C’est-à-dire, la nuit et le vent
3. « Livre du soleil ou des horoscopes [tonalli etamatl). » Approprié au rituel des fêtes et à l’art divinatoire, ce calendrier, dont l’origine est inconnue, est généralement considéré comme l’œuvre de Qu.etzalc.oatl.
4. Natte sur laquelle les Indiens s’asseyaient et se couchaient. Elle est encore en usage aujourd’hui, et les pauvres n’ont pas d’autre lit. Les Espagnols disent petate.
5. Résine, nommée gomme-copa), provenant de plusieurs espèces d’arbre, dont la principale est le rhus copallinum ^ de la famille des Anacardiacées.
HISTOIRE DES CHOSES
hasard le pénitent, quoique de rang élevé, ne se prêtât à aller chez le ministre). Étant arrivé, il balayait parfaitement l’endroit où devait s’étendre le petlatl neuf, afin que le confesseur pût s’y placer. Incontinent on allumait le feu, le satrape y jetait l’encens et adressait au feu les paroles suivantes : « Vous, Seigneur, qui êtes le père et la mère des dieux et la divinité la plus ancienne, sachez que vient ici votre vassal, votre serf; pleurant, il s’approche avec grande tristesse ; il vient, plongé dans la douleur, parce qu’il reconnaît être tombé dans l’erreur, avoir glissé, trébuché sur quelques saletés peccantes et quelques graves délits qui ont mérité la mort; il vient, de tout cela très peiné et opprimé. Notre maître miséricordieux, qui êtes le soutien et le défenseur de tous, recevez en pénitence et écoutez dans ses angoisses votre serf et vassal».
Celte prière étant terminée, le satrape se tournait vers le pénitent et lui parlait en ces termes : «Mon fds, lu es venu à la présence du dieu qui est le protecteur et le soutien de tous; tu es venu lui communiquer tes mauvaises odeurs et tes pourritures intérieures; tu viens lui offrir les secrets de ton cœur; prends garde, ne te perds pas, ne cours pas à ta perte en commettant l’écart de mentir dans la présence de Notre Seigneur; mets-toi à nu, découvre toutes tes hontes en présence de notre Seigneur qui s’appelle Yoalli ehecatl, c’est-à-dire Tezcatlipoca. Il est certain que tu es devant lui, quoique tu ne sois pas digne de le voir et qu’il ne te parle pas, parce qu’il est invisible et impalpable. Regarde donc comment tu viens, quel cœur tu apportes ; n’hésite pas à avouer tes secrets en sa présence ; raconte la vie, dis tes actions de la même manière que tu as commis tes excès et tes oiîenses. Répands tes méchancetés en sa présence; conte tout avec tristesse à notre seigneur Dieu qui est le protecteur de tous et tient les bras ouverts, prêt à t’embrasser et à t’emporter sur ses épaules. Prends garde de rien omettre par honte ou par faiblesse. »
Ayant entendu ces paroles, le pénitent faisait aussitôt le serment de dire la vérité, et il le jurait, selon l’usage, en touchant la terre avec la main et léchant la poussière qui s’y attachait. Il jetait ensuite du copal sur le feu, parce que c’est une autre manière de faire serment de dire la vérité ; il s’asseyait, après cela, devant le satrape qu’il regardait comme l’image et le vicaire de Dieu, puis il commençait à parler comme il suit : « O Seigneur, qui nous reçois et protèges tous, écoute mes mauvaises odeurs et mes pourritures. Je me mets à nu devant toi et j’expulse au dehors autant de choses honteuses que j’eri ai commises. Mes méchancetés ne te sont pas sans doute cachées, puisque tout est clair et manifeste à tes yeux.» Cela dit, il commen-
çait à raconter ses péchés dans l’ordre qu’il les avait commis, avec clarté et sans se presser, comme s’il eût dit lentement une litanie en prononçant bien les mots, semblable à l’homme qui va droit son chemin sans dévier d’aucun côté.
Quand le pénitent avait fini de dire tout ce qu’il avait fait, le satrape lui adressait la parole en ces termes : «Mon fils, tu as parlé devant notre seigneur Dieu, confessant en sa présence tes mauvaises actions. Je veux maintenant te dire en son nom ce que tu es dans l’obligation de faire. Au temps où les déesses appelées Ciuapipiltin descendent sur la terre, ou bien lorsque l’on célèbre la fête des déesses des choses charnelles, qui se nomment Ixcuiname’-, tu jeûneras pendant quaire jours, châtiant ton estomac et ta bouche. Quand arrivera le jour de la fêle des divinités Ixcuiname, aussitôt que paraîtra l’aurore de la journée que tu destines à faire pénitence, tu traverseras ta langue de part en part avec de petits fétus d’osier appelé ieocalçacatl^ ou tlacotl et, si cela ne te paraissait pas assez, tu ferais de même sur tes oreilles, le tout par pénitence, pour la rémission de ton péché et nullement pour t’en faire un mérite. Tu procéderas à cette opération de la langue au moyen d’une épine de maguey ; c’est par le trou ainsi pratiqué que tu feras passer les fétus d’osier, prenant soin ensuite de les promener devant ta figure et de les lancer derrière toi par-dessus les épaules. Tu pourras, si tu veux, réduire tous ces fétus en un seul, en les attachant les uns à la suite des autres, en eusses-tu trois ou quatre cents à passer par ta langue. Cela fait, tes saletés te seront pardonnées. »
Si le pénitent n’a pas de graves ni de nombreux péchés à confesser, le satrape lui dit : «Mon fils lu jeûneras, tu fatigueras ton estomac par la faim et ta bouche par la soif, mangeant une seule fois à midi, pendant quatre jours. » Ou bien il lui donnait cet ordre : « Tu iras faire l’offrande de morceaux de papier dans les lieux où l’on en a l’habitude et tu en couvriras los images que la dévotion t’aui'a inspiré la pensée de faire, prenant soin de te livrer à des chants et à des danses devant elles.» 11 lui disait encore : «Tu as offensé Dieu en t’enivrant; tâche donc d’apaiser le dieu du vin appelé Totochtin^ et choisis la nuit pour cette pénitence. Tu t’y rendras le corps nu, ayant pour tout vêtement un papier par devant, un autre par derrière, pour en couvrir tes parties honteuses, et lorsque, ta prière étant finie, tu voudras t’en retourner, il faudra