecatl' , c’est-à-dire Tezcatlipoca ; je voudrais lui dire mes péchés en secret. Après l’avoir entendu, le satrape répondait : « Soyez le bienvenu, mon fils; ce que vous prétendez faire sera pour votre bien et votre avantage. » Cela étant dit, il ouvrait le livre divinatoire qu’on appelait tonalamatl'^, afin d’y apprendre quel serait le jour le plus opportun pour cette confession. S’en étant assuré, il disait : «Vous viendrez tel jour; il me paraît de bon augure pour que le bonheur accompagne votre bonne action. » Le moment indiqué étant venu, le pénitent achetait un petlatl’* neuf, de l’encens blanc appelé copain^ et du bois pour faire le feu sur lequel on devait brûler cet encens. Si le pénitent était un grand personnage ou un dignitaire, le satrape allait chez lui pour le confesser (à moins que par

] . De tlaelli, ordures, et qua, manger.

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