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De amatl, papier, et Izonlli, cheveux

HISTOIRE DES CHOSES

foyer était grand et très ardent, il fut pris de peur en sentant cette grande chaleur et recula. Une seconde fois, il prit son courage à deux mains et voulut se jeter dans le foyer, mais, quand il s’en fut rapproché, il s’arrêta et n’osa plus. Il en fit ainsi vainement la tentative à quatre reprises différentes. Or, il avait été ordonné que personne ne pourrait s’y essayer plus de quatre fois. Lors donc que les quatre épreuves furent faites, les dieux s’adressèrent à Nanauatzin et lui dirent : « Allons, Nanauatzin, essaie à ton tour. » A peine lui eut-on dit ces paroles qu’il rassembla ses forces, ferma les yeux, s’élança et se jeta au feu. Il commença aussitôt à crépiter comme le fait un objet qui rôtit. Tecudztecatl, voyant qu’il s’était jeté au foyer et qu’il y brûlait, prit aussi son élan et se précipita dans le brasier. On dit qu’un aigle qui y entra en même temps s’y brûla et que c’est pour cela que cet oiseau a maintenant les plumes noirâtres. Un tigre l’y suivit sans s’y brûler et s’y flamba seulement : aussi en resta-t-il tâcheté de blanc et noir. C’est de cette légende qu’est sortie la coutume d’appeler quauhtli, ocelotl,\Q% hommes adroits dans le métier des armes. On dit d’abord quauhtli, parce que l’aigle enlra le premier au feu ; oceloil ensuite,' parce que le tigre s’y jeta après l’aigle.

Après que les deux divinités se furent jetées au feu et s’y furent consumées, les autres dieux s’assirent, dans la croyance que Nanauatzin ne tarderait pas à se lever. Ils avaient déjà attendu longtemps, lorsque le ciel commença à devenir rougeâtre, et l’on vit apparaître la lumière de l’aube. Les dieux, dit-on, tombèrent à genoux pour attendre Nanauatzin devenu soleil, sans savoir par où il sortirait. Ils portèrent leurs regards tout à l’entour, mais ils ne purent jamais dire par où s’effectuerait son lever. Quelques-uns pensaient que ce serait du côté du nord et ils tournaient leurs regards dans ce sens. D’autres crui’ent que ce serait au sud. En réalité leurs soupçons se portèrent partout parce que l’aube resplendissait de toutes parts. Quelques-uns fixèrent surtout leur attention vers l’orient et assurèrent que le soleil sortirait de ce côté-là. Ce futcette opinion qui futía véritable. Ceux qui s’y rangèrent furent, dit-on, Quetzalcoatl, appelé aussi Ecatl; Totee, qui porte également les noms de Anaoatlytecu et de Tlatlauic Tezcatlipoca; d’autres qu’on appelle Mimizeoa, qui sont innombrables, et quatre femmes dont la première se nomme Tiacapan, la seconde Teicu, la troisième Tlacoeua et la quatrième Xocoyotl. Quand le soleil vint à se lever, il apparut très rouge, se dandinant d’un côté et d’autre, et personne ne pouvait fixer sur lui ses regards, parce qu’il aveuglait, tant il était resplendissant avec les rayons qui s’en échappaient et qui se répandirent de toutes parts. La lune sortit en même temps que lui également de l’orient : d’abord le soleil et la lune à sa suite, dans le

même ordre qu’ils étaient entrés auparavant Jau foyer. Ceux qui se plaisent à conter des fables et des hâbleries disent que le soleil et la lune avaient alors une égale lumière et que les dieux, s’étant aperçus de cette égalité de splendeur, s’entretinrent encore une fois et dirent :

« 0 dieux! comment cela pourra-t-il se faire? Sera-ce un bien qu’ils soient égaux et qu’ils éclairent d’une égale façon? » Et alors ils se prononcèrent en disant : « Que ce soit comme il suit. »... Et aussitôt l’un d’eux se prit à courir et alla frapper avec un lapin la figure de Tecuciztecatl, qui se rembrunit, perdit son éclat et prit une face semblable à celle que nous lui connaissons aujourd’hui. Lorsque le soleil et la lune se furent levés sur la terre, ils restèrent tous deux sans mouvement. Les dieux se parlèrent alors de nouveau et dirent : « Comment pourrions-nous vivre ainsi ? Le soleil ne bouge pas. Estce que nous passerons toute notre existence entre les indignes mortels? Mourons tous et faisons que notre mort donne la vie à ces astres. » Le vent alors se chargea de donner la mort aux dieux et il les tua. Le nommé XoZoiZ refusait, dit-on, de mourir, et il disait aux dieux: « Dieux! queje ne meure point! » Et il pleurait tant que ses yeux se gonflèrent. Quand celui qui faisait le massacre arriva à lui, il prit la fuite et se cacha dans un champ de maïs où il se métamorphosa en une tige de cette plante, à deux pieds, que les laboureurs appellent xolotl. Mais, ayant été reconnu parmi les maïs, il prit la fuite une seconde fois et se cacha entre les magueys où il se métamorphosa en maguey double, qu’on appelle mexoloUK Ayant été découvert une autre fois, il se prit à fuir encore et se jeta dans l’eau où il se changea en poisson appelé axolotl.

Ce fut là qu’on le prit et qu’on lui donna la mort. Mais, quoique les dieux eussent été tués, le soleil n’entrait pas pour cela en mouvement. Le vent alors commença à siffler et à courir avec violence, ce qui obligea l’astre à se mouvoir et à parcourir sa carrière; mais la lune resta en repos dans l’endroit où elle se trouvait. Elle n’entreprit son mouvement qu’après que le soleil eut commencé le sien. Ce fut ainsi qu’ils se séparèrent l’un de l’autre et, de cette manière, ils ont pris l’habitude de se lever à des heures différentes. Le soleil dure une journée entière, et la lune éclaire ou travaille pendant la nuit. On a dit du reste avec justice que Tecuciztecatl eût été le soleil, s’il se fût jeté le premier au feu, car il avait été désigné le premier et ses offrandes avaient consisté en objets très précieux.

Lorsque la lune s’éclipse, elle paraît presque obscure, elle noircit ; elle semble cuivrée, et l’obscurité se répand sur la terre. Quand cela

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