DES ÉTOILES APPELÉES GÉMEAUX
Ces indigènes révéraient grandement et honoraient de sacrifices les Gémeaux du ciel, qui se trouvent près des pléiades, au signe du Taureau. Ils employaient à cela différentes cérémonies, au moment où cette constellation apparaissait de nouveau vers l’orient, après la fête du soleil. Ils disaient après lui avoir offert de l’encens : « Yoaltecutli, Yacauiztli s’est levé; qu’arrivera-t-il cette nuit? Ses influences seront-elles prospères ou adverses? » Ils offraient de l’encens trois fois, sans doute parce que la constellation se compose de trois étoiles. Ces offrandes avaient lieu à la première heure de la nuit, à trois heures du matin et aux premières lueurs de l’aurore. On appelle ces étoiles mamalhuazlli"^ . Si l’on applique ce même mot aux bâtons dont on se sert pour produire du feu, c’est parce que ces indigènes trouvent à ces morceaux de bois quelque ressemblance avec les trois étoiles et qu’ils voient là l’origine de ce procédé. De là vint aussi pour les jeunes garçons la coutume de se faire des brûlures aux poignets en l’honneur de cette constellation. On disait que celui qui ne serait pas porteur de ces marques à l’heure de la mort servirait en enfer à la production du feu, parce qu’on l’allumerait sur son poignet par la même manœuvre qu’on emploie pour le produire au moyen de moiceaux de bois.
Les indigènes appelaient l’étoile Vénus cUlalpol, uei citlalm, étoile grande, et ils disaient que, quand elle se lève du côté de l’orient, elle n’apparaît qu’après quatre tentatives successives, brillant fort peu aux trois premières, pour s’éclipser encore. Elle apparaît enfin avec toute sa clarté à la quatrième tentative et continue ensuite sa car-
1 . Ville située dans le lac de ce nom au nord de la lagune de Tetzcuco.
2. De mamali, frotter ; d’où dérive tlemamali, faire du feu [llell). On disait au figuré nocuexanco, noinamalhuazco yeloaliuh, ou vient se mettre dans ma jupe, dans ma constellation, c’est-à-dire je gouverne, je commande.
rière. On prétend que sa lumière vient de la lune. On tenait sa première apparition pour une chose de mauvais augure, prétendant qu’elle entraînait des maladies à sa suite : aussi fermait-t-on les portes et les fenêtres pour empêcher sa lumière d’entrer. Quelquefois, cependant, on augurait bien de cette apparition, dans certains moments où s’effectuait son lever.