‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 344 sur 704 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

DE LA GERBE OU NŒUD DES ANNÉES, QUI AVAIT LIEU APRÈS QUE CHACUN DES QUATRE SIGNES AVAIT GOUVERNÉ A SON TOUR UN TOTAL DE TREIZE ANS, CE QUI FAISAIT CINQUANTE-DEUX ANNÉES,

ET DE CE QUE l’oN FAISAIT AU BOUT DE CETTE CINQUANTE-DEUXIÈME,

Lorsque le cercle des ans avait été parcouru, les habitants de Mexico et des environs avaient l’habitude de célébrer, au commencement de la nouvelle période, qui portait le nom d’ome acatl, une fête ou grande solennité appelée toxiuh ilpilia, qui signifie à peu près nœud des années. Elle se célébrait tous les cinquante-deux ans, c’est-à-dire lorsque chacun des quatre signes avait régi à son tour un groupe de treize années. On appelait cette fête toxiuh ilpilia, voulant dire : nos années sont attachées, parce qu’on allait en commencer une autre série de cinquante-deux. On disait aussi xiuhtzitzquilo^, ce qui veut dire : nous entrons dans l’année nouvelle, et pour témoigner de cet événement, tout le monde portait les mains sur les herbes, afin de donner à entendre qu’une autre série de cinquante-deux ans allait commencer pour parfaire le nombre de cent quatre qui formait le siècle.

C’était alors aussi qu’on faisait le feu nouveau. Quand le jour de cette cérémonie approchait, tous les habitants de Mexico avaient l’habitude de jeter à l’eau, dans les canaux et les lagunes, les blocs de pierre ou de bois qu’on adorait comme dieux de la maison, ainsi que d’autres pierres qui servaient à l’installation des foyers pour faire la cuisine, et celles encore sur lesquelles on avait la coutume de moudre le piment. En même temps, on nettoyait parfaitement les maisons, et, pour finir, on éteignait tous les feux. Un endroit était réservé à la cérémonie où l’on faisait ce feu nouveau : c’était le sommet d’un monticule, appelé Uixachtlan qui se trouve situé à deux lieues de Mexico, aux confins à'Iztapalapan et de Colhuacan L Cela se pratiquait à l'heure de minuit. On plaçait le morceau de bois, duquel le feu devait être extrait, sur la poitrine du plus généreux des captifs, pris à la guerre, car on allumait ce feu dans un morceau de bois bien sec, au moyen

1. Impersonnel signifiant on prend l’année; de xiuiU, année, herbe, et Izilzquia, toucher, saisir.

2. Cette montagne, appelée aussi Uixachtecatl, était couverte de uixachin, arbre très épineux et peut-être propice à la rénovation du feu qui avait lieu à chaque période. Voy. la note 2 de la page 289.

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